Marie-Eve Boulanger et Sophie Rochette, étudiantes à la maîtrise et au doctorat en physique, sont organisatrices de la 7e Conférence Femmes en physique du Canada.

Objectif : abattre les barrières

L’Université de Sherbrooke sera l’hôte en juillet de la 7e Conférence Femmes en physique du Canada (FEPC), une première au Québec.

L’événement permettra de rassembler des physiciennes de partout au Canada.

De tels événements permettent aux femmes de côtoyer des modèles qui arrivent à jongler avec la recherche de haut niveau et les enfants... tout en ayant une vie sociale, image Marie-Eve Boulanger, étudiante à la maîtrise en physique et coorganisatrice de l’événement aux côtés de Sophie Rochette et de Maude Lizaire.

Étudiante au doctorat en physique et coorganisatrice de l’événement, Sophie Rochette a déjà participé à cette conférence auparavant.

Lorsqu’elle a commencé son baccalauréat en physique, elle ne dénombrait que deux autres étudiantes à ses côtés. À la fin, elle était seule. 

« Ça m’a rassurée. Je me suis dit que j’étais à ma place », dit-elle à propos de sa participation à la conférence.

« (...) Il y a parfois un sentiment peut-être inconscient de ne pas être à la bonne place. Moi, ça m’a marquée, je suis restée en contact avec des femmes que j’ai rencontrées là-bas en 2011. Je me souviens d’avoir eu un sentiment d’appartenance... » note l’étudiante.

« À l’UdeS, il y a 16 % de femmes à tous les niveaux en physique. Ce n’est pas tant que ça, mais c’est mieux que ça a déjà été. Personnellement, dans mon groupe de recherche, on est quatre femmes, donc c’est extraordinaire si on peut dire », note Marie-Eve Boulanger. Cette dernière se souvient d’avoir pris conscience du peu de représentation féminine lorsqu’elle a commencé son parcours d’études. Jamais elle ne s’était souciée de cela auparavant.

« Le but de la conférence, c’est justement de montrer qu’il y a des femmes en physique qui sont là pour t’accompagner dans ton cheminement... Ça peut donner envie d’aller dans ce domaine-là parce que certaines personnes peuvent être intimidées », souligne-t-elle.

Même si elle est minoritaire, la jeune femme est passionnée par ce qu’elle fait. « Si tu es en sciences, c’est que tu es curieux, que tu as envie de découvrir... Il faut dire que c’est accessible. Il y a encore des clichés », ajoute-t-elle.

Des obstacles divers

À quels obstacles les femmes sont-elles confrontées dans ce milieu où elles sont minoritaires?

« Il y a des obstacles avant, et une fois qu’on est dans un domaine comme ça. L’environnement, l’atmosphère, des fois ça peut être un peu toxique, un peu difficile. On a l’impression qu’il faut plus faire ses preuves, d’être moins prises au sérieux. Et on ne parlera pas de toutes les situations de harcèlement sexuel, qui sont quand même fréquentes. On ne parle pas de nos expériences personnelles, mais c’est un problème répandu dans le domaine des sciences et des technologies. Ça, c’est un obstacle. Il y a la conciliation travail-famille qui va parfois affecter plus les femmes que les hommes. Ma conviction, c’est que ce n’est pas un domaine qui est moins intéressant pour les femmes. C’est surtout, dans la société, la façon dont les sciences ou la physique sont présentées, par rapport au rôle qu’on attend des femmes, il y a comme un clash entre les deux. Ça fait en sorte que les femmes vont peut-être s’éloigner de ces domaines-là, qui sont très intéressants », commente Sophie Rochette.

Des pas ont été faits sur la promotion des sciences auprès des femmes, note Marie Eve, en citant des initiatives comme « Les filles et les sciences, un duo électrisant ». La jeune femme souligne qu’elle ne souvient pas de telles initiatives alors qu’elle était sur les bancs d’école au secondaire.

L’événement aura lieu du 17 au 20 juillet.

La programmation prévoit notamment des ateliers de développement d’habiletés professionnelles et des panels de discussion sur les obstacles auxquels font face les femmes et les minorités s’orientant dans une carrière scientifique.

Tous les gens sont les bienvenus, autant les hommes que les femmes. « Tout le monde a un rôle à jouer », plaident les deux organisatrices.

Selon des données de la Chaire pour les femmes en sciences et en génie au Québec, « les femmes sont majoritaires dans presque tous les domaines universitaires, à l’exception des sciences pures et appliquées (43 % de femmes en 2015-2016) et du génie (20 % de femmes en 2015-2016) ».