Le Club de motoneige Harfang poursuit la pression pour que ses membres puissent emprunter le sentier longeant le chemin Laliberté, près de l’autoroute 10.

Motoneiges: qui de la Ville ou des propriétaires pliera?

Le Club de motoneige Harfang poursuit la pression pour que ses membres puissent emprunter le sentier longeant le chemin Laliberté, près de l’autoroute 10. Interpellés, les ministères des Transports et des Affaires municipales ne réviseront pas le dossier à moins qu’ils en reçoivent une demande formelle de la Ville de Sherbrooke. Celle-ci n’aurait pas l’intention de céder aux menaces des propriétaires des terrains concernés.

Rappelons que les propriétaires des terrains où transitent les motoneiges espèrent que l’affection rurale de leurs terres revienne à un zonage commercial. Dans l’espoir de forcer la main de la Ville, ils menacent de bloquer le sentier de motoneige si Sherbrooke n’accède pas à leur demande. La saison de motoneige serait alors compromise. Dans une résolution adoptée à l’unanimité le 21 octobre, la Ville de Sherbrooke rejetait toutefois cette demande pour éviter l’étalement urbain. Une modification au schéma d’aménagement serait nécessaire pour modifier le zonage.

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Lundi, un représentant du ministre Bonnardel et un autre du maire de Sherbrooke se sont rendus le long du chemin Laliberté pour constater l’importance du sentier.

« Le représentant du ministre nous a dit qu’il ferait tout en son pouvoir pour rétablir le zonage initial, mais il veut éviter de créer une jurisprudence. On ne veut pas créer un problème ailleurs, alors on marche sur des œufs », explique Marc Lachance, vice-président au développement des sentiers du club de motoneige Harfang.

« J’ai l’intention de retourner au conseil municipal pour essayer d’avoir une résolution des élus favorable à un retour du zonage initial. Nous pourrions ensuite nous en servir comme levier auprès du ministre. Pour l’instant, c’est tout ce que nous pouvons faire. Cette action est nécessaire pour sauver tout un réseau de motoneige. C’est un axe principal comme l’autoroute 10 ou la rue King pour les voitures. Ce sera encore de ramener le point économique. On veut s’assurer de présenter un dossier solide au ministère. »

Chez Bonnardel

Au bureau du député et ministre François Bonnardel, on confirme que des rencontres constructives se sont tenues dans les derniers jours. On y indique que le ministère des Affaires municipales serait prêt à étudier une modification au schéma d’aménagement, si des zones rurales étaient ajoutées ailleurs en ville, à la condition que le conseil municipal de Sherbrooke adopte une résolution à cet effet.


« Nous ne modifierons pas le zonage parce que des citoyens veulent prendre des motoneigistes en otage. »
Vincent Boutin, président du comité consultatif d’urbanisme

Si le ministre Bonnardel se montre sensible à l’importance économique de la motoneige, il ne s’ingérera pas dans les décisions de la Ville de Sherbrooke. Il compte néanmoins acheminer une lettre à la Ville pour rappeler l’importance des sentiers pour la région.

Vincent Boutin

Le président du comité consultatif d’urbanisme de la Ville, Vincent Boutin, rapporte que la recommandation de son comité émanait purement de considérations urbanistiques. « On s’est demandé si on voulait plus de commerces dans ce secteur, et la réponse est non. Nous ne voulons pas ouvrir cette porte, d’autant plus que nous avons fait l’inventaire des commerces disponibles en ville et il y a encore de l’espace dans ce qui est construit. Nous nous sommes demandé s’il était cohérent, en 2019, de contribuer à l’étalement urbain. Urbanistiquement parlant, ce n’est pas une bonne idée. Nous ne modifierons pas le zonage parce que des citoyens veulent prendre des motoneigistes en otage. »

M. Boutin reconnaît qu’il faut néanmoins travailler avec les propriétaires et les motoneigistes pour trouver une solution. « Si la clé passe par un changement de zonage, ce n’est pas la bonne voie. »

Au cabinet de la mairie, l’attaché de presse Sylvain Vessiot dit qu’il est trop tôt pour savoir si une nouvelle résolution sera soumise au conseil municipal. « À la fin, nous pourrons dire que nous avons tout essayé pour trouver une solution. »

Selon les informations obtenues par La Tribune, le maire et les conseillers ne seraient pas sur la même longueur d’onde dans ce dossier. L’idée d’un compromis des propriétaires aurait toutefois été évoquée.

Marc Lachance demande par ailleurs aux motoneigistes d’approcher leur conseiller municipal.

Une des propriétaires de terrain, Michael Laroche, garantit pour sa part qu’il ne retirera jamais le droit de passage aux motoneigistes si la demande de changement de zonage est approuvée. « Si on ne croyait pas que ça pouvait fonctionner, on ne continuerait pas à discuter avec la Ville et les motoneigistes. Mon objectif, c’est que ce soit gagnant-gagnant pour tout le monde. »