Les sentiers « illicites » de vélo de montagne dans le mont Bellevue sont fermés depuis lundi, alors que des travaux ont été entrepris par la Ville de Sherbrooke.
Les sentiers « illicites » de vélo de montagne dans le mont Bellevue sont fermés depuis lundi, alors que des travaux ont été entrepris par la Ville de Sherbrooke.

Mont Bellevue : des cyclistes dénoncent les travaux

Les travaux entamés lundi au mont Bellevue ne font pas que des heureux parmi les amateurs de vélo de montagne. Plusieurs se désolent de voir un terrain de jeu disparaitre sous le travail de la machinerie lourde.

Rappelons qu’on a entrepris lundi matin le démantèlement des quelque neuf kilomètres de sentiers de vélo de montagne jugés « illicites » dans la zone J.-S. Bourque du mont Bellevue. Annoncés en février dernier, ces travaux se dérouleront exclusivement dans la zone appartenant à l’Université de Sherbrooke.

« Il y a une autre pandémie dont a longtemps parlé l’Organisation mondiale de la santé, c’est l’obésité chez les jeunes, lance le Sherbrookois Guillaume Paquette. Le Québec veut faire bouger les 12 à 17 ans. Ces sentiers étaient là depuis des années et c’était parfait pour inciter les jeunes à bouger. » 

« Je ne comprends pas qu’une université avec une faculté d’éducation physique fasse ça! Il faut que l’expérience soit adéquate pour attirer les jeunes. C’est ce que permettaient ces pistes », ajoute cet enseignant ayant offert des cours d’éducation physique dans le passé.

Le secteur J.-S. Bourque a fait l’objet de développement non autorisé de sentiers et d’infrastructures au cours des dernières années, ce qui pose un problème environnemental et de sécurité, avancent les autorités.

M. Paquette fait remarquer que les sentiers en question permettaient la pratique du vélo de montagne de type « enduro ». « Maintenant, pour en faire, il faudra aller ailleurs, comme à Bromont. Pour l’environnement, ce n’est pas terrible », dit-il lors d’un entretien téléphonique accordé à La Tribune.

« Ça permettait à bien des cyclistes sherbrookois de partir de la maison et de se rendre à la montagne sans prendre la voiture. »


« Personne ne s’occupait de ces pistes parce qu’elles étaient jugées illégales. »
Guillaume Paquette

Guillaume Paquette convient que d’autres pistes seront aménagées, mais elles seront plus adaptées pour les débutants. Rien ne certifie que d’autres pistes illicites n’apparaîtront pas dans le futur, fait-il valoir aussi. Le Sherbrookois souligne par ailleurs qu’il serait plus facile d’aménager des sentiers pour piétons que des pistes pour cyclistes en montagne.

« Personne ne s’occupait de ces pistes parce qu’elles étaient jugées illégales. C’est normal qu’il y aurait eu du travail à faire pour les rendre plus sécuritaires et plus respectueuses de l’environnement », plaide-t-il.

Un autre adepte qui désire garder l’anonymat s’insurge de voir ce « saccage » de ces pistes dont il connaît chaque roche, souche et racine à éviter en roulant. « Je roule là depuis que j’ai 15 ans », déclare ce trentenaire.

« Ce qui se passe là avec la machinerie ce n’est pas évident au niveau écologique non plus. »

Selon lui, on vient de loin pour pratiquer ce sport dans la montagne. « Des cyclistes de Québec et de Montréal viennent rouler ici. C’est des retombées pour la ville », signale-t-il, en voyant les équipes d’employés municipaux à l’œuvre.

« Il est trop tard. Tout est brisé ».