Le taux de roulement demeure stable autour de 12,8 % parmi les 1150 adjointes administratives de classe 1, 2 et 3, selon les données fournies par le CIUSSS.

Négociations et incertitude au CIUSSS

Horaires, ports d’attache et véhicules requis obligatoires (VRO) : voilà trois expressions qui sont au cœur des négociations locales liant le CIUSSS de l’Estrie-CHUS à son personnel de bureau, ses techniciens et ses professionnels de l’administration. En conséquence, les adjointes administratives vivent dans l’incertitude et plusieurs remettent en question leur avenir dans l’organisation.

Les adjointes administratives, surtout celles qui ne sont pas encore titulaires d’un poste, sont nombreuses à quitter le navire du CIUSSS lorsqu’elles trouvent un emploi dans une entreprise privée, soutient la CSN.

« L’employeur a centralisé plusieurs services administratifs, mais il ne peut pas centraliser ses services cliniques étant donné qu’il a l’obligation d’offrir des services sur l’ensemble du territoire. En conséquence, la direction souhaite que les employés soient mobiles et flexibles et il souhaite gérer sa main-d’œuvre en fonction de ses besoins sur le terrain. C’est normal quelque part. Par contre, une employée qui a été embauchée et qui vit à Sherbrooke ou à Granby ne veut pas que son port d’attache soit modifiée et devoir aller travailler à Lac-Mégantic tous les jours ou même pour des remplacements ponctuels. Quelle qualité de vie a-t-on et comment concilie-t-on travail et famille quand on doit faire 1 h 30 de route matin et soir pour aller travailler? Les employées qui n’ont pas encore de poste seront malheureusement les plus difficiles à protéger dans cette situation », déplore Vicky Ouellet, présidente du syndicat CSN du personnel de bureau, des techniciens et professionnels de l’administration du CIUSSS de l’Estrie-CHUS (catégorie 3).

« Nous vivons dans un grand climat d’incertitude en ce moment », soutient Mme Ouellet.

Selon les données fournies par le CIUSSS, il y a toujours autour de 1150 adjointes administratives de classe 1, 2 et 3. Le taux de roulement est de 12,8 %, mais « il s’agit d’un taux qui demeure stable année après année depuis la création du CIUSSS », souligne en entrevue Johanne Turgeon, présidente-directrice générale adjointe (PDGA) du CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

La situation est pareille du côté des employés du secteur informatique, qui seront aussi appelés à être plus mobiles et dont les postes pourraient se voir attribuer la mention « véhicule requis obligatoire » (VRO), ce qui n’était pas le cas avant. Un employé de Granby pourrait ainsi se retrouver à répondre à des appels de soutien technique d’un bout à l’autre du territoire.

« On partage les mêmes craintes que l’employeur du côté des relations de travail. C’est rendu que nous recevons des appels d’employés qui nous demandent la procédure pour démissionner et pour savoir, par exemple, s’ils sont obligés de donner deux semaines d’avis. Ça n’existait pas avant », assure la représentante syndicale.

Selon l’agenda établi par le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec, les négociations locales doivent mener à des ententes d’ici le 30 septembre prochain.

« Les notions de VRO, de port d’attache et d’horaires sont en discussion en ce moment dans le cadre des négociations locales. Je ne peux donc pas commenter. Ces discussions doivent rester autour des tables de négociations, c’est l’endroit approprié pour avancer les discussions », soutient Johanne Turgeon.