Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Les personnes âgées vivant dans une résidence ont cependant le droit à la visite d’un proche aidant par jour.
Les personnes âgées vivant dans une résidence ont cependant le droit à la visite d’un proche aidant par jour.

Noël chez les aînés : la technologie à la rescousse

Tommy Brochu
Tommy Brochu
La Tribune
Article réservé aux abonnés
La technologie de visioconférence a posé un baume sur le triste Noël de bien des aînés, qui se retrouvent en situation de solitude depuis plusieurs mois. S’ils n’ont pas pu partager de dinde et de tourtière avec leur famille comme à l’habitude, plusieurs ont eu l’occasion de passer du temps avec leurs proches à l’aide de leur appareil électronique.

Les personnes âgées vivant dans une résidence ont cependant droit à la visite d’un proche aidant par jour. Et le protocole est serré. Alors que le couvre-visage est obligatoire en tout temps tout comme la signature d’un registre, la température des proches aidants doit être prise pour éviter de propager le virus à ces aînés, souvent plus vulnérables. 

« On fait aussi la désinfection des paquets qui entrent dans la résidence », ajoute le propriétaire du Château du Bel-Âge de Windsor, Raphaël Francoeur. 

« Quelques proches aidants sont venus partager un repas avec leurs parents, explique la conjointe et associée de M. Francoeur, Diane Nadeau. En même temps, ils se parlaient avec la famille sur Messenger en vidéo. Ils soupaient ensemble virtuellement. »

« La personne âgée était contente », renchérit Mme Nadeau, qui apportera des tablettes électroniques à la résidence mardi pour les prêter aux résidants n’ayant pas eu la chance de voir leur famille virtuellement.

Et ces visites virtuelles ont amené une petite douceur à ce Noël particulier des aînés, qui sont souvent seuls. Une proche aidante préférant ne pas être nommée, qui est allée visiter son père dans une résidence de Sherbrooke, l’assure. 

« Ce n’est pas évident, mentionne celle qui est allée visiter son proche pour Noël. C’est difficile d’accepter de vivre un Noël dans une situation comme ça. »

Mais le père de la Sherbrookoise a souri lorsqu’il a vu ses petits-enfants défiler sur l’écran d’une tablette électronique. « Il était content de pouvoir voir tout le monde! Et tout le monde était content de pouvoir le voir. Quand mon père les voyait, tout de suite, son humeur changeait. Il avait comme un regain. On voyait la joie apparaître dans ses yeux. Il était très positif », raconte la proche aidante.

Originalité

En allant voir son père à la résidence, la Sherbrookoise a été témoin de beaucoup d’originalité... et de détermination.

« Une jeune adulte qui attendait son tour pour prendre sa température et signer le registre racontait qu’elle s’était confinée durant deux semaines pour pouvoir venir visiter sa grand-mère à titre d’aidante naturelle lors de la journée de Noël », s’émerveille-t-elle. 

« Il y avait un couple à l’extérieur déguisé en père et mère Noël, poursuit-elle. Il est venu quatre ou cinq personnes âgées, à l’intérieur, qui restaient dans la fenêtre et qui les regardaient faire. Ils étaient venus voir leurs parents, qui vivent dans un appartement. Ils étaient contents de les voir! Ça fait remonter diverses émotions! Moi-même, je me suis laissée prendre au jeu. »

Un spécial pour le Nouvel An

Autre difficulté pour les propriétaires du Château Bel-Âge, c’est de ne pas pouvoir organiser d’activités avec les résidents, puisqu’ils doivent garder la distanciation sociale. Mais ils organiseront somme toute quelque chose de spécial pour la veille du jour de l’an, tout en respectant les normes sanitaires. 

« Au souper, tout en gardant la distanciation, on a acheté des bouteilles de bulles pour que chacun ait sa coupe. Maintenant, les soupers sont échelonnés sur trois heures pour être sûrs de respecter les normes sanitaires », explique M. Francoeur, assurant que les personnes âgées offrent une belle collaboration.  

Les consignes gouvernementales ont obligé le couple de propriétaires à annuler toutes les activités de groupe, même si les aînés pouvaient se tenir à deux mètres les uns des autres. « Il n’y en aura pas d’ici le 11 janvier. Les gens comprennent que c’est pour leur bien-être. On a fait des activités de Noël avant que ce soit serré. Ils ont pu amener leur bricolage chez eux. Mais depuis les nouvelles consignes, il n’y a aucun rassemblement », décrit la propriétaire, saluant au passage le travail de ses 86 employés, qui devraient d’ailleurs être vaccinés au début de l’année 2021.