Isabelle Dionne, doyenne de la faculté des sciences de l’activité physique à l’Université de Sherbrooke (UdeS), le titulaire de la nouvelle chaire de recherche, le professeur Sylvain Turcotte, Jean-Pierre Perreault, vice-recteur à la recherche et aux études supérieures de l’UdeS, ainsi qu’Isabelle Charest, ministre déléguée à l’éducation, se sont réunis vendredi pour annoncer la création de la nouvelle Chaire de recherche Kino-Québec sur l’adoption d’un mode de vie physiquement actif en contexte scolaire.

Objectif : des enfants actifs... même une fois adultes

L’inactivité physique chez les jeunes est un enjeu majeur dans la société. Les plus récentes statistiques révèlent que seulement 35 % des Canadiens de 5 à 17 ans effectuent 60 minutes d’activité physique chaque jour - alors que l’on sait que l’activité physique est essentielle au développement, au bien-être, à la santé et à la réussite scolaire des enfants.

Quels sont les critères pour que les écoles puissent offrir un environnement actif au quotidien à leurs élèves? La réponse varie non seulement d’une commission scolaire à une autre, mais surtout d’une école à l’autre. Dans ce contexte, difficile de savoir quelles sont les meilleures approches pour favoriser l’adoption - et le maintien - de l’activité physique chez les enfants. La Chaire de recherche Kino-Québec sur l’adoption d’un mode de vie physiquement actif en contexte scolaire a été lancée vendredi à l’Université de Sherbrooke (UdeS) avec le mandat de répondre à cette question et à bien d’autres.

En effet, il s’agit de la première chaire de recherche dédiée à la pratique de l’activité physique dans les milieux scolaires.

« Nous voulons travailler sur les stratégies d’intervention et le développement professionnel pour favoriser l’intégration de l’activité physique chez les enfants », explique Sylvain Turcotte, professeur titulaire à la faculté des sciences de l’activité physique de l’UdeS et titulaire de la nouvelle chaire de recherche.

L’objectif de la chaire de recherche est de faire en sorte que les élèves adoptent un mode de vie physiquement actif à l’école et qu’ils le maintiennent à l’âge adulte.

Les travaux se diviseront en deux axes, soit les stratégies d’intervention et la formation professionnelle. « Il faut davantage connaître le processus menant à un mode de vie physiquement actif et les facteurs qui y sont favorables ou défavorables pour identifier les stratégies les plus prometteuses pour le milieu scolaire », explique le professeur Turcotte. 

Le second axe visera à développer l’accompagnement professionnel offert aux enseignants, qu’il s’agisse de la formation universitaire ou de la formation continue, afin qu’ils soient outillés pour utiliser ces connaissances et stratégies sur le terrain, avec leurs élèves.

Les données seront recueillies sur le terrain au cours des cinq prochaines années dans l’ensemble du Québec, dans les écoles bien sûr mais aussi avec différents partenaires externes, comme pourraient l’être les maisons de jeunes entre autres exemples.

« Nous voulons analyser les pratiques qui sont en place, voir quelles sont les plus prometteuses et quelles sont celles qui ont un effet positif sur la pratique de l’activité physique, pour ensuite travailler avec les commissions scolaires pour favoriser le transfert et le développement des compétences des enseignants et des autres professionnels qui gravitent autour des enfants », ajoute Sylvain Turcotte. 

Le gouvernement du Québec a investi 625 000 $ sur cinq ans dans la Chaire de recherche Kino-Québec, créée en collaboration avec l’Université de Sherbrooke qui injecte pour sa part 934 000 $ dans le projet.

Isabelle Charest, ministre déléguée à l’Éducation et ministre responsable de la Condition féminine, était d’ailleurs à l’UdeS vendredi pour le lancement.

« Les nombreux bienfaits de la pratique d’activités physiques, notamment sur la persévérance et la réussite éducative, ont été maintes fois démontrés. Ayant moi-même profité de ces bienfaits, j’ai la conviction que nous devons prendre les moyens nécessaires pour que les jeunes acquièrent un mode de vie physiquement actif. Pour cela, il nous faut connaître encore davantage le processus qui mène les jeunes à adopter un tel mode de vie. Grâce au travail de la Chaire de recherche Kino‑Québec, nous pourrons, j’en suis convaincue, améliorer nos interventions au bénéfice des élèves », a soutenu la ministre Charest.