Place Nikitotek à Sherbrooke

Nikitotek: «La Ville devra me parler», dit le producteur de Québec Issime

« Peu importe les scénarios, moi, j’ai un contrat jusqu’en 2024. La Ville devra donc me parler », lance le producteur de Québec Issime, Robert Doré, à propos de l’avenir du théâtre de la place Nikitotek. Visiblement irrité, M. Doré indique qu’il savait que les élus jonglaient avec plusieurs scénarios.

Québec Issime présente une revue musicale sur la scène extérieure du centre-ville de Sherbrooke depuis six ans. Disposant d’abord d’ententes à court terme, Robert Doré a ensuite signé un contrat de dix ans avec la Ville de Sherbrooke alors qu’il accepté d’assumer la facture d’un toit au-dessus du théâtre. À la veille de la première de la nouvelle saison de Starmania à la place Nikitotek, M. Doré attend de savoir s’il doit planifier un spectacle à Sherbrooke l’an prochain.

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« Normalement, il faut déjà le savoir à ce moment-ci. Ça prend en général 14-15 mois programmer un spectacle. Je comprends le problème de la Ville, qui doit déplacer son pont, mais moi j’ai une entreprise privée et je dois faire une planification stratégique. Ça fait deux ou trois ans qu’on entend parler du déménagement de la place Nikitotek. Quand la situation n’est pas claire, ça nous crée préjudice. »

Robert Doré répète qu’avant toute décision, la Ville devra s’entretenir avec lui. « Ce que je sais, c’est que j’amène des clients, des gens de l’extérieur, et qu’il y a des retombées économiques. Même si je disais que je suis de bonne humeur, je ne pense pas que vous me croiriez. »

Selon les informations recueillies par La Tribune, le sujet de l’avenir du théâtre devait être abordé à huis clos avant la séance du conseil municipal, le 2 juillet. La décision aurait ensuite été prise en public, mais le dossier a été reporté en raison d’un imprévu.

Rappelons que les deux options les plus rentables pour la Ville de Sherbrooke, parmi cinq scénarios, sont le déménagement de l’infrastructure au coin des rues Aberdeen et Wellington Sud ou la vente pure et simple. Le déménagement coûterait 3 M$ alors que la Ville devrait rembourser une partie d’une subvention, soit 440 000 $, si elle devait vendre le théâtre.


«  Il faut qu’on envoie le message qu’on bonifie l’offre et qu’on sait où on s’en va.  »
Alexandre Hurtubise
Le producteur de Québec Issime, Robert Doré, estime qu’il faut en moyenne 14 ou 15 mois pour programmer un spectacle comme celui présenté à la place Nikitotek.

La présidente de Destination Sherbrooke, Annie Godbout, confiait mardi que sa priorité serait de ne pas laisser tomber les commerçants du centre-ville au moment de prendre une décision.

Le président de l’Association des gens d’affaires du centre-ville, Alexandre Hurtubise, rappelle l’importance d’un plan stratégique pour animer le centre-ville pendant les énormes chantiers qui s’annoncent sur Wellington Sud et Grandes-Fourches.

« L’hésitation qui concerne la scène démontre un manque de planification à long terme. L’infrastructure est sur le tracé du pont des Grandes-Fourches depuis longtemps. Le drapeau aurait pu être levé plus tôt. On est un peu en réaction, alors on n’a pas le choix de commencer tout de suite si on veut avoir un spectacle l’an prochain. Il faut arrêter d’être en réaction, particulièrement avec la direction qu’on prend avec les travaux. Il faut qu’on envoie le message qu’on bonifie l’offre et qu’on sait où on s’en va », dit M. Hurtubise.

« L’idée, c’est qu’on veut qu’il y ait le maximum d’animation au centre-ville. On va pousser pour qu’il y en ait encore plus. Si on vend la scène, il faudrait que le budget qui en découle soit investi au centre-ville. Ce serait le moindre mal. Si on la déménage, il faudra maximiser son impact. »

Alexandre Hurtubise ne préfère pas un scénario en particulier. Mais « si la scène déménage, nous voulons qu’elle demeure au centre-ville. C’est un must absolu ».

Il n’a pas été possible de joindre le président du comité de la culture, Paul Gingues.