Il est déconseillé d'utiliser des appareils d'appoints fonctionnant au gaz à l'intérieur. Les risques d'intoxication au monoxyde de carbone sont élevés.

Neuf cas d'intoxication au monoxyde de carbone en Estrie

Après avoir dû prendre en charge neuf cas d’intoxications au monoxyde de carbone depuis le début des pannes électriques, la direction de la santé publique de l’Estrie tient à rappeler à la population de ne pas utiliser d’appareils à combustion à l’intérieur.

Le Dr Éric Lampron-Goulet, médecin spécialiste en santé publique et en médecine préventive, insiste sur les dangers que représentent les appareils d’appoint souvent utilisés lors de pannes d’électricité, comme les brûleurs de camping, les cuisinières et chaufferettes à gaz ou les barbecues. 

« C’est vraiment ça le tueur, lors de situations comme celle-ci. Les gens sont moins habitués, ils n’y pensent juste pas. Ils vont entrer les appareils dans le garage ou dans la maison, mais ils ne s’aperçoivent pas que du monoxyde en est dégagé. Ils ne peuvent pas le sentir », dit-il, indiquant qu’il n’y a eu aucun décès parmi les deux familles hospitalisées. 

La direction de la santé publique rappelle également que les génératrices doivent être installées à l’extérieur, le plus loin possible des portes et des fenêtres. 

L’inhalation de monoxyde de carbone, ce « tueur silencieux » qui n’irrite ni les yeux ni les voies respiratoires, peut causer de la fatigue, des maux de tête, des difficultés respiratoires, des étourdissements, des nausées et des vomissements pour ensuite mener à la perte de conscience et au décès. 

Les intoxications peuvent varier selon la grandeur de la pièce et l’intensité de l’appareil. « Ça peut prendre quelques minutes ou quelques heures », indique le Dr Lampron-Goulet, qui insiste que ces intoxications sont entièrement évitables et que les enfants sont plus à risque d’être intoxiqués.

« Le meilleur moyen d’éviter une intoxication est de se doter d’un détecteur de monoxyde de carbone, parce que les symptômes vont souvent survenir durant la nuit et les gens vont décéder durant leur sommeil », rappelle le Dr Lampron-Goulet. 

Si le détecteur sonne ou si l’on présente les symptômes d’une intoxication, il est recommandé de composer le 9-1-1. « Des pompiers et des ambulanciers vont se présenter à la résidence, procéder à son aération et faire des recommandations appropriées, note le Dr Lampron-Goulet. Les ambulanciers aussi ont des détecteurs qui permettent de déterminer la concentration de CO et d’évaluer s’il doit y avoir transportation vers le centre hospitalier ». 

À l’hôpital, une personne intoxiquée recevra de l’oxygène à 100 %. Si sa situation le requiert, elle sera transportée dans une des deux chambres hyperbares de la province, soit à Lévis ou Montréal. 

Dans la région des Chaudières-Appalaches, onze personnes ont été assez sévèrement intoxiquées au monoxyde de carbone pour faire l’objet d’une consultation pour évaluer le besoin d’un traitement en chambre hyperbare à l’Hôtel-Dieu de Lévis. 

Intoxications alimentaires

Le Dr Lampron-Goulet met également la population en garde contre les intoxications alimentaires, alors que certains seraient tentés d’ingérer des aliments qui n’ont pas été réfrigérés depuis quelques jours. 

« C’est important de suivre les recommandations de réfrigérer les aliments qui doivent l’être. Si ce n’est pas possible de le faire, il faut jeter les aliments qui sont périmés. C’est un peu fâchant de perdre le contenu de son frigo et son congélateur, mais on ne gagne rien à manger ces aliments », partage le médecin, qui rappelle que l’intoxication peut se manifester sous forme de vomissements et de nausées ou de gastro-entérite et que ce type d’infection peut entraîner une hospitalisation de plusieurs jours. 

Le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation indique que, lors d’une panne, les aliments du frigo demeureront frais pour une durée de quatre à six heures, à condition de ne pas ouvrir la porte.