« C'est quand même préoccupant quand il y a des situations où le monoxyde pénètre dans les maisons. C'est assez rare, mais il faut être vigilant quand il y a des travaux de dynamitage. De plus en plus, il y en a près des maisons. Il faut s'en préoccuper », a commenté lundi soir Stéphane Simoneau, directeur du Service de protection contre les incendies de Sherbrooke.

Monoxyde de carbone: deux familles évacuées après un dynamitage

Deux familles du secteur Ascot ont dû évacuer leur résidence, dans la nuit de vendredi à samedi, après qu'un détecteur de monoxyde de carbone eut sonné. Les émanations du gaz ont été provoquées par les activités de dynamitage au coin des rues Thibault et Dunant, plus tôt en journée. Une des familles a été évacuée par mesure préventive.
Mélanie Pelletier et Dominique Vigneux-Parent
Dominique Vigneux-Parent et Mélanie Pelletier, deux citoyennes du secteur, se sont d'ailleurs présentées au conseil municipal lundi pour déplorer la situation. Elles ont affirmé que les gens du quartier ne se sentent plus en sécurité.
Stéphane Simoneau, directeur du Service de protection contre les incendies de Sherbrooke, raconte le fil des événements.
« Les travaux ont eu lieu dans la journée de vendredi. Vers 2 h 30 du matin samedi, nous avons reçu un appel pour la présence de monoxyde. Un détecteur sonnait. Arrivés sur place, nos pompiers ont constaté que dans l'environnement de la résidence, il y avait présence de monoxyde. Nous avons suivi les procédures et nous avons fait des vérifications dans un périmètre de 100 mètres pour nous assurer qu'il n'y avait pas d'autres maisons contaminées. »
«Détecteur défectueux»
Le détecteur dans une deuxième maison n'avait pas encore sonné. « Le détecteur ne se mettra pas en marche seulement au contact du gaz, mais quand il y aura une certaine concentration, un certain temps d'exposition. Nous n'avons pas de doute qu'un détecteur est défectueux, mais nous avons demandé à l'entrepreneur de changer les détecteurs qui n'ont pas sonné. L'entrepreneur avait suivi les règles de la Régie du bâtiment, soit d'installer de la détection dans chacune des résidences. On voit que ce n'est pas suffisant pour cette situation et nous avons demandé un rehaussement. »
La famille hospitalisée a obtenu son congé de l'hôpital. Elle n'a toutefois pas pu réintégrer son domicile pendant la fin de semaine. « La migration des gaz est un peu particulière. Ça peut dépendre d'une fissure dans le roc qui nous amènera plus à une maison qu'une autre. Ce ne sont pas toutes les maisons qui sont à risque, mais nous ne prenons pas de chances. Aucun travail n'était prévu en fin de semaine. Nous avons continué à prendre des lectures et nous avons demandé aux deux familles de ne pas réintégrer. 
« C'est quand même préoccupant quand il y a des situations où le monoxyde pénètre dans les maisons. C'est assez rare, mais il faut être vigilant quand il y a des travaux de dynamitage. De plus en plus, il y en a près des maisons. Il faut s'en préoccuper », ajoute M. Simoneau.
Travaux suspendus
Les travaux demeureront arrêtés tant que cinq mesures supplémentaires ne seront pas mises en place. « Avant de reprendre les travaux, l'entrepreneur devra faire une tranchée pour éviter la migration du gaz. On lui a aussi demandé de retirer 100 voyages de roche. Ç'a un effet bouchon. Les gaz ne peuvent pas s'évacuer dans l'air libre et ça les pousse vers les résidences par les drainages. Nous avons demandé un détecteur par étage des résidences dans le périmètre de 100 mètres. Toutes les mesures sont aux frais de l'entrepreneur. Nos services s'occuperont de faire l'audit pour vérifier que toutes les installations sont conformes avant de reprendre le dynamitage. »
Ce sont 32 maisons qui ont été munies de détecteurs de monoxyde de carbone.