Environ 125 personnes se sont réunies lundi au dîner de Noël des Petits Frères de Sherbrooke pour permettre à des personnes âgées de passer le jour de Noël en bonne compagnie. De gauche à droite, Thérèse Côté, bénévole, Diane Breton, directrice régionale, Marie-Rose Auger, Vicky St-François, coordonnatrice, et Onil Dionne.

Noël moins seul avec les Petits Frères

« Si je n’avais pas les Petits Frères, je serais seul. »

Cette phrase, empreinte de reconnaissance, on l’entendait partout lundi à l’occasion du traditionnel dîner de Noël des Petits Frères de Sherbrooke à l’hôtel Delta.

Environ 125 personnes se sont réunies pour permettre à des personnes âgées de passer le jour de Noël en bonne compagnie.

Marie-Rose Auger, originaire d’Asbestos, est présente depuis plus de 20 ans. Au début en tant que bénévole, elle est maintenant l’une des aînées du groupe.

« Il y a encore plus de magie, d’ambiance, d’activités et de gens qu’au début, précise la dame de 94 ans. Je n’aurais pas manqué Noël, même si mes jambes avaient un peu de misère ce matin. »

Onil Dionne, chimiste à la retraite, est présent, quant à lui, pour la toute première fois.

« Je suis enfant unique et je ne me suis jamais marié. Je n’ai plus mes parents bien évidemment à mon âge. Tous mes cousins sont partis. J’aurais passé Noël seul dans ma résidence. J’ai un ami qui vient à l’occasion, peut-être que je passerai le jour de l’An avec lui. Je pense que les Petits Frères, c’est une organisation extraordinaire. »

« C’est un événement traditionnel, mais laissez-moi vous dire que c’est toujours émouvant, mentionne Diane Breton, directrice régionale des Petits Frères de l’Estrie. C’est le point culminant de notre semaine de Noël. Ce n’est pas triste, c’est très festif. Les gens savent qu’ils ont une famille. 

« On vieillit en santé plus longtemps, mais on vieillit souvent plus seul malheureusement et personne n’est à l’abri de ça, poursuit-elle. On est là pour combler cette carence du mieux qu’on peut. »

Une messe a été célébrée sur place, suivie d’un dîner traditionnel et d’une animation musicale. Toutes les personnes âgées sont reparties avec un cadeau.

Les nombreux bénévoles des Petits Frères de Sherbrooke ont également visité, au courant de la semaine, plusieurs personnes âgées qui ne peuvent plus se déplacer ou sortir.

« Si ces gens-là ne viennent pas ou qu’on ne va pas les voir, il n’y a pas de Noël pour eux, admet Mme Breton. On considère que c’est une responsabilité collective. C’est si facile durant le temps des Fêtes d’aller voir un voisin et de lui demander s’il a eu de la visite. C’est important de veiller sur les gens autour de nous, mais souvent aujourd’hui on ne connaît même pas le nom du voisin. 

« On est à contre-courant, poursuit-elle. On vit dans une société de non-engagement et de non-pérennité. On achète des choses qui vont mourir dans un an, on se fait des amis, on les perd, on fait des couples et on les défait. La vie est comme cela, mais nous, on s’engage pour la vie. »

Plus de 200 bénévoles œuvrent pour les Petits Frères à Sherbrooke.

« On lance très tôt l’invitation pour savoir qui veut travailler la journée de Noël et on a une liste d’attentes de ceux qui veulent être présents, résume Diane Breton. Malheureusement, à cause de l’espace disponible on ne pouvait pas accepter tout le monde. »

Un énorme territoire

Les Petits Frères de l’Estrie couvrent un immense territoire qui s’étire entre Longueuil et Lac-Mégantic en passant par Trois-Rivières.

« À Longueuil, ils ont une équipe plus jeune alors on veille un peu sur eux, précise Mme Breton. Mais c’est évident qu’ils seront une équipe autonome dans quelques années avec leur bassin de population. Le mariage avec Trois-Rivières est encore naturel, mais si des groupes de Petits Frères se développent à Drummondville ou Victoriaville par exemple, on créera un autre pôle. »