François Rancourt, Annik Giguère et leurs enfants Naomi, Théo et Emma, entreprendront bientôt un périple autour du monde en catamaran.

Nouveau périple pour la famille Rancourt-Giguère

Après quatre ans passés en Tunisie, la famille de François Rancourt et d’Annik Giguère vivra son quotidien sur un catamaran au cours des deux prochaines années. Les ex-Wottonnais devenus citoyens du monde entreprendront un périple qui les mènera de la Tunisie à l’Océanie.

Destination finale : l’Australie ou la Nouvelle-Zélande. Mais Théo, 11 ans, nous précise sa préférence pour l’Australie... et tous les animaux qu’on y retrouve.

Le périple en mer est un rêve de longue date pour la sympathique famille, plus particulièrement pour François Rancourt, qui se souvient encore de son premier camp de voile à Lac-Mégantic lorsqu’il était enfant. L’aventure a nécessité beaucoup de préparation, des cours de navigation en passant sur des séjours sur différents plans d’eau. François Rancourt est lui-même allé chercher L’Alchmiste en Grèce, qu’il a ramené jusqu’en Tunisie avec un skipper. 

« J’ai toujours cultivé l’idée d’un long séjour à voile autour du monde », raconte celui qui a transmis son rêve à sa conjointe. La Tribune les a rencontrés alors qu’ils étaient de passage au Québec. Ils venaient tout juste de fermer un important chapitre de leur vie sur leurs quatre années passées en Tunisie. Là-bas, François travaillait pour Desjardins développement international, tandis qu’Annik a réalisé plusieurs mandats et projets, notamment pour l’ambassade du Canada. 

Comment décrivent-ils ce passage de leur vie?

« Ça a été super enrichissant! Nos enfants vont beaucoup avoir de difficulté à comprendre c’est quoi le racisme, pourquoi ça existe. Ils étaient dans une culture arabe, en Afrique du Nord, mais en plus ils allaient à l’école internationale où ils côtoyaient des enfants de leur âge de plus de 60 nationalités, avec qui ils passaient toute leur journée, qu’ils fréquentaient après l’école, la fin de semaine... Pour eux, il n’y a plus de frontière », souligne François. 

La famille est retournée en Tunisie pour finaliser les préparatifs en vue de leur voyage en mer. 

« On a vidé notre maison. On est reparti avec 17 valises. Ce qui n’était plus utile, on l’a donné. Ce qu’on a vraiment de besoin, il sera sur le bateau », raconte Annik, qui souligne que bon nombre de boîtes regorgent surtout de souvenirs. « Ce qu’on possède se résume à 20 ou 22 boîtes Rubbermaid... »  Dans les cartons, aussi, beaucoup de matériel scolaire.

La famille dit à la blague qu’Annik deviendra « Madame Annik » pour les enfants, parce que la mère de famille sera aussi enseignante et directrice d’école à ses heures. Son conjoint s’occupera de certaines matières.

La vie scolaire, Emma, (13 ans), Théo (11 ans), et Naomi, (9 ans), la vivront au gré des vagues. Mine de rien, fait remarquer Annik, les parents doivent prévoir l’équivalent de six années d’apprentissages pour leur marmaille, soit l’équivalent de deux niveaux par enfant. 

« On projette de faire des échanges de livres. Dès qu’ils sont lus, on va les donner. »

Le couple devait aussi préparer la vie scolaire des enfants en tenant compte du fait qu’ils doivent être autonomes sans internet, auquel ils n’auront pas souvent accès. 

Une nouvelle réalité pour les enfants, qui sont de la génération Netflix, note François.  

« Je crois que ça va me donner une limite : je n’aurai pas d’autre option que de faire autre chose », lance Emma, l’aînée de la famille, en soulignant qu’elle apprendra à connaître encore plus les membres de sa famille dans un tel univers. 

Le couple, qui franchit le cap de la quarantaine cette année, projette de faire plusieurs arrêts; les périodes de navigation ne devraient pas durer plus de trois jours.  

« L’objectif, ce n’est pas juste de faire de la voile, c’est de s’arrêter et de découvrir », commente la mère de famille. 

Une fois à destination, le couple vendra le catamaran et souhaite revenir s’établir ici.

Naomi, la petite dernière, a 9 ans. « Aujourd’hui, elle a passé la majorité de sa vie à l’étranger, indique François. Naomi était bébé lorsque la famille est allée vivre pendant un certain temps au Népal. 

« On veut revenir au Québec après; on veut que les enfants aient des racines québécoises. »

On pourra suivre les aventures de la famille Giguère-Rancourt sur son blogue.

https://cata-lalchimiste.blogspot.com et sur leur page Facebook Catamaran L’Alchimiste.

François Rancourt et Annik Giguère, et leurs enfants Naomi (à l’avant), Théo et Emma, qui entreprendront bientôt un périple autour du monde en catamaran.

+ Une belle vie... mais pas toujours facile

La vie de nomades des Rancourt-Giguère peut facilement faire rêver, mais elle comporte aussi son lot de défis et de sacrifices.

Annik Giguère le souligne en entrevue; son conjoint abonde dans le même sens : les gens ont parfois tendance à idéaliser cette vie à l’étranger.

Le plus dur, confie Annik, c’est l’éloignement de la famille. 

« Je suis partie en juillet (en Tunisie), et mon père a eu un diagnostic de cancer en octobre et il est mort en janvier. D’octobre à novembre, je suis revenue d’urgence, je suis restée un mois. Il a eu un cancer très rapide. Pour moi, ça a été très difficile. Quand tu décides de t’expatrier, de vivre à l’étranger, tu as de super bons côtés, tu fais de belles rencontres, mais tu dois aussi faire des sacrifices. Ce n’est pas toujours facile : parce que tu jongles avec les émotions et les relations à distance. Si tu as un parent proche en fin de vie ou des difficultés familiales, tu n’es pas là », note-t-elle en ajoutant qu’il s’agit d’un des prix à payer. 

Mais ils ont toujours eu l’appui de leurs proches; ceux-ci les connaissent, rappelle François. Le couple, ensemble depuis maintenant 20 ans, partait à ses débuts planter des arbres dans l’Ouest. Annick a profité de son séjour en Tunisie pour y faire un essai dans le cadre de sa maîtrise. Elle tenait absolument à travailler, ce qu’elle a fait auprès de différentes organisations. « Je voulais rester active! » Elle a aussi suivi des cours d’arabe tunisien, même s’il était possible de se débrouiller en français.