Le nouveau boulevard des Grandes-Fourches passera sur une partie de ce stationnement.
Le nouveau boulevard des Grandes-Fourches passera sur une partie de ce stationnement.

Nouveau pont Grandes-Fourches: plus de 550 000 $ pour racheter une partie de stationnement

Il en coûtera plus de 550 000 $ à la Ville de Sherbrooke pour racheter une partie du stationnement qu’elle avait vendu à la Maison du cinéma il y a une dizaine d’années. La déviation du boulevard des Grandes-Fourches rend nécessaire l’acquisition de cette parcelle de terrain sur laquelle sera construite la rue qui mènera au nouveau pont des Grandes-Fourches.

La Ville a officiellement lancé un processus d’expropriation au début du mois de juillet, une formalité qui permettra de faire cheminer le dossier si les négociations avec la Maison du cinéma achoppaient. L’indemnité totale, qui devrait être majorée, est pour le moment de 549 881,84 $.

Dans les documents municipaux, on explique que la future emprise du boulevard devra être reconfigurée à l’approche de la rue Frontenac et qu’elle traversera une partie du stationnement de la Maison du cinéma. « Une acquisition de gré à gré est en cours de discussion avec le propriétaire », lit-on. 

La parcelle de stationnement en question a une superficie de 2896,7 mètres carrés. On y construira la nouvelle rue, mais également un parc riverain au croisement des rivières Magog et Saint-François. Un avis de réserve avait déjà été publié en juillet 2018.

C’est cette partie du stationnement que la Ville rachètera à la Maison du cinéma.

Les documents municipaux font par ailleurs état d’une évaluation indépendante qui sera nécessaire pour « étayer la preuve devant le tribunal administratif ». Si une indemnité provisionnelle minimum de 70 % doit être versée au propriétaire, la Ville recommande d’offrir immédiatement 100 % du montant estimé pour la valeur du terrain.

Cette donnée a fait sourciller le conseiller Paul Gingues, qui voulait savoir pourquoi la Ville dépensait plus que le nécessaire. « Et je comprends qu’on va engager quelqu’un de l’externe pour évaluer la valeur du fonds de commerce? »

Marie-France Delage, directrice générale adjointe, rapporte que le terrain a une valeur de fonds de commerce, puisqu’il sert de stationnement à la Maison du cinéma. « C’est cette valeur qui doit être évaluée, parce que dans une expropriation, on donne la valeur au propriétaire et non seulement la valeur marchande. Nous versons donc 100 % de la valeur de notre offre puisque nous savons que nous devrons aller plus loin quand nous tiendrons compte de la valeur du fonds de commerce. Ça englobe le rendement de ce terrain quand des stationnements sont loués. C’est un montant qui s’additionnera aux 549 000 $ actuels. »

Le conseiller Marc Denault a rappelé que la Ville était propriétaire de ce terrain en 2010 et que c’est elle qui l’avait vendu à la Maison du cinéma. « Il va sûrement y avoir une évolution du prix du marché à considérer tout en étant raisonnable parce que nous sommes dans une situation budgétaire particulière avec l’ensemble des projets sur le territoire de Sherbrooke. » Il n’a pas été possible de connaître le prix de la transaction en 2010.

Évelyne Beaudin, elle, estime qu’il est difficile d’évaluer les étapes des projets et les coûts qui y sont associés sans avoir un portrait global des dépenses projetées. 

« Je voulais répéter une demande que j’ai déjà formulée à plusieurs occasions au sein du comité de revitalisation du centre-ville. C’est celle d’aller dès que possible présenter le dossier de la revitalisation du secteur Grande-Fourches à la population, ce qui permettra aux élus d’avoir une présentation complète du dossier. Je savais que le tracé passait là, mais je n’avais pas d’estimation des coûts et j’ai de la misère à avoir une perspective globale des fonds publics pour la revitalisation de ce secteur-là. Ce serait bien d’aller vers une gestion par projet, d’avoir une gestion globale, de faire un phasage dans le temps et d’être capable de suivre au fur et à mesure s’il y a des dépassements de coûts. Comme élus, nous ne sommes pas en mesure d’évaluer si la décision de ce soir représente un dépassement de coûts parce qu’il n’y a pas de détails pour le coût global du projet de revitalisation du secteur Grandes-Fourches. »