L'ex-journaliste devenue auteure France Gauthier s'intéresse depuis plusieurs années à la conscience humaine et elle raconte, dans sa dernière conférence, la beauté des deniers moments de sa grande amie Anne-Marie Séguin.

Mourir dans la légèreté

« J'ai tenu la main d'Anne-Marie jusqu'à la fin. J'étais là quand elle est partie. Ça m'a beaucoup réconciliée avec le passage de la vie à la mort. »
L'auteure et ancienne journaliste à la télévision France Gauthier présentera sa conférence, L'insoutenable légèreté de mourir, à Sherbrooke le 18 avril. Dans cette conférence, Mme Gauthier raconte la richesse des derniers moments de sa grande amie Anne-Marie Séguin et témoigne de la sensation qu'elle a ressentie lors de la grande envolée de sa complice.
Mme Séguin avait fait l'objet d'un documentaire, La mort m'a dit, diffusé à Canal D et à Radio Canada. Elle avait également touché les Québécois lors de son passage à l'émission Tout le monde en parle. Atteinte d'un cancer, Mme Séguin s'était donné le mandat d'approcher la mort autrement. Dans la joie. Comme une célébration. Elle est décédée le 20 août dernier à Magog.
« La dernière fois et la seule fois que j'avais assisté à un décès auparavant, c'était celui de ma vieille tante. J'avais 20 ans et ça m'avait complètement révoltée. Ça m'avait laissé un goût amer de la voir prendre une inspiration aux deux minutes et d'avoir l'impression qu'elle s'étouffe » se souvient la conférencière qui vit à Waterville.
« Mais quand Anne-Marie est partie, j'ai ressenti la légèreté de la sortie de corps, je ne peux pas l'exprimer autrement. Je ne l'ai pas vue, pas entendue, mais je l'ai ressentie : une sérénité exceptionnelle face à la mort. Ça s'est imprégné en moi », mentionne Mme Gauthier, ajoutant que la vie est composée de petites, de moyennes et de grandes morts.
« Et si Anne-Marie ressentait une joie extatique en pensant au passage vers la vie après la vie, pourquoi je devrais, de mon côté, pleurer et me morfondre. Pourquoi ne pas célébrer? » demande celle qui est convaincue que la conscience survit au corps physique et que cela n'a rien à voir avec les croyances judéo-chrétiennes.
De journaliste d'enquête à femme en quête
Mme Gauthier et Mme Séguin se sont rencontrées alors qu'elles travaillaient sur le plateau de l'émission Claire Lamarche à la fin des années 1990. Elles se sont liées d'amitié et sont devenues graduellement « jumelles d'âme ». 
Le parcours de Mme Gauthier a été complètement chamboulé à la même époque lorsque Claire Lamarche l'envoie rencontrer une médium qui communique avec les morts. « Cette rencontre m'a revirée comme une crêpe. Avant, j'étais une journaliste d'enquête. Maintenant, je suis une femme en quête. La conscience humaine dans tous ses états est devenue mon dada. J'écris sur le sujet, j'ai fait des recherches et j'ai rencontré des centaines de personnes qui ont vécu des éveils et des scientifiques qui s'intéressent à cela », souligne l'auteure de sept livres dont le premier, On ne meurt pas, s'est vendu à 50 000 exemplaires.
La conférence aura lieu le 18 avril, de 19 h à 21 h, dans les locaux de Sercovie. Pour plus d'information : conferencesherbrooke@gmail.com