On ne peut pas seulement couper les tiges de berce du Caucase. Il faut les arracher, avec les racines, et ensacher les plantes éliminées en prenant de grandes précautions.

Neuf colonies de berce du Caucase à éradiquer

La Ville de Sherbrooke poursuit ses efforts pour éliminer la berce du Caucase de son territoire. Après une première année d’abattage, on compte toujours neuf colonies sur le territoire de la Ville, soit environ 1000 plants au total. Le rapport présenté lundi à l’hôtel de ville laisse toutefois croire que ces colonies sont sous contrôle.

« La berce du Caucase est une plante originaire d’Asie qui a été introduite au Québec. Elle est très envahissante et très toxique. Sa sève est photosensibilisante, c’est-à-dire que la peau en contact avec la berce, une fois exposée au soleil, subit de graves brûlures », explique Yves Tremblay, directeur du Service de la planification urbaine et du développement durable à la Ville de Sherbrooke.

« Notre crainte, c’est que des enfants ou des gens soient blessés par la sève. Nous avons donc répertorié neuf colonies. Nous avons engagé une firme d’experts qui fera l’éradication de ces plantes-là. Nous ne pouvons pas seulement les couper. Il faut les arracher, avec la racine. C’est une plante qui peut produire plus de 15 000 graines, donc il est possible qu’il y ait des graines dans le sol. Il faut repasser chaque année jusqu’à ce que la colonie soit anéantie », dit Michael Howard, directeur adjoint du Service de la planification urbaine et du développement durable.

Un travail d’experts
C’est la firme Acéri-For qui effectue le travail d’éradication depuis l’an dernier. Les plantes éliminées sont ensachées et éliminées au lieu d’enfouissement technique de Valoris. Les sols remaniés ont été ensemencés pour limiter l’implantation de la berce du Caucase.

La Ville préférait confier le travail à des experts plutôt que d’ajouter cette tâche à la charge des cols bleus. « Ça prend une formation particulière pour éliminer la berce. Il faut aussi revêtir des combinaisons, qu’il n’y ait pas de peau à l’air libre. Quand on enlève la protection, il ne faut pas toucher à la sève non plus. »

Les neuf colonies ont été découvertes sur les rues L’Assomption, Kennedy Nord, Ponton, Elm, Desjardins, Boisvert, de même que sur le 2e Rang et à la croisée des chemins Blanchette et Saint-Roch Sud.

Des brûlures sur les mains, les bras et les jambes ont été répertoriées à Sherbrooke dans les deux dernières années. « Je ne dirais pas que c’est alarmant. On ne retrouve pas les colonies près des résidences. C’est surtout dans les arrière-cours ou dans les fossés. Mais il est important de faire un traitement parce que c’est très toxique. Nous les arrachons sur les terrains publics comme sur les terrains privés. Nous demandons aux citoyens de nous appeler dès qu’ils pensent en avoir sur leur terrain et de ne pas y toucher. »

Des dépliants sont distribués dans différentes cliniques et pharmacie pour sensibiliser les citoyens à la présence de la berce du Caucase.

Deux projets pilotes sont par ailleurs mis en branle en 2018 pour tenter de venir à bout de deux autres espèces envahissantes : le nerprun bourdaine et la renouée du Japon. « Ce sont des plantes moins dangereuses pour les citoyens, mais qui prennent la place de plantes qui proviennent de la région. Elles empêchent les autres plantes de pousser dans nos forêts. »