« Ça n’a aucun sens que les bouteilles de vin ne soient pas recyclées, affirme Alexandre Legault. Le verre, c’est recyclable à l’infini. »

Mouvement « SAQ consigne »: les clients invités à retourner leurs bouteilles

Alexandre Legault a retourné ses bouteilles de vin vides à la SAQ de Bromont, jeudi. L’ex-candidat de Québec solidaire dans la circonscription de Brome-Missisquoi faisait écho au mouvement « SAQ consigne », qui, depuis cette semaine, invite les citoyens à faire ainsi pression sur la société d’État pour que leurs produits soient consignés.

Il rappelle qu’au Québec, 86 % du verre placé dans les bacs de recyclage finit au dépotoir et que le reste devient de l’abrasif ou des matériaux de recouvrement.

« Ça n’a aucun sens que les bouteilles de vin ne soient pas recyclées, soutient l’étudiant de 23 ans. Le verre, c’est recyclable à l’infini. »

Or, ce qui est placé dans les bacs de recyclage se brise fréquemment et devient dès lors inutilisable, déplore M. Legault. De plus, les résidus contaminent les autres matières recyclables, sans oublier les travailleurs des centres de tri qui se blessent en manipulant du verre brisé.

Le mouvement « SAQ consigne » recommande d’installer des points de collecte près des boutiques afin de récupérer les bouteilles qui deviendraient, comme pour la bière, consignées. La mesure, dit le mouvement, permettrait de réduire les coûts de production du verre, les frais de transport et l’impact sur l’environnement.

Plan

Le Québec et le Manitoba sont les deux seules provinces à ne pas avoir imposé de consigne sur leurs bouteilles de vin et de spiritueux, dit Alexandre Legault. « Mais on a un gouvernement qui n’a pas de plan écologique. Alors on va leur en lancer un ! »

Il estime qu’une consigne « ne coûterait pas si cher » et que les retombées économiques seraient importantes. « C’est un enjeu environnemental qui traîne depuis trop longtemps. »

Les retours doivent se faire « dans la bonne humeur et la courtoisie, tout en signifiant qu’on souhaite la consigne », précise « SAQ consigne » dans un communiqué. Le mouvement mentionne que les employés de la société d’État appuient cette démarche puisque leur syndicat est en faveur d’une consigne depuis plusieurs années.

Les bouteilles retournées seront toutefois déposées dans les bacs de recyclage conventionnels. La SAQ vend chaque année 220 millions de bouteilles de vin.

Selon un sondage SOM, 91 % des Québécois sont favorables à une consigne sur les bouteilles de vin et de spiritueux. Le syndicat des Métallos-FTQ rappelle pour sa part que l’unique usine de bouteilles de verre au Québec, la Owens Illinois de Montréal, doit importer du verre broyé à grands frais pour sa production.

Priorité

Interrogée en mai 2018, la SAQ s’était dite ouverte à une éventuelle consigne, tout en précisant que la décision ne lui revenait pas. Un projet de nouveau système de consigne avait été préparé par l’ancien ministre de l’Environnement David Heurtel, mais il n’a jamais été approuvé par la haute direction de la SAQ ou le ministère des Finances.

Du côté du nouveau ministre des Finances, Éric Girard, on ne semble pas disposé à revenir sur cette décision. Sa porte-parole Fanny Beaudry-Campeau a indiqué à La Voix de l’Est que la priorité du gouvernement de la CAQ est plutôt « de moderniser nos centres de tri et tendre vers le résidu ultime ».

« Il faut moderniser le système de récupération en sensibilisant encore plus la population à l’utilisation du bac bleu », dit Mme Beaudry-Campeau.

Selon une étude commandée par la SAQ en 2015, un système indépendant de recyclage de bouteilles de verre, avec plus de 500 points de collecte, coûterait 250 millions de dollars sur cinq ans à mettre en place.