Des représentants de l’Association citoyenne pour la protection du boisé Fabi et de l’Association citoyenne pour les espaces verts de Sherbrooke espèrent encore empêcher le passage d’une rue dans le boisé Fabi.
Des représentants de l’Association citoyenne pour la protection du boisé Fabi et de l’Association citoyenne pour les espaces verts de Sherbrooke espèrent encore empêcher le passage d’une rue dans le boisé Fabi.

Nouvel appel à la protection du boisé Fabi

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
L’Association citoyenne pour la protection du boisé Fabi n’a pas dit son dernier mot pour tenter des minimiser les impacts des travaux prévus dans le boisé du district du Lac-Magog. En point de presse jeudi, en compagnie des membres de l’Association citoyenne pour les espaces verts de Sherbrooke (ACEVS), elle a plaidé pour que le promoteur reconsidère un scénario de développement sans rue dans le boisé Fabi.

La Tribune avait mis la main sur deux des scénarios étudiés par la Ville et le promoteur Jacques Vallée avant que celui-ci n’opte pour la réalisation du projet entériné et notarié en 2014, soit le passage d’une rue du nord au sud dans le boisé et d’une conduite dans la portion sud de la forêt, parallèlement à la rue Bertrand-Fabi. La première option de rechange consistait en un échange de terrains qui aurait fait passer une rue au sud du boisé, alors que la deuxième option se limitait à un passage piétonnier dans le boisé et au prolongement de la rue Wilfrid-Lemoine pour permettre un deuxième accès à la rue Bertrand-Fabi.

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« La première de ces deux options ferait passer une rue dans la portion la plus intéressante du parc. La Ville visait aussi à vendre les terrains qu’elle obtiendrait dans l’échange avec le promoteur, si bien qu’il y aurait une réduction de la superficie du parc. Nous étions assez estomaqués d’une telle proposition », fait valoir François Villeneuve, président de l’Association citoyenne pour la protection du boisé Fabi. 

« Cette idée est complètement à rejeter », lance-t-il. « Le promoteur voulait absolument une deuxième sortie vers Bertrand-Fabi. La deuxième option répondait à la préoccupation du promoteur. Un corridor piétonnier permettrait le passage de conduites. On répondrait aux préoccupations de l’ensemble des intervenants et ce serait raisonnable. Nous aimerions que ce scénario soit revérifié sérieusement. L’ensemble des utilisateurs du parc et des résidants du secteur ne veulent pas d’une rue dans le parc. Il faudrait que le promoteur en prenne acte. Nous avons demandé à le rencontrer et il a décliné. »

M. Villeneuve souhaite toujours une rencontre avec la Ville pour obtenir des explications. « C’est certain qu’il y aura d’autres actions dans un avenir rapproché. Nous croyons beaucoup au gros bon sens. On pourrait éviter une empreinte permanente qui serait là à perpétuité. Ce serait une cicatrice. »

Dans cette option, un passage piétonnier était prévu pour traverser le parc, alors que la rue Wilfrid-Lemoine aurait été prolongée.

Martin Gagnon, président de l’Association citoyenne pour les espaces verts de Sherbrooke, a aussi pris la parole.

« L’option avec le prolongement de la rue Wilfrid-Lemoine nous semble plus écologique pour garder l’oasis du boisé bien ensemble et éviter qu’on ait besoin de passer une rue dans les autres portions du parc. Nous aimerions savoir, dans cette option, ce qui pénaliserait la Ville ou le promoteur. »

M. Gagnon déplore que les citoyens soient impliqués une fois les décisions prises. « L’expertise des citoyens pourrait être profitable. On continue de fonctionner comme il y a 50 ans. Il faudrait prendre les bonnes décisions pour les citoyens, pas juste les promoteurs. »

Les citoyens avaient été consultés en 2014 au moment où l’entente est intervenue entre la Ville, qui achetait alors une partie du boisé Fabi, et le promoteur. 

L’ACEVS compte elle aussi mener de nouvelles actions pour se faire entendre. « J’ai bon espoir qu’on peut encore changer les choses », dit Martin Gagnon.

« L’ACEVS s’inquiète de l’impact de ce projet sur la lutte aux changements climatiques puisqu’il semble aller à l’encontre de plusieurs principes inhérents à cette lutte. »

Il demande par ailleurs à la Ville de changer son processus d’implication des citoyens en amont, citant des projets qui ont entraîné ou qui auraient pu entraîner la coupe d’arbres, comme l’abattage d’un boisé pour la construction du nouveau Costco, les travaux pour le Carré Belvédère, la construction d’une station-service près du mont Bellevue, la tentative de vente du parc Willie-Bourassa-Auger et le projet du Domaine de la vallée d’Orford, près du chemin Rhéaume. 

Le promoteur Jacques Vallée avait indiqué, il y a une dizaine de jours, que le dossier était clos en ce qui le concernait.