Le Collège Régional Champlain
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Négociations 2020 : manque de ressources au collégial

Lilia Gaulin
Lilia Gaulin
La Tribune
SHERBROOKE — Les différents syndicats qui représentent les professeurs œuvrant au niveau collégial affiliés tant à la CSQ qu’à la CSN, dénoncent un manque de ressources dans les différents établissements.

Le Syndicat des enseignants et des enseignantes du Collège Champlain de Lennoxville (CSQ) désire que des mesures concrètes soient prises afin de faire avancer les négociations avec le gouvernement.

« On veut une amélioration des conditions de travail à plusieurs égards, mais essentiellement on veut des ressources pour améliorer lesdites conditions. Actuellement, l’offre sur la table est tellement microscopique que finalement il n’y a absolument aucune amélioration qui va se produire », explique le vice-président du Syndicat des enseignants et des enseignantes du Collège Champlain, Julien Lacombe.

L’offre du gouvernement pour la portion de la Fédération des enseignantes et des enseignants de cégep (FEC-CSQ), représentant 14 établissements dont le Collège Champlain de Lennoxville, est de 800 000 $. « Pour l’ensemble de la FEC - CSQ, ça équivaut à un demi-prof par cégep. Évidemment, ce n’est à peu près rien. »

M. Lacombe affirme qu’il manque de ressources pour apporter du soutien aux étudiants et aux étudiantes en situation de handicap (EESH). La précarité des enseignants, notamment à la formation continue, est également un enjeu. « Les professeurs à la formation continue sont moins bien payés et ils ont beaucoup moins de protection. » Grâce à ces négociations, le syndicat désire améliorer les conditions de la profession tant dans le secteur régulier qu’à la formation continue. 

La conciliation travail-famille est également au cœur des discussions. 

Ajustement des ressources

Le Syndicat des enseignants et des enseignantes du Collège Champlain de Lennoxville désire une amélioration du programme de sciences infirmières. Il demande au gouvernement un ajustement des ressources tout en prenant compte de l’évolution du réseau de la santé depuis la convention collective de 1995-1998. « Le problème est que dès qu’un nouveau cégep offre le programme, les ressources sont réparties et tout le monde en a un peu moins », note M. Lacombe. 

Le Syndicat du personnel enseignant du Cégep de Sherbrooke – CSN (SPECS-CSN) demande à la partie patronale de régler les iniquités entre les différents statuts d’emploi. 

« Les professeurs à la formation continue sont des gens qui enseignent à des élèves faisant un retour aux études. Ils sont payés la moitié d’un professeur régulier. Il n’y a pas d’avancement de l’ancienneté et il n’y a pas de reconnaissance de l’encadrement qu’ils réalisent. Pourtant, ils font plus d’encadrement comme ce sont des élèves qui font un retour aux études », dénonce la présidente du SPECS-CSN, Julie Dionne. 

Le financement est également un aspect crucial des négociations. « On a de gros problèmes de financement de l’enveloppe des enseignants qui est en déficit depuis 2015 », mentionne Mme Dionne. 

L’enveloppe de l’enseignement budgétaire est évaluée selon le nombre d’étudiants inscrits à un cours après la date d’abandon. « On se fait payer en fonction du nombre d’étudiants, et ce, peu importe le nombre d’étudiants dans les groupes. Quand on a de grands groupes, le cégep peut faire de l’argent, mais quand ce sont de petits groupes, on en perd. C’est le cégep au complet qui assume ces frais-là comme le salaire des enseignants est conventionné », explique la dame.

Elle estime que selon le nombre d’étudiants actuels, 15 professeurs supplémentaires seraient nécessaires afin d’offrir un meilleur encadrement et une meilleure coordination. Grâce à ce soutien, des projets d’innovation pédagogique pourraient être mis en place.  

« On n’a pas un déficit de 15 équivalents temps complets, mais en ce moment on coupe dans des projets et on fait des tâches supplémentaires pour arriver à rembourser. »