Objectif emploi ne passe pas chez Québec sans pauvreté

L’imposition du programme Objectif emploi, en vigueur depuis le 1er avril, ne passe pas bien chez les gens du Comité régional estrien pour un Québec sans pauvreté. Le gouvernement « nage à contre-courant », disent-ils.

Le gouvernement du Québec le vante comme étant une mesure qui « contribuera à l’amélioration définitive des conditions de vie des personnes prestataires de l’aide sociale ».

« Mais, en examinant la manière mise de l’avant pour y arriver, il est moralement impossible de mordre à cet hameçon. Comment le ministre peut-il prétendre améliorer leur situation et en même temps être en accord avec des coupures? » dit Line Marcoux, porte-parole du comité régional.

« D’entrée de jeu, nous contestons le fait que ce programme soit obligatoire. En effet, à l’exception de quelques particularités spécifiques, toute personne qui fera une nouvelle demande à l’aide sociale devra se soumettre à un parcours de 12 mois.  Si la personne ne peut ou ne veut pas y participer, le gouvernement lui appliquera des coupures pouvant aller jusqu’à 224 $ pour le mois suivant. Les mesures obligatoires ne sont pas une nouveauté. Il y a eu de nombreuses tentatives similaires depuis les années 90. »

Chaque fois, le gouvernement a abandonné devant un manque d’efficience et d’efficacité, affirme le groupe, dont des membres ont manifesté à Sherbrooke mercredi matin. La Coalition est composée d’Action Plus, de Solidarité populaire Estrie, du Comité régional estrien pour un Québec sans pauvreté, d'Illusion Emploi et de l'Association des locataires de Sherbrooke.

« Il faut se questionner quant à la procédure de sélection des personnes participante, ou plutôt des personnes obligées. Présentement, il est très difficile d’obtenir un certificat médical reconnaissant l’inaptitude au travail, cela peut prendre des années. Est-ce que ces personnes aux prises avec des problèmes de santé seront tenues de participer à ces parcours? » demande Geneviève Bouchard, coordonnatrice de l’Action Plus de Sherbrooke.

« De plus, le ministre (de l’Emploi, François Blais) affirme que les agents seront aptes à détecter les personnes ayant de problèmes de santé mentale. Quelles sont leurs qualifications pour émettre un tel diagnostic après une rencontre? »

On se questionne aussi sur la possibilité d’avoir les ressources humaines suffisantes quand on sait que pendant plusieurs années les prestataires avaient de la difficulté à voir leur agent à la suite de coupes de postes et de fermeture de Centres locaux d’emploi à travers la province.

Le gouvernement, en maintenant sa ligne dure, provoquera une augmentation de l’itinérance ainsi qu’une explosion des demandes auprès des banques alimentaires. Personne ne  peut couvrir ses besoins de base avec 648 $ par mois, donc comment survivre avec 424 $? questionne-t-on encore.