Gabriel Martin et Sarah Beaudoin lancent leur livre, Femmes et toponymie, de l’occultation à la parité. Ceux-ci présenteront leur ouvrage lors de cinq lancements à Sherbrooke, Trois-Rivières, Montréal, Drummondville et Québec. Le lancement de Sherbrooke aura lieu mardi au café Baoab.

Objectif : la parité toponymique

Gabriel Martin et Sarah Beaudoin dévoileront mardi leur tout nouveau livre, Femmes et toponymie, de l’occultation à la parité. Dans ce livre, ils demandent aux instances de nommer plus de rues, de parcs, d’écoles et de salles avec des noms de femmes.

« Les toponymes, ce sont les noms de lieux, de rues, de parcs, etc., explique Gabriel Martin, un étudiant à la maîtrise en linguistique. On a remarqué qu’il y a beaucoup moins de noms de femmes que d’hommes. Pour à peu près 10 noms d’hommes, il y a une femme. Il peut y avoir neuf hockeyeurs, mais une hockeyeuse. Mais il y a quand même des hockeyeuses marquantes du passé », image-t-il.

La motivation pour militer davantage en lien avec la parité toponymique est venue à Sarah Beaudoin, une conseillère en communications et militante féministe LGBTQ+, lorsqu’elle a abordé le conseil municipal de Sherbrooke à ce sujet. « J’ai eu une réception plus ou moins positive. On a décidé à la suite de ça de se mettre ensemble. Au départ, le but était d’écrire des articles. C’est devenu un livre. Le but est de donner un outil aux militants féministes, mais également pour vulgariser le concept. On s‘est rendu compte que la toponymie, c’est super difficile. C’est pour ça qu’on a créé le livre. On prend l’occasion pour parler d’inclusion. Notre lutte, c’est la parité toponymique. Si on peut avoir un souci d’inclure des femmes au travers leur diversité, ce serait parfait », exprime-t-elle, ajoutant que l’équipe a travaillé neuf mois sur cet ouvrage.

Est-ce que les administrateurs municipaux réagiront lorsqu’ils consulteront l’œuvre du duo ? « On est convaincus que oui et on croit qu’ils vont l’aimer, indique Gabriel Martin. Sans blaguer, on pense vraiment que ça va les intéresser et qu’ils vont être agréablement surpris. Ils vont voir que nous sommes de bonne volonté. C’est un livre qui est fait dans une optique de dialogue. Même pour ceux qui ont des réticences ou des réserves, le livre est fait en fonction de cela. »

Pour Mme Beaudoin, la parité des toponymes est une lutte importante. « Toutes les luttes féministes ont leur pertinence, mais certaines sont plus urgentes. Si on parle de luttes contre les violences sexuelles, les mesures sont plus urgentes, car ça concerne des femmes qui existent actuellement. Par contre, dans la toponymie, on s’attaque au même système que lors de la lutte contre les violences sexuelles : le système patriarcal. [...] Ça permet aux femmes de voir au travers les noms de rue, de faire des réalisations qui peuvent être honorées. C’est ça derrière les noms de rue. Ce n’est pas juste un panneau, c’est la réalisation d’une personne ou une personne honorée », résume-t-elle.