La classe en forêt de l’enseignant Jonathan Baillargeon a d’abord fait l’objet d’un projet-pilote.
La classe en forêt de l’enseignant Jonathan Baillargeon a d’abord fait l’objet d’un projet-pilote.

Montessori prépare une rentrée sous les arbres

Isabelle Pion
Isabelle Pion
La Tribune
Depuis la rentrée 2019, la classe de Jonathan Baillargeon de l’école primaire Montessori passe deux demi-journées par semaine à l’extérieur. L’enseignant, ancien guide de plein air, adapte les apprentissages en fonction de la nature. Dès la fin août, deux classes additionnelles profiteront aussi de ce type d’enseignement qui s’installe lentement mais sûrement partout au Québec.

L’enseignant a suivi une formation à l’Île-du-Prince-Édouard pour parfaire ses connaissances. Il devait réaliser un stage, qu’il a effectué auprès de ses élèves. « C’est un projet que j’avais en tête depuis plusieurs années », souligne l’enseignant de deuxième et troisième années.

« Jonathan avait un très grand intérêt pour l’école en forêt. À la fin de l’année dernière, il nous avait demandé si c’était possible d’implanter le projet-pilote avec sa classe. On était très enthousiastes. Ça fait partie des valeurs de l’école d’être ancré avec l’environnement et la nature. Pendant toute l’année scolaire jusqu’à la COVID-19, il a fait la classe extérieure deux après-midis par semaine. À ce moment-là, on n’avait pas d’abri construit. Pendant les jours de pluie, il organisait son site avec des bâches. C’était vraiment chouette », souligne Sylvie des Rosiers, directrice de l’école primaire Montessori de Magog. L’emplacement de l’établissement privé permet d’avoir deux sites, un pour la période estivale, l’autre pour l’hiver. Une campagne de sociofinancement a été lancée dans la communauté afin de construire trois abris.

Dès la rentrée, trois classes (maternelle-première, deuxième — troisième, de même que troisième-quatrième) bénéficieront de ce type d’enseignement. « Il y a deux enseignants qui ont dit qu’ils voulaient mettre ça en pratique avec le soutien de Jonathan. Ça va contaminer les enseignants au fur et à mesure que ça va s’instaurer. »

« La nature, c’est très mathématique »

Plusieurs matières se prêtent à l’enseignement dans un cadre naturel. 

« La nature, c’est très mathématique. Les distances, les volumes… » énumère Mme des Rosiers. C’est sans compter le programme d’univers social, où l’on aborde les questions d’espaces et de territoires, tout comme les sciences naturelles. 

« J’essaie le plus possible d’aller chercher les différentes matières. J’essaie de consolider des acquis ou d’initier certaines compétences », note M. Baillargeon. 

Un des défis a été de trouver l’équilibre entre l’enseignement et l’envie, pour les enfants, d’avoir du temps libre. « L’an passé, ça a été le défi, de trouver cet équilibre », commente-t-il. 

Parce que les enfants ont beau avoir envie de jouer dehors, l’enseignant, lui, doit tout de même atteindre les objectifs du programme de formation de l’école québécoise. Pendant l’année scolaire 2020, l’enseignant passera une journée complète à l’extérieur avec ses élèves. Un des abris sera aménagé pour l’hiver.

Jonathan Baillargeon observe plusieurs retombées positives du projet-pilote. « Le premier aspect, c’est au niveau de la cohésion des groupes. Il y a certaines relations entre jeunes qui apparaissaient en forêt et qui n’apparaissaient pas en classe. » Et puis, il y a aussi des avantages auprès d’élèves anxieux ou qui « ont la bougeotte ». Certains se montrent plus concentrés sur les tâches à accomplir. Il souligne ne pas avoir rencontré de difficulté même avec les enfants qui ont des conditions particulières.

L’école accueillera environ 160 élèves à la fin août, de la maternelle à la sixième année.