L’annonce du gouvernement Legault jeudi a été accueillie comme une excellente nouvelle dans le réseau de la santé.
L’annonce du gouvernement Legault jeudi a été accueillie comme une excellente nouvelle dans le réseau de la santé.

Noël à la maison: une excellente nouvelle pour le réseau de la santé

Marie-Christine Bouchard
Marie-Christine Bouchard
La Tribune
Un Noël passé à la maison, sans rassemblements familiaux ou entre amis : l’annonce du gouvernement Legault jeudi a été accueillie comme une excellente nouvelle dans le réseau de la santé.

« Au début, j’étais parmi les défendeurs des rassemblements qui étaient permis aux Fêtes. Avec la formule qui avait été retenue, avec les sept jours de quarantaine au début et après, je trouvais que c’était un bon compromis. Mais avec les semaines qui avancent et les cas qui augmentent jour après jour, je devenais de plus en plus inquiet », soutient le Dr Alex Carignan, microbiologiste-infectiologue et chercheur au CIUSSS de l’Estrie-CHUS, en plus d’être professeur à l’Université de Sherbrooke.

L’Estrie, rappelons-le, a connu jeudi une nouvelle hausse record du nombre d’infections confirmées.

Le nombre de cas augmente jour après jour, les décès s’additionnent tous les jours, et les hospitalisations augmentent ici aussi peu à peu. Les hospitalisations et les décès surviennent généralement quelques semaines après le diagnostic de la COVID-19, car ce sont les complications de l’infection qui amènent les personnes à devenir très malades.

« Nous, ici en Estrie, nous avons encore de la marge de manœuvre dans notre capacité hospitalière, mais ce n’est pas le cas dans toutes les régions du Québec, comme au Saguenay-Lac-Saint-Jean, et ça c’est très inquiétant pour ce qui nous attend en janvier », indique le Dr Carignan.

Bien sûr, il s’attriste des impacts psychosociaux de ce Noël qui se vivra dans une plus grande solitude pour de nombreuses personnes.

« Je dis souvent que je suis microbiologiste, mais ce n’est pas juste l’infection qui compte pour moi. Il faut aussi essayer de maintenir une vie la plus normale possible. C’est aussi ce que fait la Santé publique. Mais dans le calcul des risques et des bénéfices, le fait de permettre des rassemblements en ce moment présentait trop de risques », indique le Dr Carignan.

 Dr Alex Carignan

Même son de cloche du côté de la Dre Mélissa Généreux, professeure-chercheuse à l’Université de Sherbrooke et médecin-conseil à la Direction de santé publique de l’Estrie.

Cette dernière a publié plus tôt cette semaine une étude qui démontre justement que deux adultes sur quatre au Québec rapportent des symptômes compatibles avec un trouble d’anxiété généralisée ou une dépression majeure.

« On sait que les gens sont fatigués par toutes les restrictions, mais ce bonheur temporaire de voir nos proches à Noël, qui nous ferait tous du bien, il vient avec un prix à payer. C’est utopique de penser que le vaccin sera disponible pour tous en janvier et février, qu’on sera tous déjà protégés. Dans ce cas, est-ce que nous sommes prêts à faire face à une hausse fulgurante de cas en janvier et à faire face à un resserrement encore plus strict des mesures de contrôle? » questionne la Dre Généreux.

« À court terme, je crois que les rassemblements nous auraient fait du bien, mais si je me projette en janvier, ce bien-être passager aurait probablement amené un lourd prix à payer », analyse-t-elle.

Dre Mélissa Généreux