Après le lancement de Muralis jeudi, certains se sont questionnés sur le manque d'acteurs sherbrookois dans la production.

Muralis : un projet pas assez sherbrookois?

Marianne Roy participe depuis de nombreuses années en tant qu'actrice aux tours théâtralisés des murales de Sherbrooke. Au départ très excitée à l'idée de découvrir Muralis, son engouement est descendu alors qu'en consultant les crédits, aucun ne semblait provenir de Sherbrooke.
Elle a alors fait connaître son mécontentement par une publication Facebook qui a rapidement rejoint plusieurs personnes. Si elle avoue que son texte était surtout émotif, elle juge important de nuancer le propos.
« Je ne suis pas contre l'idée d'aller chercher de l'expertise à l'extérieur quand les ressources ne sont pas disponibles en région. Mais il me semble qu'on en possède au niveau des concepteurs et des acteurs par exemple. On aurait pu mixer des gens d'ici et de Montréal », estime-t-elle.
Pour la jeune femme, il y a un certain non-sens dans la situation. Elle espère ainsi que Sherbrooke apprendra de cette situation dans l'avenir. « La ville fait des choses super au niveau de la culture. On a juste à penser au Centre des arts de la scène Jean Besré ou à la salle intermédiaire. Mais là, c'est une erreur. »
Loin d'elle l'idée de boycotter Muralis, car elle soutient que peu importe l'origine de l'artiste il faut encourager l'art. « C'est simplement dommage dans le sens que c'est un produit identitaire et on n'a pratiquement aucun créateur là-dedans. »
Space & Dream s'est fait sherbrookois
Devant cette situation, le promoteur de Muralis s'est porté à la défense de Destination Sherbrooke.
« Avant d'offrir les rôles, on a passé à travers les acteurs de toutes les murales. Il y avait aussi une question de casting. On cherchait des acteurs de l'Union des artistes, qui ressemblaient aux personnages des murales et qui avaient la bonne voix. À cela s'ajoutait une question de logistique alors qu'ils devaient être disponibles au moment du tournage », explique Guillaume Langlois, le président de Space & Dream. Au moins quatre acteurs des Cantons-de-l'Est auraient d'ailleurs fait partie de la production selon Destination Sherbrooke.
Il souligne aussi l'apport important de MURIRS au projet. « Ils m'ont téléphoné souvent pour prendre le pouls à savoir si ça représentait bien Sherbrooke, si le lien était là et exacte », confirme Serge Malenfant, le président de MURIRS.
À travers les contraintes de temps et de budget, Guillaume Langlois précise que si du contenu non sherbrookois a été privilégié, c'est que le contraire aurait été au détriment de la finalité des aspirations que le projet s'était fixées.
Si le Centre des arts Jean Besré avait été équipé d'un écran vert, M. Langlois affirme que Space & Dream aurait eu recours à ses services.
« On s'est fait Sherbrookois pour Muralis. Je pense que les gens tapent rapidement sur Destination Sherbrooke. Cette équipe a mis tellement d'amour, de passion et dévotion dans ce projet. »
Un mandat clé en main
« C'est un mandat clé en main, le choix des artisans revient alors à la firme mandatée. On les a aidés, on les a dirigés. Ils ont travaillé le plus qu'ils pouvaient avec Sherbrooke. Ils sont souvent venus vers nous pour des conseils alors qu'ils n'étaient pas obligés. Ils ont eu le souci de le faire et c'est très apprécié », indique Amélie Boissonneau, coordonnatrice aux communications pour Destination Sherbrooke.
Une clause spéciale aurait par contre pu être émise dans l'appel d'offres statuant qu'une partie des personnes engagées devait être de la région. « C'est une pratique très rare, surtout pour éviter des contraintes. C'est comme si on dirigeait l'offre. Et pour avoir un meilleur degré de conformité et le meilleur prix, il faut le moins de contraintes », poursuit Mme Boissonneau.
Somme toute, l'équipe de Destination Sherbrooke est satisfaite du lancement de Muralis, malgré les quelques éléments demeurant à ajuster.
« On ne voulait pas passer à côté de la saison estivale. Et même si on avait attendu deux ou trois semaines de plus, on n'aurait pas été à l'abri d'ajustement. »
Muralis est déjà publicisé un peu partout et déjà la réponse est bonne. « On va sûrement devoir équiper le Bureau d'information touristique de plus de iPad! » confie la coordonnatrice.
Sherbylove bientôt de retour
En raison de quelques problèmes techniques, la murale Sherbylove de la rue Wellington Nord a momentanément été exclue du parcours Muralis.
« La technologie de réalité augmentée qu'on utilise se base sur des principes de détection de caractéristique d'images. Le point de vue sur Wellington est trop en angle, la perspective est difficile à ramasser donc c'est un aspect qu'on va revoir », explique Guillaume Langlois.
Le président de Space & Dream est parvenu à identifier un endroit où la vue est optimale, il faudra alors réajuster l'application en ce sens. D'ici la semaine du 21 août, M. Langlois affirme que Sherbylove sera de retour sur le parcours. « C'est l'une de nos plus belles! C'est le miroir de tous les messages d'amour des Sherbrookois », lance-t-il.
Après avoir reçu les commentaires de près de 100 utilisateurs lors du lancement de jeudi, l'équipe de Space & Dream s'affaire à effectuer les correctifs plus urgents. Ceux qui nuisent à l'expérience, par exemple ce qui a trait à la lecture des vidéos.
M. Langlois promet ainsi une application « plus finie » d'ici les deux prochaines semaines, permettant de mieux apprécier l'expérience Muralis.