Le Dr William Fraser

Obésité infantile: quelle part est attribuable au milieu?

Des chercheurs sherbrookois, dont le Dr William Fraser, prendront part à une importante étude internationale visant à lutter contre l’obésité infantile et les maladies qui en découlent.

La recherche est menée par un consortium regroupant quatre pays, soit le Canada, la Chine, l’Afrique du Sud et l’Inde.

En Chine, l’industrialisation et les changements des habitudes de vie ont entraîné une augmentation « sans précédent » de l’obésité infantile : la prévalence de l’obésité chez les enfants d’âge scolaire et chez les adolescents a triplé entre 2002 et 2012.

« On pense qu’un enfant obèse sur cinq au monde est chinois, c’est-à-dire que cela représente le cinquième de la population mondiale », met en contexte le Dr Fraser, qui est directeur scientifique au Centre de recherche du CHUS et obstétricien-gynécologue au CIUSSS de l’Estrie – CHUS.

Les chercheurs envisagent d’ailleurs des mesures d’exposition de l’enfant aux produits chimiques dans l’environnement.

L’obésité peut occasionner plusieurs problèmes de santé, dont le diabète et l’hypertension.

Le programme de recherche évaluera des interventions auprès de 4000 femmes, recrutées en préconception et en début de grossesse, et qui se poursuivront chez l’enfant jusqu’à l’âge de cinq ans.

« Si on voit la vie comme une trajectoire, le concept c’est qu’il y a une période pendant la grossesse et même avant la conception où la santé maternelle et la santé paternelle conditionnent la trajectoire. L’objectif du projet est axé sur l’hypothèse que cette période in utero est charnière pour la santé à long terme. On sait qu’il y a beaucoup de facteurs qui influencent le risque de l’obésité chez l’enfant. On sait que ce n’est pas seulement le bon comportement; il y a beaucoup de facteurs dans l’environnement... » explique le Dr Fraser.

Faire les bons choix

Un autre des objectifs du projet est de donner le pouvoir aux femmes et aux familles de faire les bons choix afin d’avoir un style de vie santé.

Le projet se déroule à Shanghai et implique 32 centres mères-enfants.

« Dans cinq ans, nous espérons que tous les enfants dans la cohorte seront nés et dans dix ans, tous les enfants auront au moins cinq ans. Comme ça, on va avoir une analyse préliminaire de l’état de la santé des jeunes. À cinq ans, si un enfant fait de l’embonpoint ou n’est pas en forme, il y a une certaine valeur prédictive pour la santé à long terme », explique celui qui est aussi professeur à la faculté de médecine et des sciences de la santé de l’UdeS.

L’étude est chapeautée par les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) et se déroule en collaboration avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS), dans le cadre de l’initiative Trajectoires de vie en santé.

Afin de mener cette étude, le Dr Fraser et ses collaborateurs en Chine ont obtenu une subvention de 2,5 M$ des IRSC et de 2,5 M$ de la Fondation nationale des sciences naturelles de la Chine. Le Dr Fraser souligne au passage la contribution de la Fondation du CHUS pour le développement de ses travaux.

Avec de telles initiatives, les chercheurs souhaitent stopper l’épidémie d’obésité en train de s’installer dans les pays à faibles et moyens revenus. À Sherbrooke, on retrouve aussi comme chercheurs participants à cette étude Jean-Patrice Baillargeon et Luigi Bouchard.