Monde

Bosnie: obsèques de 86 victimes, 27 ans après un massacre

PRIJEDOR — Des centaines de personnes ont assisté samedi aux obsèques de 86 victimes d'un massacre commis au début de la guerre de Bosnie (1992-95) par les forces serbes contre des détenus bosniaques (musulmans) de Prijedor (nord-ouest).

Les restes de ces victimes, des hommes, dont plusieurs adolescents, ont été découverts en 2017 dans une fosse commune à Koricanske Stijene, une région montagneuse de Bosnie centrale.

Ces restes se trouvaient au fond d'un ravin et ils étaient couverts par une énorme quantité de pierres.

Ils faisaient partie d'un groupe de plus de 200 civils, notamment des Bosniaques, mais aussi plusieurs Croates (catholiques), qui avaient préalablement été détenus dans un camp à Trnopolje, dans la région de Prijedor.

Le 21 août 1992, ils avaient été emmenés, officiellement pour un échange de détenus. Mais lorsque le convoi est arrivé dans localité de Koricanske Stijene, ils ont été sortis des bus, alignés en haut d'un ravin et exécutés, selon plusieurs verdicts prononcés par la justice locale contre des membres des forces serbes de Bosnie.

Il s'agit de l'un des épisodes les plus macabres du conflit intercommunautaire bosnien qui avait fait près de 100 000 morts.

Medina Garibovic, 29 ans, qui vit aujourd'hui en Suisse, est venue assister à l'enterrement de son père Sefik, qui avait à l'époque 35 ans.

«On s'était séparés en mai 1992 à la gare ferroviaire de Trnopolje [un village de Prijedor]. Ma mère, ma soeur et moi, nous étions parties d'abord en Slovénie. Il devait nous rejoindre une semaine plus tard. Mais il a été amené dans le camp de Trnopolje et il n'est plus jamais rentré», raconte à l'AFP cette jeune femme.

Sefik Garibovic est monté à bord d'un bus qui l'a conduit à Koricanske Stijene. Tout comme Himzo Mrkalj, dont la plupart des restes ont aussi été trouvés lors des exhumations en 2017.

«Lors d'une première exhumation, on avait trouvé un os et deux dents de mon mari. Maintenant, on a trouvé plus de restes et nous avons décidé de l'enterrer», dit à l'AFP Nasima Mrkalj, 71 ans, l'épouse de Himzo.

«D'un côté, je suis contente, mais la douleur est plus grande que cette satisfaction», ajoute cette femme qui vit au Danemark.

À ce jour, 181 victimes du massacre de Koricanske Stijene ont été retrouvées et identifiées, dont 176 Bosniaques et cinq Croates, selon Mujo Begic, un responsable de l'Institut bosnien pour les personnes disparues.

Après la prise de contrôle de la région de Prijedor, en avril 1992, les forces serbes y ont tué quelque 3200 personnes, dont 250 femmes et une centaine d'enfants, selon des associations de victimes. Quelque 650 personnes sont toujours portées disparues.

Monde

Chine: 15 morts dans une énorme explosion dans une usine

PÉKIN — Une énorme explosion dans une usine de gazéification a fait 15 morts vendredi dans le centre de la Chine, ont annoncé les médias d'État samedi.

La déflagration a également blessé grièvement une quinzaine de personnes, tandis que d'autres souffrent de blessures plus mineures, selon le Quotidien du peuple.

Le sinistre s'est produit vers 17h45 (5h45, heure du Québec) dans un atelier de l'usine Henan Coal Gas (Group) située dans la localité de Yima, dans la ville de Sanmenxia, à environ 900 kilomètres au sud-ouest de Pékin, selon l'agence de presse Chine nouvelle.

Il a touché une unité de séparation de l'air de l'usine mais pas les zones des réservoirs de gaz, a précisé l'agence, citant une source auprès des autorités locales. L'usine est à l'arrêt.

L'explosion a fait voler en éclats les vitres et portes des immeubles dans un rayon de trois kilomètres, «et certaines portes situées à l'intérieur ont également été soufflées par l'explosion», a rapporté la télévision d'État CCTV sur son compte sur le réseau social Weibo.

CCTV a diffusé des vidéos montrant un énorme champignon de fumée gris, des vitres de bâtiments brisées, des débris jonchant le sol, des habitants paniqués et des médecins en blouse blanche auprès de blessés tenant des mouchoirs sur leur tête en sang.

Une usine de gazéification permet généralement de convertir des matières carbonées ou organiques en gaz, utilisables ensuite pour la production d'électricité, de piles à combustible ou encore d'énergie.

Une longue série

Des explosions accidentelles surviennent régulièrement dans le secteur industriel en Chine, où souvent les normes de sécurité ne sont pas strictement appliquées.

En mars, l'explosion d'une usine chimique à Yancheng, ville située à 260 kilomètres au nord de Shanghai, a causé la mort de 78 personnes et dévasté des habitations sur plusieurs kilomètres à la ronde. L'entreprise avait dans le passé été épinglée à plusieurs reprises pour des manquements à la réglementation en matière d'environnement.

Les autorités avaient arrêté plus d'une vingtaine de personnes après cette explosion du mois de mars et le gouvernement avait ordonné une inspection au plan national des usines chimiques.

En novembre 2018, une fuite de gaz dans une usine chimique a provoqué une explosion qui a fait 24 morts, à Zhangjiakou, une ville-hôte des prochains Jeux olympiques d'hiver 2022, située à environ 200 kilomètres au nord-ouest de Pékin.

Mais l'un des plus graves accidents industriels est celui survenu en 2015 à Tianjin (nord) : une gigantesque explosion dans un entrepôt de produits chimiques avait fait au moins 165 morts dans cette grande ville portuaire, à quelque 120 kilomètres de Pékin.

Le site industriel incriminé stockait quelque 700 tonnes de cyanure de sodium hautement toxique, parmi des milliers de tonnes d'autres composants chimiques dangereux.

L'ancien maire de la ville, qui avait dirigé le comité chargé de gérer la catastrophe, a été condamné en 2017 à 12 ans de prison pour corruption.

Monde

Attentat contre Hitler: l'Allemagne honore ses héros

BERLIN — L'Allemagne a rendu un hommage appuyé samedi aux auteurs de l'attentat manqué contre Hitler il y a 75 ans et à leur meneur controversé Claus von Stauffenberg, à un moment où l'extrême droite tente de s'approprier leur héritage.

«Il y a des moments où la désobéissance peut être un devoir», a jugé la chancelière Angela Merkel dans un discours lors d'une cérémonie à Berlin devant les jeunes recrues de l'Armée allemande.

L'opération «Walkyrie», coup d'État impliquant plusieurs milliers de militaires et civils, est l'acte le plus célèbre de résistance contre le régime hitlérien.

Le 20 juillet 1944, l'officier aristocrate von Stauffenberg dépose un explosif à retardement dissimulé dans sa sacoche lors d'une réunion au quartier général du Führer «la Tanière du loup», près de Rastenburg, aujourd'hui en Pologne.

La tentative d'assassinat échoue et le putsch est arrêté net. Hitler s'en sort avec de légères blessures. Le colonel, qui a participé à la campagne africaine du maréchal Rommel où il a perdu un oeil et une main, et trois autres conjurés sont fusillés le soir même.

«Malaise»

«Encore aujourd'hui, il subsiste de l'incompréhension et du malaise» vis à vis de l'attentat du 20 juillet, a reconnu la chancelière. Aussi car son auteur emblématique était un officier de l'armée, selon elle.

S'il fait souvent figure d'indéniable héros à l'étranger, comme dans un film hollywoodien avec Tom Cruise en 2008, le personnage continue de faire débat en Allemagne, où ses détracteurs lui reprochent une reconversion jugée tardive de sympathisant nazi en organisateur d'attentat.

Il fut aussi longtemps considéré comme un «traître» dans une société encore imprégnée par les années du nazisme, souligne par ailleurs Johannes Tuchel, directeur du Mémorial, dans une tribune au quotidien berlinois TAZ.

Dans la zone d'occupation soviétique à l'est, c'est plus son élitisme et sa «révolution de palais», selon l'expression du grand résistant Anton Ackermann, qui s'accordaient mal aux idéaux populaires communistes.

«Pour nous, Stauffenberg était un lâche, qui n'avait pas utilisé un pistolet mais un explosif avec minuteur pour s'en sortir indemne», se souvient Kurt Salterberg, un soldat présent le jour de l'attentat, dans un entretien au Frankfurter Allgemeine Zeitung. Mais à l'époque, «un simple soldat ne savait rien des atrocités des nazis», rappelle-t-il.

Il faudra attendre les années 1980 pour que la résistance au nazisme soit véritablement reconnue. L'attentat du 20 juillet ainsi que le destin des étudiants du groupe «La Rose blanche», décapités pour avoir distribué des tracts contre le régime, en sont devenus les emblèmes.

Monde

Deux ossuaires inspectés au Vatican pour tenter d'élucider le mystère Orlandi

CITÉ DU VATICAN — Un nouveau chapitre de l'énigme autour d'Emanuela Orlandi, fille d'un employé du Vatican disparue il y a 36 ans, s'est ouvert samedi dans la cité papale, avec l'inspection de deux ossuaires dans l'espoir d'y trouver des réponses.

Des ossements ont été extraits dans la matinée dans le sous-sol du Collège pontifical teutonique et leur analyse morphologique, qui a débuté sur place, «se poursuivra samedi 27 juillet», a indiqué le Saint-Siège dans un communiqué.

«On ne s'attendait pas à autant d'ossements. Des milliers d'os ont été retrouvés, donc nous imaginons qu'ils correspondent à des dizaines de personnes», a déclaré à la sortie du cimetière allemand du Vatican Giorgio Portera, généticien désigné par la famille Orlandi.

Il a précisé que les ossements étaient de différentes tailles et qu'ils appartiennent aussi bien à des sujets adultes qu'à des enfants.

«Ce sont des expériences très fortes parce qu'il pourrait y avoir les os de ma soeur. Mais on ne veut pas y penser tant que nous n'avons pas les résultats», a réagi de son côté Federica Orlandi, la soeur de la disparue.

Les opérations d'expertise sont conduites par le professeur Giovanni Arcudi (spécialiste en médecine légale désigné par le Vatican) et son équipe en présence d'un expert nommé par la famille Orlandi, «selon des protocoles reconnus au plan international», a précisé le Saint-Siège.

Les proches d'Emanuela Orlandi ne désespèrent pas de découvrir des indices qui les aideraient à comprendre ce qui est arrivé à l'adolescente de 15 ans, citoyenne du Vatican, qui n'a plus donné signe de vie depuis sa sortie d'un cours de musique à Rome le 22 juin 1983.

Les deux ossuaires ont été découverts à la suite de l'ouverture, le 11 juillet, des tombes de deux princesses inhumées au XIXe siècle dans le cimetière allemand du Vatican, dans l'espoir de trouver les restes d'Emanuela Orlandi.

L'été dernier, l'avocate des Orlandi avait reçu un mystérieux message anonyme avec les mots «Cherchez à l'endroit où pointe l'ange», accompagné du cliché d'une tombe avec un angle sculpté, semblant appartenir au cimetière teutonique.

Percer le mystère

La famille avait alors déposé une demande de vérification de la tombe et le Vatican a finalement ouvert les deux tombes jouxtant l'ange.

Mais elles étaient vides : pas de trace d'Emanuela Orlandi, ni même de la princesse Sophie von Hohenlohe (morte en 1836) et de Charlotte-Frédérique de Mecklembourg (morte en 1840), censées y être inhumées.

Les experts estiment que les restes des deux princesses auraient pu être transférés dans les ossuaires lors de travaux réalisés au Collège pontifical et au cimetière entre les années 1970 et 1980. Mais Emanuela Orlandi a disparu des années plus tard.

L'affaire Orlandi avait connu une énième péripétie fin octobre 2018 après la découverte de restes humains lors de travaux dans un bâtiment du parc de l'ambassade du Vatican à Rome.

La presse s'était emballée mais des examens scientifiques avaient conclu que les ossements, très anciens, n'étaient pas ceux d'Emanuela.

Parmi les initiatives prises en plus de 30 ans pour percer le mystère, la justice italienne avait fait ouvrir en 2012 dans une basilique romaine la tombe d'Enrico de Pedis, ancien chef de la bande de la Magliana, qui a terrorisé Rome dans les années 1970-1980. Elle ne contenait que la dépouille de l'homme, tué en 1990 dans un règlement de comptes.

La sépulture du «boss», soupçonné d'appartenir à la fois à la mafia, à la loge maçonnique P2 et à des secteurs de la finance du Vatican, avait été transférée dans la basilique, un privilège rare facilité par un prêtre qui l'avait connu en prison.

Une ex-maîtresse du malfrat avait affirmé qu'il avait enlevé Emanuela Orlandi et coulé son corps dans le béton.

Selon certaines thèses, l'adolescente a été enlevée par ce groupe criminel pour recouvrer un prêt auprès de l'ancien président américain de la banque du Vatican (IOR), Paul Marcinkus.

D'autres affirment qu'elle a été kidnappée pour arracher la libération de Mehmet Ali Agca, le Turc qui avait tenté d'assassiner le pape Jean Paul II en 1981. Mais rien de cela n'a jamais été prouvé.

Monde

Plus de 20 000 manifestants à Moscou pour réclamer des élections locales libres

MOSCOU — «La Russie sera libre!», «Honte!», «C'est notre ville!» : plus de 20 000 personnes, dont des figures de l'opposition russe, se sont rassemblées samedi dans le centre de Moscou pour réclamer des élections locales libres et équitables.

L'opposition avait appelé à cette manifestation après que les autorités russes ont invalidé l'enregistrement d'une soixantaine de candidats à l'élection du Parlement de la ville de Moscou, un scrutin prévu en septembre.

«C'est de toute évidence le plus grand rassemblement d'opposition de ces dernières années», a affirmé sur Twitter l'opposant au Kremlin et blogueur anticorruption Alexeï Navalny, présent sur place avec ses alliés, indiquant n'avoir pas participé à un événement de cette taille depuis 2012. À l'époque, une vague de protestation contre le retour de Vladimir Poutine à la présidence avait rassemblé jusqu'à 100 000 personnes.

Selon l'ONG White Counter, spécialisée dans le comptage des manifestants, au moins 22 500 personnes se sont réunies lors de ce rassemblement autorisé de près de deux heures, tandis que la police a évoqué le chiffre de 12 000 personnes.

«La Russie sera libre!» scandaient les protestataires encadrés par la police sur la large avenue Sakharov, certains brandissant des affiches «Poutine ment!» et «J'ai le droit de voter», ainsi que des drapeaux russes.

Lors d'un discours devant la foule, M. Navalny, 43 ans, a appelé les autorités à enregistrer tous les candidats avant samedi prochain. Dans le cas contraire, il a promis une nouvelle manifestation d'ampleur devant la mairie.

L'avocate Lioubov Sobol, 31 ans, exclue du scrutin et proche de Navalny, s'est dite persuadée d'une victoire. «Nous n'abandonnerons pas!» a-t-elle lancé. Egalement écarté du scrutin, l'opposant Ilia Iachine a indiqué à l'AFP qu'il manifestait pour «l'avenir de la Russie» : «J'ai vécu la moitié de ma vie sous Poutine, j'en ai assez».

«Nous sommes mécontents du non-respect des lois», a dénoncé par sa part Alexander Polovinkine, un étudiant de 21 ans.

Opposition exclue

Au terme d'une procédure de vérification, la Commission électorale de Moscou a exclu mercredi du scrutin 57 candidats, dont la quasi-totalité des opposants indépendants, pour des vices de forme ou des irrégularités que ces derniers dénoncent comme fabriqués de toutes pièces.

Lors d'élections régionales et locales, les Moscovites sont appelés aux urnes le 8 septembre pour renouveler le mandat de cinq ans des 45 députés du Parlement local, chargé de valider les décisions du maire Sergueï Sobianine, loyal au pouvoir.

Selon la loi, les candidats indépendants étaient censés rassembler les signatures d'au moins 3% de leurs électeurs potentiels dans chacun des 45 districts de Moscou, soit entre environ 4500 et 5000 personnes, pour avoir le droit de concourir.

Mais des candidats d'opposition parvenus à remplir ces exigences se sont indignés depuis une semaine contre une procédure de vérification opaque qui les a disqualifiés et avantage selon eux les candidats pro-pouvoir.

Privée de participation à des scrutins plus importants comme la présidentielle, l'opposition s'est fortement mobilisée pour ces élections à Moscou, espérant obtenir ainsi son mot à dire dans la gestion du budget faramineux de la capitale russe, évalué à 2700 milliards de roubles (environ 56 milliards $CAN).

Dans un contexte de baisse des revenus et de stagnation économique, l'opposition entend aussi miser sur le mécontentement grandissant des Russes.

Ces derniers mois, plusieurs candidats du pouvoir ont été désavoués lors d'élections régionales au profit des communistes et nationalistes, tandis que le parti au pouvoir, Russie Unie, enregistre ses plus faibles scores depuis une dizaine d'années.

Monde

L'escargot, une calamité devenue poule aux oeufs d'or en Thaïlande

NAKHON NAYOK — Autrefois hantise des riziculteurs thaïlandais, des escargots géants sont désormais dorlotés pour leur précieuse bave, prisée par l'industrie cosmétique, notamment en Corée du Sud et aux États-Unis.

«Ce sont des fermiers qui me vendent les escargots. Avant ils trouvaient ces escargots qui détruisaient leurs récoltes et les jetaient sur la route ou dans des rivières», explique Phatinisiri Thangkeaw, enseignante reconvertie en éleveuse d'escargots pour arrondir ses fins de mois, de l'ordre de 10 000 à 20 000 bahts par mois (424 à 847 $CAN).

«Mais maintenant ils les vendent», ajoute-t-elle, après avoir donné du potiron et des concombres de son jardin à son millier d'escargots, entre deux grosses averses de mousson.

Située à deux heures de Bangkok, la province de Nakhon Nayok où elle habite est très rurale. Au total, ce sont plus de 80 fermiers qui y ont monté de petits enclos à escargots, à l'orée de leurs champs ou plantations.

Ils vendent chaque mois à une entreprise de cosmétiques thaïlandaise plusieurs litres de bave d'escargots, patiemment récoltée lors d'un processus de «traite» consistant à stimuler les glandes de l'escargot en lui faisant couler de l'eau dessus, à l'aide d'une pipette. La bave est ensuite purifiée dans un laboratoire d'Etat et commercialisée.

Monde

Les États-Unis fêtent les premiers pas de l'humanité sur la Lune

CAP CANAVERAL — Une nation rêveuse a célébré samedi le 50e anniversaire du «bond géant pour l'humanité», la fameuse phrase prononcée par Neil Armstrong au moment de marcher sur la Lune.

Au Centre spatial Kennedy de la NASA, l'astronaute Buzz Aldrin a montré au vice-président américain Mike Pence la rampe de lancement qui l'avait propulsé vers la Lune en 1969. Au même moment, à plusieurs milliers de kilomètres de là, un astronaute américain et ses confrères italien et russe ont décollé à bord d'une fusée russe pour se rendre à la Station spatiale internationale.

À Wapakoneta, dans l'Ohio, la ville natale de Neil Armstrong, près de 2000 personnes ont participé à «Course vers la Lune».

«Apollo 11 est le seul événement du XXe siècle à avoir la chance d'être largement reconnu au XXXe siècle», a déclaré M. Pence.

Au Musée du vol de Seattle, Gilda Warden, assise sur un banc, a admiré le module de commande d'Apollo 11. «C'est comme entrer dans la chapelle Sixtine et regarder le plafond. On veut rester là et le saisir», a dit cette infirmière psychiatrique de Tacoma, dans l'État de Washington.

Ce 20 juillet 1969, Armstrong et Aldrin se sont désamarrés du module de commandement et ont amorcé leur descente vers la lune à bord du module Eagle. Ils se sont posés sur la mer de la Tranquillité. Armstrong a été le premier humain à marcher sur la surface lunaire, proclamant : «C'est un petit pas pour [un] homme, c'est un bond de géant pour l'humanité».

Au cours de son discours prononcé devant le centre Kennedy, M. Pence a rendu hommage à Armstrong, à Aldrin et au pilote du monde de commande, Michael Collins. «S'ils ne sont pas des héros, alors il n'y a pas de héros», a-t-il dit. Il a aussi salué les 400 000 Américains qui ont travaillé sans relâche pour ce voyage lunaire.

Âgé de 89 ans, M. Aldrin a saisi la main droite du fils aîné de Neil Armstrong, Rick, lorsque le vice-président a mentionné le nom de ces héros. Il s'est ensuite levé et a salué la foule qui l'ovationnait. Neil Armstrong est mort en 2012. Quant à Michael Collins, aujourd'hui âgé de 88 ans, il n'était pas présent lors de la cérémonie. Harrison Schmitt, de la mission Apollo 17, l'avant-dernier homme à avoir marché sur la Lune en 1972, était là.

Retour sur la Lune

M Pence a aussi rappelé l'objectif du gouvernement Trump d'envoyer de nouveaux astronautes américains sur la Lune d'ici cinq ans, et sur Mars. Il a prédit que la nouvelle génération d'explorateurs de l'espace restera pendant des semaines, voire des mois, sur la surface lunaire, par seulement des jours et des heures comme les 12 qui y sont déjà allés.

D'autres commémorations se sont déroulées aux États-Unis, notamment dans une ville nommée Apollo, située dans le comté d'Armstrong, non loin de la ville de Mars et du canton de Moon, en Pennsylvanie. La société historique de la municipalité a décidé de relancer la célébration annuelle en l'honneur du jubilé d'or du voyage sur la lune. Tous les astronautes du programma Apollo ont été nommés citoyens d'honneur de la ville.

Au Yankee Stadium de New York, l'ancien astronaute de la navette spatiale Mike Massimino a effectué le lancer protocolaire à l'ancien artilleur des majeures Jack Aker, qui était au monticule lorsque la rencontre entre les Yankees et Senators de Washington (aujourd'hui les Rangers du Texas) a été interrompue pour annoncer l'alunissage d'Eagle. «[Armstrong et Aldrin] étaient A1, numéro 1, plus importants que les ligues majeures», a dit Aker.

«Je partage ce sentiment», a réitéré M. Massimino.

Monde

Londres exhorte Téhéran à «libérer» le pétrolier battant pavillon britannique

LONDRES — Le Royaume-Uni a exhorté samedi l'Iran à apaiser les tensions dans le Golfe en libérant le pétrolier battant pavillon britannique arraisonné dans le détroit d'Ormuz, une opération jugée «inacceptable» par Londres et qui suscite la crainte d'une nouvelle escalade.

Le chef de la diplomatie britannique Jeremy Hunt a annoncé que l'exécutif informerait lundi le Parlement des «mesures supplémentaires» que le Royaume-Uni compte prendre, mais que la «priorité» restait de «trouver un moyen de désamorcer la situation».

Mais «nous avons aussi besoin de voir un processus» d'apaisement côté iranien, a-t-il dit. «Nous avons besoin que ce navire soit libéré.»

Arraisonné vendredi pour «non respect du code maritime international» par les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de l'Iran, le tanker Stena Impero, dont le propriétaire est suédois, a été emmené au port de Bandar Abbas (sud de l'Iran), selon les autorités portuaires locales.

Cette saisie est survenue quelques heures après la décision de la Cour suprême de Gibraltar (extrême sud de l'Espagne) de prolonger de 30 jours la détention d'un pétrolier iranien, le Grace 1, arraisonné le 4 juillet par les autorités de ce territoire britannique, et soupçonné de vouloir livrer du brut à la Syrie en violation des sanctions européennes contre Damas. L'Iran a nié cette accusation et dit qu'il riposterait à cet acte de «piraterie».

Pour Jeremy Hunt, la saisie du Stena Impero est une mesure de représailles à celle du Grace 1.

«C'est oeil pour oeil, dent pour dent», a-t-il déclaré, assurant que les situations des deux pétroliers n'avaient rien à voir. «Le Grace 1 a été [saisi] légalement dans les eaux de Gibraltar [...] en violation des sanctions de l'UE. [...] Le Stena Impero a été saisi dans les eaux omanaises en violation flagrante du droit international».

Descente en rappel

Les Gardiens de la Révolution ont diffusé une vidéo censée montrer l'arraisonnement du Stena Impero : sur ces images, le navire est cerné par plusieurs vedettes, tandis que des hommes en tenue militaire, encagoulés, descendent en rappel sur le pétrolier.

«Notre action dans le Golfe persique consiste à faire respecter le droit maritime international», a affirmé sur Twitter le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, pour défendre l'arraisonnement du tanker.

«La Grande-Bretagne doit cesser d'être un auxiliaire du terrorisme économique des États-Unis», a ajouté M. Zarif, en allusion aux sanctions économiques rétablies par Washington après son retrait unilatéral de l'accord nucléaire en 2018.

Samedi, le chargé d'affaires iranien à Londres a été convoqué par le gouvernement britannique, qui a par ailleurs recommandé aux navires britanniques de rester «en dehors de la zone» du détroit d'Ormuz pour une «période provisoire».

L'Allemagne, la France, l'UE et l'Otan ont sommé l'Iran de relâcher le Stena Impero. «Une nouvelle escalade serait très dangereuse pour la région», a averti Berlin, après que les États-Unis ont dénoncé une «surenchère de la violence» de l'Iran. L'Otan «soutient tous les efforts diplomatiques pour résoudre cette situation».

Selon Allah-Morad Afifipoor, directeur général de l'Autorité portuaire et maritime de la province de Hormozgan où se trouve le navire, cité par l'agence Fars, le Stena Impero est «entré en collision avec un bateau de pêche» qui a «contacté le pétrolier mais n'a pas reçu de réponse».

Le bateau de pêche a alors informé l'Autorité portuaire de Hormozgan, qui a ouvert une enquête sur les «causes» de l'accident conformément «au droit international».

Le responsable iranien, cité ensuite par l'agence ILNA, a indiqué qu'une «autre raison» pour la saisie du pétrolier est qu'«il a continué sa route pendant un moment avec son transpondeur éteint».

Les 23 membres d'équipage sont tous à bord, a-t-il précisé. 18, dont le capitaine, sont de nationalité indienne et cinq autres de nationalité philippine, lettone ou russe.

Stena Bulk, le propriétaire suédois du pétrolier, a indiqué avoir reçu des informations émanant de sources portuaires locales, selon lesquelles l'équipage serait en «bonne santé».

Risque d'embrasement

La région du Golfe et du détroit d'Ormuz, par où transite un tiers du pétrole acheminé par voie maritime sur la planète, se trouve au coeur des tensions, sur fond de bras de fer entre l'Iran et les États-Unis.

La fin de semaine a été marquée par une polémique à propos d'un drone «iranien» que les Américains disent avoir abattu dans le détroit. Mais l'Iran a démenti, affirmant n'avoir perdu aucun drone.

Les tensions entre Téhéran et Washington se sont envenimées depuis le retrait américain de l'accord nucléaire de 2015. Elles ont été exacerbées par des sabotages ou des attaques qui ont visé depuis mai six navires dans la région du Golfe et ont été imputés par les États-Unis à l'Iran qui a démenti. Et elles ont atteint un pic le 20 juin avec la destruction par l'Iran d'un drone américain.

Au milieu de ces tensions faisant craindre un embrasement, l'Arabie Saoudite, allié des États-Unis et principal rival régional de l'Iran, a annoncé que pour la première fois depuis 2003 des forces américaines seraient déployées sur son sol.

Cela «aura un effet dissuasif supplémentaire et renforcera notre capacité [...] dans la région», a indiqué le commandement central des forces américaines.

Monde

Piratage des données: Equifax proche d'un accord

NEW YORK — L’agence de crédit américaine Equifax est proche d’un accord avec les autorités pour solder des enquêtes concernant le vol de données personnelles de près de 150 millions de clients aux États-Unis et dans le monde en 2017, rapporte vendredi le Wall Street Journal.

Ce compromis devrait comprendre une amende de 700 millions $ et pourrait être annoncé lundi, croit savoir le quotidien des milieux d’affaires américains, citant des sources anonymes.

Le montant pourrait toutefois encore évoluer, en fonction du nombre de plaignants s’étant joints à une action judiciaire en nom collectif (class action) contre le groupe, prévient le WSJ.

Cet accord, noué avec des États et deux agences fédérales responsables de la protection des consommateurs, devrait en effet mettre aussi fin à ce recours.

Les régulateurs devraient également demander à Equifax de renforcer ses procédures de contrôle, sa gestion des risques, ainsi que ses systèmes de sécurité.

Ce qui devrait coûter un peu plus de 1,25 milliard $ à l’entreprise, avance le Wall Street Journal.

Intrusion

Equifax, qui récolte et analyse les données personnelles de clients sollicitant un crédit, avait révélé début septembre 2017 une intrusion de mi-mai à fin juillet dans ses bases de données.

Les informations personnelles (noms, numéros de sécurité sociale, dates de naissance...) de plus de 147 millions de clients américains avaient été dérobés, avait révélé à l’époque l’entreprise. Le piratage avait également touché des clients au Canada et au Royaume-Uni.

Outre le piratage lui-même, une enquête avait été ouverte sur la vente d’actions par certains cadres dirigeants dans les jours ayant suivi la découverte de l’attaque.

Un dirigeant d’Equifax, Jun Ying, qui était directeur informatique d’une des branches d’activité du groupe aux États-Unis, avait été inculpé en mars 2018 de délit d’initié pour avoir exercé ses stock-options et liquidé ses titres bien avant l’annonce publique du piratage informatique, a annoncé la SEC, le gendarme de la Bourse.

Le précédent pdg du groupe, Richard Smith, avait démissionné et a été depuis remplacé par Mark Begor. 

Monde

Regain de tension dans le Golfe

TÉHÉRAN — L’Iran a annoncé vendredi avoir «confisqué» un pétrolier battant pavillon britannique dans le détroit d’Ormuz, après 24 heures de polémique avec Washington à propos d’un drone «iranien» que les Américains disent avoir abattu.

Londres s’est dit «extrêmement préoccupé» par «la saisie inacceptable» de «deux navires» par l’Iran. Il s’agit d’un bâtiment britannique et d’un autre battant pavillon libérien, a précisé le ministre des Affaires étrangères Jeremy Hunt. L’Iran n’a parlé que de la saisie d’un seul navire, le Stena Impero.

Le propriétaire britannique du deuxième pétrolier arraisonné, le Mesdar, a annoncé que ce navire avait été relâché et que tous les membres de l’équipage étaient sains et saufs.

Par le détroit d’Ormuz transite le tiers du pétrole acheminé par voie maritime sur la planète. Les États-Unis ont dénoncé une «surenchère de la violence» et l’Arabie Saoudite a annoncé que pour la première fois depuis 2003 et la fin de la guerre contre l’Irak, des forces américaines allaient prendre position sur son sol.

«Le roi Salman [...] a donné son accord pour accueillir des forces américaines afin d’accroître le niveau mutuel de coopération pour défendre la sécurité de la région et sa stabilité, et garantir la paix», a indiqué un porte-parole du ministère saoudien de la Défense, cité par l’agence de presse officielle SPA.

Cela «aura un effet dissuasif supplémentaire et renforcera notre capacité à défendre nos troupes et nos intérêts dans la région face à des menaces émergentes et crédibles», a indiqué dans un communiqué le commandement central des forces américaines.

La promesse du guide

Le Stena Impero a été arraisonné vendredi par la force navale des Gardiens de la révolution, l’armée idéologique de la République islamique, pour «non respect du code maritime international», selon un communiqué officiel iranien.

L’annonce de cette saisie est survenue quelques heures après la décision de la Cour suprême de Gibraltar de prolonger pour 30 jours l’immobilisation d’un pétrolier iranien, le Grace 1.

Le navire avait été arraisonné le 4 juillet par les autorités de Gibraltar, territoire britannique situé à l’extrême sud de l’Espagne, qui le soupçonnaient de livrer du brut à la Syrie en violation des sanctions de l’Union européenne contre Damas.

Téhéran nie cette accusation et dénonce un acte de «piraterie».

Mardi, le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, avait déclaré que l’Iran répondrait «au moment et à l’endroit opportuns» à cet acte de «malveillance».

Sur son canal Telegram, l’agence semi-officielle Isna a publié une vidéo des propos de M. Khamenei avec ce commentaire : «La promesse du guide de la Révolution s’est réalisée aujourd’hui».

«Surenchère de la violence»

À Washington, Garett Marquis, porte-parole du Conseil de sécurité nationale américain, a dénoncé une «surenchère de la violence du régime iranien».

Le président américain Donald Trump avait rejeté plus tôt les dénégations de Téhéran sur la destruction d’un drone iranien au dessus du détroit d’Ormuz, assurant n’avoir «aucun doute» sur le fait que le porte-hélicoptères USS Boxer avait abattu jeudi un appareil sans pilote iranien dans le détroit d’Ormuz.

Un responsable américain a indiqué sous couvert de l’anonymat que les États-Unis disposaient de «preuves claires» de la destruction du drone iranien.

La neutralisation du drone sans usage de missile, par le biais de brouilleurs puissants capables de rendre un appareil incontrôlable par exemple, pourrait expliquer l’absence de vidéo américaine, explique-t-on au Pentagone.

Le général de brigade et porte-parole des forces armées iraniennes Abdolfazl Shékarchi a qualifié d’«allégations délirantes et sans fondement» les affirmations américaines.

«Coup de poing»

La région du Golfe et du détroit d’Ormuz se trouve depuis plus de deux mois au cœur de vives tensions géopolitiques, sur fond de bras de fer entre l’Iran et les États-Unis, qui y ont renforcé leur déploiement militaire.

«Ce qu’il se passe cette semaine avec l’Iran n’a rien de surprenant», a tweeté vendredi Suzanne Maloney, du centre de réflexion Brookings. «C’est exactement la façon dont négocie l’Iran : le charme onctueux de [Mohammad Javad] Zarif [le ministre iranien des Affaires étrangères] en même temps qu’un coup de poing en pleine tête des Gardiens de la révolution».

Ce sont, selon l’experte, «les deux revers d’une même médaille».

Washington a accusé l’Iran d’une série d’actes de sabotage ou d’attaques ayant visé depuis mai six navires de part et d’autre du détroit d’Ormuz, dans le Golfe ou en mer d’Oman. Ce que Téhéran nie.

La tension entre les deux pays avait atteint un pic le 20 juin lorsque l’Iran avait abattu un drone américain qui, selon Téhéran, avait violé son espace aérien. M. Trump avait alors affirmé avoir annulé à la dernière minute des frappes de représailles le lendemain.

Monde

À 82 ans, Sue Finley vise toujours les étoiles

WASHINGTON — Lorsque Sue Finley s’est fait embaucher par le Jet Propulsion Laboratory près de Los Angeles, dans les années 1950, elle s’est retrouvée dans un service 100 % féminin.

«La femme qui en était à la tête [...] pensait que des hommes ne lui obéiraient pas, et elle n’embauchait donc que des femmes», raconte à l’AFP Sue Finley, aujourd’hui âgée de 82 ans, et plus ancienne salariée femme de la NASA.

L’histoire de Sue Finley illustre le parcours de tant de femmes de son époque. Sa contribution aux grands programmes spatiaux des États-Unis, ainsi que celle des femmes alors appelées «ordinateurs humains», est longtemps restée dans l’ombre, bien qu’essentielle : c’est grâce à ces femmes surdouées des mathématiques que Neil Armstrong et Buzz Aldrin ont pu marcher sur la Lune, il y a 50 ans. Leurs calculs ont permis de construire les fusées, de concevoir les carburants et de développer les antennes reliant les astronautes à la Terre.

Sue Finley a toujours aimé les chiffres. Au lycée, elle enchaînait les «A» et a gagné une compétition consistant à résoudre des équations de chimie dans sa tête.

Sa première orientation fut l’architecture, ce qui échoua, faute de qualités artistiques, dit-elle.

Alors elle a posé sa candidature pour devenir secrétaire dans une entreprise aérospatiale. Mais elle tapait mal à la machine et a raté le test d’embauche. «Ils m’ont demandé : “Vous aimez les chiffres?” J’ai répondu : “Oh, je préfère largement les chiffres aux lettres”», raconte-t-elle en riant. Ainsi commença sa carrière d’«ordinateur humain».

Le travail consistait à faire des calculs à la main et sur des machines électromécaniques appelées «Fridens».

C’est après avoir rencontré son mari, Peter Finley, qu’elle a eu l’idée de postuler au Jet Propulsion Laboratory, fondé par l’université Caltech, et qui est aujourd’hui le centre principal de la NASA pour l’exploration du système solaire.

Une autre raison de la préférence féminine du service, explique-t-elle aussi, est que «les femmes coûtent moins cher. C’est toujours le cas».

Une matheuse

Mais le travail était prestigieux et les femmes étaient respectées des hommes, se souvient Sue.

L’époque, pourtant, l’a rattrapée quand elle a voulu élever ses deux garçons, après le décès du premier fils du couple à la naissance. Elle a arrêté de travailler de 1963 à 1969 pour rester avec eux... avant de se rendre compte que la vie de mère au foyer la plongeait dans la dépression.

«J’étais complètement nulle comme femme au foyer», dit Sue. «Le psychologue m’a dit qu’il fallait vraiment que je retourne au travail».

La décision n’était pas banale. «Quand je suis retournée travailler comme mère et comme épouse, j’étais vraiment une pionnière de la libération des femmes».

L’un de ses plus grands faits d’armes, selon Nathalia Holt dans le livre Rise of the Rocket Girls, est d’avoir imaginé une solution de sauvetage pour la sonde Galileo, frappée en octobre 1989 par une grave anomalie.

L’une des antennes de la sonde ne s’était pas ouverte au moment de quitter l’orbite terrestre.

Sue Finley a alors fait partie de l’équipe qui a écrit un programme permettant de doper la capacité du réseau terrestre d’antennes de la Nasa afin qu’elles puissent écouter les faibles signaux envoyés par les autres antennes de Galileo.

Le programme a marché... permettant à Galileo d’envoyer sur Terre les images spectaculaires d’une comète en désintégration, ou encore la découverte d’une lune en orbite autour d’un astéroïde.

En 2019, l’ingénieure octogénaire a largement gagné sa retraite, mais n’a aucune intention d’en profiter, tant que la NASA a besoin d’elle.

Monde

Il y a 50 ans, les Américains Armstrong et Aldrin marchaient sur la Lune

WASHINGTON — Les quatre premiers jours du voyage d’Apollo 11 s’étaient déroulés comme à l’entraînement, mais une vingtaine de minutes avant l’alunissage, le 20 juillet 1969, les premiers problèmes ont surgi.

Les communications radio sont d’abord brièvement coupées avec la salle de contrôle, à Houston. Puis, en pleine descente, des alarmes retentissent à l’intérieur du module lunaire, le «LEM», piloté par Edwin «Buzz» Aldrin et par le commandant de la mission Neil Armstrong.

Le LEM s’est détaché deux heures auparavant du véhicule principal, le module de commande, où est resté le troisième membre d’Apollo 11, Michael Collins.

Inquiétude d’Armstrong, un taiseux. «Donnez-nous l’explication pour l’alarme du programme 12 02», exige-t-il de Houston. «Ignorez», répond Houston : l’ordinateur de bord est débordé, mais les systèmes fonctionnent.

Les cratères défilent à toute vitesse. Trop vite, s’aperçoit le commandant : la zone d’alunissage prévue sera dépassée de plusieurs kilomètres. Armstrong prend les commandes manuelles. Il cherche une nouvelle zone, par son hublot. Mais «c’est très rocailleux».

Aldrin lui lit les informations de l’ordinateur : la vitesse verticale et l’altitude. «600 pieds... 300 pieds...»

Armstrong : «Ce sera juste après ce cratère»

La jauge du carburant descend. Armstrong, concentré, ne dit plus rien.

«30 secondes», annonce Houston, qui surveille le carburant restant.

Le commandant ralentit. Le LEM fait presque du surplace. Enfin, il se pose.

«Lumière de contact», dit Aldrin.

Extinction du moteur.

«Houston, ici la Base de la Tranquillité. L’Aigle s’est posé», annonce Armstrong.

«Bien reçu, Tran... Tranquillité», répond le «capcom» Charlie Duke au sol. «On était en train de tourner de l’œil. On respire de nouveau».

Von Braun

Le chiffre donné à l’époque est que 400 000 personnes ont participé au programme Apollo. Mais deux l’ont véritablement lancé.

En 1961, le président John Fitzgerald Kennedy a demandé à son vice-président Lyndon Johnson comment battre les Soviétiques dans l’espace. «Si un homme entre en orbite terrestre cette année, il s’appellera Ivan», s’était-il lamenté l’année précédente.

Johnson interroge le «Monsieur fusées» de la NASA : le transfuge nazi Wernher von Braun. C’est l’inventeur des fusées V-2 qui ont plu sur Londres. Vers la fin de la guerre, il se rend aux Américains, qui l’exfiltrent avec une centaine de ses meilleurs ingénieurs, direction l’Alabama... fondant ce qui s’appelle depuis «Rocket City».

L’Allemand répond avec enthousiasme à Johnson que l’envoi d’hommes sur la Lune est le seul projet sur lequel les Russes peuvent être battus, car ils n’ont pas de fusée assez puissante. OK, répond Kennedy.

Huit ans plus tard, c’est Richard Nixon qui préside le pays.

En cas de tragédie, il avait fait préparer un hommage : «Le destin a dicté que les hommes qui partirent explorer la Lune en paix, reposeront sur la Lune en paix».

Mais l’effort national extravagant a payé.

Tout est allé très vite, grâce aux chèques en blanc du Congrès. Entre octobre 1968 et mai 1969, quatre missions Apollo préparatoires réussissent. Armstrong est choisi en décembre 1968 pour commander la onzième. Mais ce n’est que quelques mois avant le lancement qu’il annonce à ses coéquipiers qu’il sera le premier à sortir du LEM.

«Je me suis tu pendant plusieurs jours, tout en luttant pour ne pas être en colère contre Neil. Après tout, il était commandant et donc le chef», a raconté plus tard Aldrin, dans son autobiographie.

«Bond de géant»

Quand la monstrueuse fusée de von Braun décolle avec à son sommet la capsule d’Apollo 11, le mercredi 16 juillet 1969, un million de personnes assistent au spectacle sur les plages de Floride, près de Cap Canaveral.

Mais beaucoup doutaient que les hommes parviennent à atterrir cette fois-ci. «Je nous donnais au moins 90 % de chance de revenir en vie, et 50 % de chance de réussir à alunir», dit Armstrong en 1999.

Pour les Américains, la descente finale se passe un dimanche soir. En Europe, c’est déjà la nuit, mais partout les gens sont devant les téléviseurs... avec seulement des communications radio crépitantes, jusqu’à ce qu’Armstrong installe une caméra en noir et blanc, avant de poser le premier pas.

Sa grand-mère lui avait recommandé de ne pas le faire s’il sentait un danger; il avait répondu d’accord, selon le livre Rocket Men de Craig Nelson.

«Les pieds du LEM s’enfoncent dans la surface de seulement un ou deux pouces, bien que la surface semble être très, très finement granuleuse», décrit Armstrong. «C’est presque comme de la poudre».

«Okay, je vais descendre du LEM».

Puis, après une pause : «C’est un petit pas pour l’homme, un bond de géant pour l’humanité».

Il est 22h56 le 20 juillet à Houston.

«J’y ai pensé après avoir atterri», a assuré Armstrong dans un long entretien en 2001. En fait, Armstrong a expliqué avoir voulu dire «pour un homme», mais a reconnu que ce n’était pas audible dans la transmission.

À quoi ressemble la Lune, de près?

La couleur varie selon l’angle du Soleil : de marron à gris à noir comme du charbon.

La faible gravité requiert un temps d’adaptation. «J’ai commencé à courir doucement, j’avais l’impression de me déplacer au ralenti, dans de grandes foulées paresseuses», a écrit Aldrin dans un livre en 2009.

Pendant deux heures et demie, Armstrong ramasse des kilos de pierres et photographie. Aldrin installe un sismomètre et d’autres instruments scientifiques. Ils plantent un drapeau américain et laissent des traces de leur passage, dont une médaille honorant Youri Gagarine.

Sur les 857 photos en noir et blanc, et 550 en couleur, seules quatre montrent Armstrong. La plupart représentent Aldrin. «Il est beaucoup plus photogénique que moi», plaisanta Armstrong en 2001.

Accueillis par Nixon 

À l’heure de repartir, les astronautes sont recouverts de poussières. Dans le cockpit, il y a comme une odeur de «cendres mouillées dans une cheminée», selon Armstrong.

En orbite, Collins les attend depuis 22 heures.

«Ma terreur secrète depuis six mois est de les laisser sur la Lune et de revenir seul sur Terre. S’ils n’arrivent pas à quitter la surface, ou s’ils s’écrasent, je ne vais pas me suicider. Je reviendrai à la maison, mais je serai un homme à abattre pour le restant de mes jours, je le sais», a écrit Collins.

Heureusement, l’unique moteur du LEM s’allume, le rendez-vous fonctionne et les trois hommes repartent vers la Terre.

À la fin, la capsule — débarrassée des modules inutiles — pèse 5,5 tonnes sur les 3000 initiales de la fusée. Le 24 juillet, elle traverse dans une boule de feu l’atmosphère pour tomber comme une pierre dans le Pacifique, ralentie par trois grands parachutes.

Les États-Unis ont dépêché un porte-avions pour les récupérer. Richard Nixon est à bord.

Bientôt la capsule apparaît dans le ciel. Elle fait plouf, et des plongeurs d’élite extraient les hommes, indemnes, mais sales, pour les transférer par hélicoptère sur le navire où ils sont placés en quarantaine, par peur d’une contamination d’imaginaires micro-organismes extraterrestres.

À leur première conférence de presse, trois semaines plus tard, les reporters ont demandé aux trois «héros» s’ils pensaient qu’ils retourneraient un jour sur la Lune.

«Nous avons eu très peu de temps pour méditer», répond Armstrong, toujours aussi peu enclin au lyrisme.

Aucun d’eux ne retournera dans l’espace.

Le programme Apollo fut arrêté en 1972. Et il fallut attendre Donald Trump pour que l’Amérique se décide à lancer la sœur d’Apollo, le programme Artémis.

Monde

«El Chapo» transféré à une prison haute sécurité dans le Colorado

NEW YORK — Le narcotrafiquant mexicain Joaquin Guzman, alias «El Chapo», a été transféré vendredi dans une prison haute sécurité du Colorado, où il devrait passer le restant de ses jours après sa condamnation à perpétuité mercredi.

L’avocat d’El Chapo, Jeffrey Lichtman, avait demandé et obtenu du juge Brian Cogan que son client soit maintenu 60 jours de plus dans le centre de détention où il se trouvait depuis son extradition, en janvier 2017, le temps d’interjeter formellement appel de sa condamnation.

Mais l’administration pénitentiaire américaine a finalement décidé de son transfert dès vendredi, annoncé par le bureau fédéral des prisons (BOP).

El Chapo a intégré l’Administrative Maximum Facility, plus communément appelée ADX, une prison située au milieu de nulle part, à Florence, dans le Colorado.

Surnommée l’«Alcatraz des Rocheuses», la prison est considérée comme la plus sûre des États-Unis et abrite plusieurs détenus célèbres comme Terry Nichols (complice dans l’attentat d’Oklahoma City) ou le Français Zacarias Moussaoui, qui a participé à la préparation des attentats du 11-Septembre.

«Une version aseptisée de l’enfer», titrait l’émission «60 Minutes» de la chaîne CBS en 2007.

Le cofondateur du cartel de Sinaloa, encore considéré comme le principal pourvoyeur de la drogue entrant aux États-Unis, a été condamné mercredi à la prison à perpétuité, assortie symboliquement de trente années de prison supplémentaires. Considéré comme le narcotrafiquant le plus puissant au monde, Joaquin Guzman a acheminé aux États-Unis au moins 1200 tonnes de cocaïne sur un quart de siècle.

«L’ADX sera une promenade de santé» par comparaison avec les conditions auxquelles il était soumis au MCC, la prison où il séjournait à Manhattan.

Avant que le juge ne prononce sa peine, El Chapo avait expliqué avoir été «torturé physiquement, psychologiquement et mentalement 24 heures par jour» lors de sa détention au MCC.

Monde

Incendie criminel au Japon: les fans d’animation choqués

TOKYO — Fans d’animation, dessinateurs, artistes graphiques, tous ceux qui aiment ou côtoient le monde de l’animation, au Japon ou ailleurs, ont été choqués et terrifiés par l’incendie criminel qui a provoqué jeudi la mort de salariés de Kyoto Animation, une entreprise adulée.

«C’est très choquant, c’est attristant. On ne s’attend pas à ce que ce genre de chose arrive au Japon, pays jugé sûr», témoigne le Français Médéric Theys, de passage dans le fameux quartier d’Akihabara à Tokyo.

Ce fan du dessin animé La Mélancolie de Haruhi Suzumiya, créé par Kyoto Animation, dit être «reconnaissant pour le travail qu’ils ont fait».

Kyoto Animation, née en 1981 grâce à un couple, Hideaki et Yoko Hatta, a toujours cultivé ses particularités, en s’installant en province à Kyoto, et non dans la capitale, mais pas seulement.

«Alors que tant de sociétés du secteur font tourner des pigistes à Tokyo, cette firme offre des emplois stables et une qualité de production en constante progression», souligne pour l’AFP le professeur Ryusuke Hikawa de l’Université Meiji. Et d’estimer que cette initiative et l’image de marque qu’elle a ainsi créée a fait des émules, citant le studio P.A. Works à Toyama (nord-ouest).

Entreprise féminine

Vingt-quatre heures se sont écoulées depuis le drame de jeudi, dans la ville de Kyoto, qui a fait 34 morts : un incendie, manifestement d’origine criminelle, dans lequel près de la moitié des jeunes professionnels de l’animation du studio 1 de Kyoto Animation ont péri, asphyxiés ou brûlés.

«Ce fut un énorme choc, une immense tristesse, KyoAni est une des plus importantes sociétés du secteur, quel chagrin», a témoigné anonymement pour l’AFP un Japonais passionné de personnages virtuels japonais, comme le confirme son t-shirt.

Les dessinateurs de manga, dont les œuvres servent souvent de base aux animations, sont tout autant sidérés par la tragédie.

«Ces 33 vies ont fait un travail extraordinaire. Pourquoi on en arrive là, pourquoi?», s’interroge Junichi Inoue, mangaka, auteur de Chugoku yome nikki (journal d’une épouse chinoise).

Lorsque l’information est tombée, certains ont pensé que ce pouvait être un acte de vengeance d’un salarié, car les circonstances dans lesquelles triment les petites mains de l’animation sont réputées exécrables.

Mais le suspect, hospitalisé sous surveillance policière, bien qu’il ait apparemment proféré des accusations de «plagiat» envers Kyoto Animation, n’avait aucun lien avec la firme, laquelle a en outre bonne réputation.

«Les conditions de travail dans ce studio étaient apparemment très bonnes, le personnel très bien traité», indique le spécialiste de l’animation Hikawa.

«Cette société à l’origine effectuait des tâches qui étaient souvent confiées à des femmes dans le monde de l’animation, et peut-être de ce fait, la proportion de filles y restait aujourd’hui aussi importante», précise ce connaisseur de toutes les œuvres de Kyoto Animation.

Message

Le mot «terro», employé pour signifier un acte semant la terreur, des accès de violence découlant d’une frustration et non d’une revendication, revient souvent dans les réactions.

«C’est une sorte de terrorisme local» d’une nature différente de celui que l’on connaît ailleurs, souligne Aaron Law, un jeune Néo-Zélandais passionné de jeu vidéo.

«Que ce crime soit survenu au Japon et qu’il ait été commis contre cette petite communauté d’artistes, qui compte parmi les travailleurs les plus acharnés du monde, est choquant : c’est une attaque contre toutes les personnes travaillant dans cette industrie», résume Henry Thurlow, américain animateur graphique à Tokyo.

«Dans ce milieu, nous nous connaissons pour ainsi dire tous», directement ou non, dit-il. Et le même de craindre «que la peur et le traumatisme résultant de cette attaque n’affectent beaucoup de gens pendant très longtemps».

Hideaki Hatta, toujours patron de l’entreprise, a reconnu jeudi que des menaces de mort avaient été adressées au studio. Mais les critiques virulentes et avertissements ne sont pas si rares vis-à-vis des créateurs au Japon, surtout via les réseaux sociaux.

Le passage à l’acte présumé risque cette fois de renforcer les craintes.

«Est-ce que ce genre de drame ne va pas altérer ma créativité? Il ne faut pas, ce serait perdre face à une sorte de terrorisme», conclut M. Inoue, un message que fans et spécialistes du secteur lancent aussi aux artistes contre l’autocensure.

«Il ne faut pas céder face à la violence, il faut que Kyoto Animation comme les autres continuent de produire des œuvres qui comportent un message», insiste aussi le professeur Hikawa.

Autour du globe, 20 juillet 2019

Monde

Grèce : un séisme de magnitude 5,1 secoue Athènes

ATHÈNES — Un séisme de magnitude 5,1 selon l’observatoire national a secoué Athènes et la région de l’Attique en Grèce vendredi, entraînant notamment des perturbations sur les lignes téléphoniques.

L’institut géologique américain USGS, référence mondiale en matière de sismologie, a pour sa part fait état d’une magnitude de 5,3.

Une personne a été blessée par la chute de morceaux de plâtre et transférée à l’hôpital, selon les services de secours.

Les premières informations n’ont pas fait état de dégâts importants, mais les lignes téléphoniques étaient perturbées et l’électricité a été coupée dans plusieurs quartiers de la capitale.

Les pompiers ont fait état d’une trentaine d’appels de personnes bloquées dans des bâtiments ou dans des ascenseurs.

Le tremblement de terre s’est produit à 23 kilomètres au nord-ouest d’Athènes, a précisé l’observatoire national. Il a été ressenti jusque dans la région du Péloponnèse et sur l’île d’Eubée.

«Pour le moment nous ne pouvons pas être sûrs qu’il s’agit du principal séisme», a mais en garde un sismologue, Gerassimos Papadopoulos, à la télévision publique ERT. Mais «trois secousses d’intensité moins fortes ont été ressenties par la suite, ce qui est un signe positif», a-t-il noté, invitant les habitants «à rester calme».

Plusieurs habitants et touristes ont évacué les bâtiments et se sont rassemblées dans les rues de la capitale.

Le dernier grand séisme - survenu en 1999 et d’une magnitude de 5,9 - avait fait 143 morts dans la région d’Athènes, laissant des souvenirs traumatisants dans la population.

La Grèce est située sur d’importantes failles géologiques et les tremblements de terre y sont fréquents, le plus souvent sans faire de victimes.

En juillet 2017, un séisme de magnitude 6,7 sur l’île de Kos, dans la mer Egée, avait provoqué la mort deux personnes et d’importants dégâts.

Monde

Tensions entre Séoul et Tokyo : un Sud-Coréen s'immole par le feu

SÉOUL — Un septuagénaire sud-coréen s’est immolé vendredi par le feu dans sa voiture devant l’ambassade du Japon à Séoul, un drame qui survient en pleine brouille diplomatique et commerciale entre les deux pays.

Selon la police, l’homme a allumé un incendie à l’intérieur de son véhicule garé devant l’ambassade avant de mourir à l’hôpital. Une vingtaine de bouteilles de gaz ont été retrouvées dans son véhicule.

La presse locale a rapporté que le beau-père du septuagénaire avait été victime de travail forcé sous la férule japonaise pendant la Seconde Guerre mondiale.

Les querelles diplomatiques découlant de la colonisation brutale de la Corée par le Japon de 1910 à 1945 ont pris récemment une tournure économique avec le durcissement par Tokyo des conditions d’exportation de certains matériaux vers la Corée du Sud.

Ces restrictions concernent des produits chimiques vitaux pour la fabrication des puces et écrans de smartphones dont se servent les géants technologiques sud-coréens comme Samsung. Elles suscitent des inquiétudes sur l’éventualité d’une hausse des prix pour les consommateurs.

Le suicide du septuagénaire est intervenu le jour où les autorités japonaises ont convoqué l’ambassadeur de Corée du Sud au Japon pour protester contre le refus de Séoul de participer à un groupe d’arbitrage pour tenter de régler le conflit.

Séoul, qui menace de porter l’affaire devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et aimerait voir Washington s’interposer, accuse Tokyo de vouloir se venger après une série de décisions de la justice sud-coréenne sommant des groupes japonais de dédommager des victimes de travail forcé.

Tokyo invoque une «perte de confiance» envers Séoul, accusant aussi son voisin d’avoir mal géré les matériaux sensibles importés du Japon.

La présidence sud-coréenne, a publié mercredi une série de tweets dénonçant les atrocités commises par le Japon pendant la guerre, comparant le sort réservé aux victimes coréennes à celui de Simon Wiesenthal, survivant autrichien de la Shoah.

Vendredi à Tokyo, après une rencontre visiblement tendue avec l’ambassadeur sud-coréen, le ministre japonais des Affaires étrangères Taro Kono a jugé «profondément regrettable» la non-participation de Séoul à l’arbitrage.

«Nous demandons fermement au gouvernement sud-coréen de prendre immédiatement des mesures correctives» après les décisions de la justice sud-coréenne, a dit M. Kono, qualifiant d’»extrêmement malpolie» l’attitude de Séoul à propos de la constitution d’un fonds de compensation commun pour les victimes du travail forcé, abondé par  des sociétés japonaises et sud-coréennes.

Pour Tokyo, le différend a été réglé par un accord signé après la normalisation des relations avec Séoul, qui comprenait une série de prêts.

Monde

Trafic sexuel : le juge refuse la libération sous caution de Jeffrey Epstein

NEW YORK — Un juge a refusé jeudi la libération sous caution du riche homme d’affaires américain Jeffrey Epstein, accusé d’avoir exploité sexuellement des dizaines de jeunes filles à New York et en Floride au début des années 2000.

Les procureurs avaient fait valoir que le prévenu représentait un danger pour le public et risquait de fuir le pays.

La défense avait tenté de convaincre le juge que M. Epstein devait être autorisé à attendre son procès en résidence surveillée dans son luxueux manoir de Manhattan.

Lors d’une audience lundi, le procureur Alex Rossmiller avait déclaré que la preuve «se renforçait chaque jour» alors qu’un nombre grandissant de femmes contactaient les autorités pour déclarer que M. Epstein les avait agressées sexuellement alors qu’elles étaient mineures.

Selon Me Rossmiller, les perquisitions menées dans le manoir de M. Epstein après son arrestation le 6 juillet ont permis de découvrir dans un coffre-fort «des piles d’argent comptant, des dizaines de diamants» et un passeport avec une photo de l’accusé, mais un autre nom que le sien.

L’homme de 66 ans, qui socialisait autrefois avec les plus puissants de ce monde, est accusé de trafic sexuel et de complot, des crimes passibles de 45 ans de prison.

La preuve des procureurs comprend des centaines, voire des milliers de photos obscènes de jeunes femmes ou de jeunes filles découvertes dans son manoir.

Ses avocats ont fait valoir que l’affaire avait été réglée en 2008 en Floride par une négociation de plaidoyer portant sur des allégations similaires.

Le secrétaire au Travail, Alexander Acosta, a démissionné il y a une semaine, après que de nombreuses personnes eurent critiqué son traitement du dossier de Jeffrey Epstein alors qu’il était procureur général à Miami.

Monde

FaceApp aspire vos données, mais ce n’est pas la seule

PARIS — L’application russe FaceApp, qui permet de voir son visage vieilli, collecte des millions de photos à travers le monde, suscitant l’inquiétude sur l’usage qu’elle en fait. Mais, aussi intrusif qu’il soit, cet usage semble refléter la pratique générale et non un cas isolé.

Lancée en 2017, FaceApp a refait surface ces derniers jours avec ses outils d’intelligence artificielle qui permettent de vieillir, rajeunir, modifier le teint ou le sourire d’un visage.

Mais le succès de FaceApp, actuellement l’application gratuite la plus téléchargée sur Google Play avec plus de 100 millions d’utilisateurs, s’est accompagné d’un émoi quant à la protection de la vie privée. Jusqu’à pousser un sénateur américain à demander au FBI d’enquêter sur les «risques pour la sécurité nationale» et la Pologne et la Lituanie à annoncer qu’elles allaient examiner de près l’application.

Pourtant, des spécialistes de cybersécurité appellent à relativiser les risques, comme la société israélienne Checkpoint, qui n’a «rien trouvé d’extraordinaire dans cette application» qui «semble avoir été développée dans le bon sens» et ne présente pas de «permissions agressives».

Ne pas stigmatiser FaceApp 

«Il ne faut pas stigmatiser FaceApp, énormément d’applications recourent aux mêmes procédés», confirme Sylvain Staub, avocat spécialisé en droit de la donnée.

Outre le fait que la société est russe, ce qui nourrit des fantasmes, sont en cause les conditions générales d’utilisation (CGU), qui énoncent qu’en recourant à l’application «vous accordez à FaceApp une licence perpétuelle, irrévocable, non exclusive, libre de droits, mondiale, [...] pour utiliser, reproduire, modifier, adapter, publier, traduire, créer des travaux dérivés, distribuer, exploiter publiquement et afficher» les photos et informations qui s’y attachent, dont les noms ou pseudos.

«C’est une chose tout à fait standard», nuance Baptiste Robert, expert en cybersécurité. «Dans les CGU de la plupart des sites internet tels que Twitter ou Snapchat, vous allez retrouver exactement la même chose».

Aucun consentement demandé

Si ces usages sont standards, ils n’en seraient pas moins contraires au règlement européen de protection des données personnelles (RGPD), au moins sur un point : l’obligation pour les entreprises d’obtenir le consentement «libre, spécifique, éclairé et univoque».

En ouvrant l’application, aucun consentement n’est explicitement demandé. «Il faut accéder à des CGU longues et fastidieuses, en anglais et uniquement sur le site, pour comprendre que les données seront conservées par l’éditeur et pourront être transférées en dehors de l’UE», détaille Sylvain Staub.

«Il n’y a pas non plus de possibilité d’arrêter la collecte de données ni de procédure claire pour demander la suppression des données», ajoute Baptiste Robert.

«L’indignation qui sort de cette histoire est bonne, car les gens s’intéressent à leur vie privée, mais en soi FaceApp n’est pas plus malicieuse que d’autres», continue-t-il. Si les CGU des géants sont davantage conformes à la loi, c’est parce qu’elles sont édictées par «des armées d’avocats, contrairement à celles de FaceApp».

Choix de société

Dans les deux cas, les données personnelles seront exploitées à des fins commerciales, pour mettre en place des publicités ciblées ou améliorer les algorithmes, de reconnaissance faciale en l’occurrence pour FaceApp.

«Il n’y a pas de comparaison à faire entre FaceApp et des géants comme Facebook, qui posent des questions autrement plus importantes» de protection de la vie privée, estime Constantin Pavléas, avocat spécialisé dans le droit des nouvelles technologies.

L’avocat rappelle qu’en février par exemple, l’Allemagne a restreint l’exploitation par Facebook des données de ses utilisateurs, lui interdisant de piocher sans accord explicite dans les informations collectées par des sites tiers ou des filiales comme Instagram et Whatsapp.

Toute cette affaire met en lumière le rapport coût-bénéfice relatif à notre vie numérique. «Ai-je intérêt, pour avoir une photo de moi vieillie, à céder mon droit de propriété sur quelque chose de très personnel comme une photo», s’interroge Caroline Lancelot-Miltgen, chercheuse spécialiste des questions de données personnelles.

Monde

Washington abat un drone iranien au-dessus du détroit d’Ormuz

WASHINGTON — Les États-Unis ont abattu jeudi un drone iranien qui s’était approché d’un navire américain dans le détroit d’Ormuz, dernier incident en date dans une région sous haute tension depuis plus de deux mois.

C’est le président américain Donald Trump lui-même qui a annoncé que les États-Unis avaient abattu cet appareil iranien qui s’était approché dangereusement d’un navire américain, après avoir ignoré de multiples appels à s’éloigner.

Selon lui, le drone iranien s’est approché à moins de 1000 mètres du navire amphibie USS Boxer, qui a entrepris «une action défensive».

«Le drone a été détruit immédiatement», a-t-il dit.

Interrogé peu après lors de son arrivée au siège de l’ONU à New York, le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif a affirmé n’avoir «aucune information sur la perte d’un drone».

Le milliardaire américain a estimé que l’approche de ce drone était «la dernière des nombreuses actions provocatrices et hostiles de l’Iran contre des navires opérant dans les eaux internationales».

«Les États-Unis se réservent le droit de défendre leur personnel, leurs équipements et leurs intérêts et appellent toutes les nations à condamner les tentatives de l’Iran de perturber la liberté de navigation et le commerce international», a-t-il poursuivi. «J’appelle aussi les autres pays à protéger leurs navires qui franchissent le détroit et à coopérer avec nous à l’avenir».

Un porte-parole du Pentagone, Jonathan Hoffman, a précisé que l’incident était survenu alors que l’USS Boxer s’apprêtait à pénétrer dans le détroit d’Ormuz.

L’Iran a abattu le 20 juin un drone américain qui se trouvait, selon Téhéran, dans son espace aérien.

Donald Trump a affirmé avoir annulé à la dernière minute des frappes de représailles contre l’Iran pour éviter un lourd bilan humain, tout en maintenant ses menaces contre Téhéran.

La région du Golfe et du détroit d’Ormuz, par où transite le tiers du pétrole acheminé par voie maritime sur la planète, se retrouve au cœur de vives tensions géopolitiques, sur fond de bras de fer entre l’Iran et les États-Unis.

Alors que Washington cherche à former une coalition internationale pour escorter les navires de commerce dans le Golfe, le chef du commandement central américain Kenneth McKenzie s’est engagé jeudi à agir «énergiquement» pour assurer la sécurité du transport maritime dans le Golfe, lors d’une visite sur une base aérienne en Arabie saoudite, grande rivale de l’Iran dans la région.

Accusations croisées

Quelques heures avant ce nouvel incident, les Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de la République islamique d’Iran, ont annoncé avoir arraisonné le 14 juillet dans le détroit d’Ormuz «un tanker étranger» et son équipage soupçonnés de se livrer à de la «contrebande» de carburant.

Le guide suprême iranien Ali Khamenei avait annoncé deux jours auparavant que son pays répondrait «au moment et à l’endroit opportuns» à l’interception le 4 juillet d’un pétrolier iranien par les autorités britanniques, au large de Gibraltar.

Les États-Unis ont renforcé leur présence militaire dans la région, accusant l’Iran d’être derrière des actes de sabotage ayant visé quatre navires autour du détroit d’Ormuz en mai et deux attaques d’origine inconnue ayant visé en juin deux pétroliers — un japonais et un norvégien — au large des côtes iraniennes en mer d’Oman.

Téhéran rejette ces accusations.

Après être sorti de l’accord international sur le nucléaire conclu en 2015, Washington a rétabli des sanctions qui ont fait plonger l’Iran en récession et lui font perdre les acheteurs de son pétrole.

Depuis mai, l’Iran a commencé à s’affranchir de certains de ses engagements pour, dit-il, forcer ses partenaires à prendre des mesures garantissant ses intérêts et permettant de préserver l’accord. Berlin et Paris ont appelé séparément Téhéran à respecter pleinement ses engagements.

Monde

Trump aurait tenté d'acheter le silence de maitresses, selon des documents

WASHINGTON — Des documents judiciaires rendus publics jeudi lient Donald Trump aux efforts déployés pendant la campagne présidentielle de 2016 pour acheter le silence de deux femmes qui menaçaient de révéler de vieilles liaisons présumées.

Ces documents ont été rédigés en 2018 pour demander l’émission d’un mandat de perquisition chez l’avocat personnel de Donald Trump, Michael Cohen, qui a joué un rôle central dans les paiements effectués à l’actrice de films X Stephanie Clifford (alias Stormy Daniels) et à la playmate Karen McDougal. Ils font état de nombreux échanges entre Michael Cohen, Donald Trump et son ancienne proche conseillère Hope Hicks, au moment des négociations.

«Sur la base du calendrier des appels [...] et du contenu des messages par SMS et courriel, je pense qu’au moins une partie de ces communications portait sur le besoin d’empêcher Clifford de parler publiquement», écrit un enquêteur. Depuis, Michael Cohen a été condamné à trois ans et demi de prison pour, entre autres, avoir orchestré ces paiements en violation des lois sur le financement des campagnes électorales. Il a assuré avoir agi à la demande expresse du candidat républicain.

Donald Trump a soit nié avoir été au courant, soit assuré que ces paiements n’étaient pas illégaux. Les documents révélés jeudi mettent à mal sa défense.

Bien qu’ils disposent de ces échanges troublants, les procureurs ont annoncé mercredi la clôture du dossier, sans procéder à de nouvelles inculpations.

Dans la foulée, un juge leur a ordonné de rendre publics les éléments de leur enquête.

«Les violations des lois sur le financement des campagnes sont un sujet d’importance nationale», a écrit le juge William Pauley. «Maintenant que le gouvernement a terminé son enquête, il est temps que les Américains aient l’opportunité de consulter ces documents», a-t-il ajouté.

L’avocat de Donald Trump, Jay Sekulow, s’est réjoui jeudi de la fin des investigations. «Nous maintenons depuis le début que le président n’a jamais été impliqué dans une violation des lois de financement de la campagne», a-t-il dit dans un communiqué.

Cette lecture des faits est «malhonnête», a rétorqué Michael Cohen dans un communiqué publié par un porte-parole. «La conclusion de l’enquête [...] devrait être une grande source d’inquiétude pour les Américains», a-t-il ajouté depuis sa prison. 

Autour du globe, 19 juillet 2019

Monde

Les propos de Trump condamnés par Trudeau et Tusk

Tant le premier ministre Justin Trudeau que le président du Conseil européen Donald Tusk ont condamné les récents propos du président américain Donald Trump sur quatre élues démocrates.

Un groupe de supporters de M. Trump ont scandé «Renvoyez-la! Renvoyez-la!», lors d’un rallye en Caroline du Nord mercredi soir, à l’intention d’Ilhan Omar, une fille de réfugiés somaliens élue au Congrès l’an dernier. Elle est l’une des quatre élues visées par des propos du président américain, qui leur disait de «retourner» dans leur pays d’origine si elles sont insatisfaites des États-Unis.

De passage à Montréal pour le Sommet entre l’Union européenne et le Canada, M. Tusk a envoyé une petite pique aux Américains: «Je me sens vraiment chez moi, ici, pour de nombreuses raisons, mais aussi parce qu’à Montréal, je n’ai entendu personne dire: ‘Renvoyez-le chez lui!’»

Le président du Conseil européen, qui se décrit comme l’un des politiciens les plus «pro-Américains» d’Europe, a dit qu’il ne voulait pas commenter les «politiques internes» des États-Unis. Mais certains propos tenus récemment sont «difficiles à comprendre», a-t-il admis, et il a senti le besoin de dire quelque chose.

«Parfois, quand on sent qu’il y a quelque chose de complètement inacceptable, il faut réagir, malgré les affaires, malgré les intérêts 1/8commerciaux3/8. Pour moi, les valeurs sont beaucoup plus importantes que le libre-échange. Désolé, je suis peut-être vieux jeu», a ajouté M. Tusk, qui termine son mandat au mois de novembre.

Le premier ministre Trudeau n’a pas visé le président Trump directement, mais s’est contenté de dire que les propos de mercredi soir, étaient «blessants et inacceptables». «Je veux que personne au Canada pense que ces propos sont acceptables, parce qu’ils ne le sont pas», a-t-il précisé.

M. Trump a déclaré jeudi qu’il désapprouvait les slogans scandés la veille à son rallye de campagne et qu’il avait tenté d’interrompre ces chants. Dans les faits, il a laissé la foule scander «Renvoyez-la!» et a multiplié les attaques contre Mme Omar.

Monde

Instagram masque les «likes» dans six pays

SYDNEY - Instagram, très populaire chez les jeunes, a commencé jeudi à masquer les «likes» sur sa plateforme dans six pays, dont le Japon, le Brésil et l’Italie, assurant vouloir diminuer le stress chez ses utilisateurs après des critiques sur les risques du réseau social pour la santé mentale des utilisateurs.

Les utilisateurs d’Instagram, propriété du géant américain Facebook, ne pourront plus voir combien de «j’aime» reçoivent les posts des autres dans six pays au total (Australie, Italie, Irlande, Japon, Brésil, Nouvelle-Zélande). Ils pourront toujours voir le nombre de «likes» sur leurs propres posts, mais en cliquant sur une page différente.

Un premier test avait été effectué en mai au Canada. Aucune date n’est précisée pour la fin de ce qui est présenté comme une expérience. Les outils de mesure des entreprises utilisant la plateforme pour promouvoir leurs produits ne seront pas affectés par cette nouvelle procédure, ajoute Instagram qui compte plus d’un milliard d’utilisateurs dans le monde.

«Nous faisons cette expérience parce que nous souhaitons que nos utilisateurs se concentrent sur les photos et les vidéos partagées, pas sur le nombre de +j’aime+ qu’ils recueillent», a déclaré un porte-parole d’Instagram. «Nous ne voulons pas qu’Instagram donne l’impression d’être dans une compétition».

«Nous voulons qu’Instagram soit un lieu où les gens se sentent à l’aise pour s’exprimer», a insisté dans un communiqué une responsable de Facebook pour l’Australie et la Nouvelle-Zélande, Mia Garlick. «Nous espérons que ce test fera baisser la pression à propos du nombre de ‘’j’aime’’ qu’un post va recevoir afin que vous puissiez vous consacrer au partage de ce que vous aimez».

L’impact des réseaux sociaux sur leurs utilisateurs fait l’objet d’études critiques. L’une, menée par la Royal Society for Public Health en 2017, a classé Instagram comme le pire réseau pour la santé mentale des jeunes au Royaume-Uni.

Une autre, conduite en 2018 aux États-Unis par le Pew Research Center, a montré que 72% des adolescents du pays utilisaient Intagram et que près de 40% d’entre eux se sentaient obligés de ne partager que les contenus ayant rassemblé beaucoup de «likes» ou de commentaires.

Il y a une semaine, Instagram a annoncé la généralisation de nouveaux outils de lutte contre le harcèlement en ligne, utilisant notamment un logiciel d’intelligence artificielle générant un avertissement adressé aux personnes souhaitant publier des remarques injurieuses.

En février, Instagram avait décidé d’interdire les photos montrant des blessures infligées à soi-même pour aider à lutter contre l’automutilation et le suicide. Cette décision était intervenue après que le père d’une jeune Britannique, Molly Russell, qui s’était suicidée en 2017 à l’âge de 14 ans, avait accusé Instagram d’avoir une responsabilité dans ce drame. Elle avait selon son père consulté beaucoup de contenus liés au suicide.

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Trump fait huer les élues visées par ses tweets «racistes»

GREENVILLE, Caroline du Nord — De retour sur les estrades de campagne, Donald Trump a poursuivi jeudi ses attaques contre les démocrates qui «détestent» l’Amérique, au lendemain de la dénonciation par le Congrès de ses tweets «racistes».

«Ces idéologues de gauche (...) veulent détruire notre Constitution, supprimer les valeurs sur lesquelles notre magnifique pays a été bâti», a-t-il lancé depuis Greenville, en Caroline du Nord.

«Ce soir, nous renouvelons notre détermination à ne pas voir l’Amérique devenir un pays socialiste», a-t-il ajouté.

Devant une marée de casquettes rouges «Make America Great Again», il a cité les quatre élues démocrates issues de minorités auxquelles il avait conseillé dans un tweet de «retourner» chacune dans son pays d’origine.

«Renvoyez-la! Renvoyez-la!» s’est mise à scander la foule lorsque M. Trump a évoqué Ilhan Omar, l’une des deux premières femmes musulmanes élues au Congrès, qui a créé la controverse avec des commentaires sur Israël jugés antisémites par de nombreux élus.

Autour du globe, 18 juillet 2019

Monde

«Pas fan» d’Epstein? En 1992, Trump faisait la fête avec le financier

WASHINGTON — Une vidéo de 1992, qui a ressurgi mercredi, montre Donald Trump en train de faire la fête avec le financier Jeffrey Epstein, aujourd’hui accusé d’avoir exploité sexuellement des dizaines de mineures.

L’enregistrement, ressorti des archives de la chaîne NBC, fragilise les efforts du président américain pour se distancer du riche investisseur en fonds spéculatifs de 66 ans.

Les images montrent une soirée organisée par Donald Trump dans sa résidence de Mar-a-Lago, en Floride, à laquelle participent plusieurs belles femmes blondes, toutes cheerleaders de grandes équipes de football américain, selon la chaîne. À un moment, le magnat de l’immobilier se penche vers un de ses invités, Jeffrey Epstein, et lui glisse des mots à l’oreille en pointant du doigt les jeunes femmes sur la piste de danse.

Selon NBC, il lui dit «she is hot» (elle est sexy), avant d’ajouter une seconde blague inaudible. Ses commentaires provoquent l’hilarité du financier.

Les liens entre les deux hommes étaient déjà connus, Donald Trump en ayant fait état dans un entretien en 2002 : «Je connais Jeff depuis 15 ans. Un type génial... C’est un plaisir de passer du temps avec lui. On dit même qu’il aime autant les jolies femmes que moi», déclarait-il. Avant d’ajouter : il les préfère «plutôt jeunes».

Depuis l’arrestation le 6 juillet de Jeffrey Epstein, le locataire de la Maison-Blanche a toutefois changé de ton, assurant avoir coupé les ponts depuis plusieurs années. «Je n’étais pas un fan de Jeffrey Epstein. Ce n’est pas quelqu’un que je respectais», a-t-il encore affirmé vendredi.

Le scandale a déjà coûté son poste à son ministre du Travail, Alexander Acosta. Ce dernier a démissionné vendredi, accusé d’avoir mal géré les premières accusations contre le financier en 2008, alors qu’il était procureur fédéral en Floride. Jeffrey Epstein avait été poursuivi pour avoir incité à la prostitution des dizaines de mineures, dont certaines âgées de 14 ans seulement, entre 2002 et 2005 dans ses propriétés de Manhattan et de Palm Beach.

Il avait négocié un accord de plaider-coupable qui lui avait évité un procès et avait prévu une peine de prison de 13 mois seulement avec des aménagements très favorables.

Le procureur de Manhattan ne s’estime pas lié par cet accord et a rouvert le dossier. Jeffrey Epstein encourt désormais 45 ans de prison.  

Monde

Justice réclamée, cinq ans après le drame du vol MH17

LA HAYE — Les familles des victimes de l’écrasement du vol MH17 abattu en 2014 au-dessus de l’Ukraine se sont rassemblées mercredi à l’occasion du cinquième anniversaire de la catastrophe, réclamant à nouveau justice.

Le Boeing de la Malaysia Airlines, parti d’Amsterdam pour Kuala Lumpur, avait été touché en plein vol par un missile au-dessus de la zone de conflit armé dans l’est séparatiste prorusse de l’Ukraine. Les 283 passagers, dont 196 Néerlandais, et les 15 membres d’équipage avaient péri.

Les commémorations organisées aux Pays-Bas et en Malaisie se déroulent moins d’un mois après l’annonce par une équipe d’enquêteurs internationaux du procès, en mars prochain, de trois Russes et un Ukrainien accusés d’avoir causé l’écrasement.

Les familles néerlandaises en deuil se sont retrouvées sur le site du monument dédié aux victimes de la catastrophe, à quelques kilomètres de l’aéroport d’Amsterdam-Schiphol, d’où le Boeing avait décollé.

Les noms des victimes ont été lus à voix haute par leurs proches, qui ont ensuite déposé des fleurs sur le monument.

«Justice pour les morts»

Situé dans le parc de Vijhuizen, le mémorial est composé de 298 arbres plantés en 2016 pour chacune des victimes, ainsi que de tournesols cultivés à partir de graines provenant d’Ukraine.

Lors de la cérémonie fermée au public, le premier ministre néerlandais Mark Rutte a dénoncé un «acte honteux qui a coûté la vie à 298 personnes innocentes».

«Justice pour les morts : cela reste notre objectif commun», a-t-il affirmé.

«Heureusement, le mois dernier, nous avons pu franchir une étape nouvelle et importante. Nous n’en sommes pas encore là, mais, petit à petit, nous nous rapprochons de la vérité». «Et je vous promets que nous allons continuer sur cette voie avec détermination», a-t-il ajouté.

À Kuala Lumpur, une minute de silence a été observée à 10h avec des proches de Malaisiens qui se trouvaient à bord.

«Reconnaissant pour le soutien international à nos efforts communs avec les pays du JIT pour obtenir justice. Nous continuerons», a promis le ministre néerlandais des Affaires étrangères Stef Blok sur Twitter.

Menés par les Pays-Bas, les enquêteurs internationaux ont établi que le vol MH17 avait été abattu par un missile BUK de conception soviétique, provenant de la 53e brigade antiaérienne russe basée à Koursk, dans le sud-ouest de la Russie.

À la suite de ces révélations, les Pays-Bas et l’Australie, dont 38 ressortissants ont péri dans le drame, ont ouvertement imputé en mai 2018 à la Russie la mort de leurs concitoyens. Moscou a nié toute implication, rejetant la faute sur Kiev.

Le premier ministre australien Scott Morrison a déclaré dans un tweet que son gouvernement restait «résolu à faire en sorte que les responsables de cet incident effroyable soient tenus pour responsables».

«L’Australie n’a pas oublié ce jour terrible, nous défendons fermement la justice que les victimes et leurs familles méritent», a-t-il écrit.

«Pas objective»

À Kiev, la vice-ministre ukrainienne des Affaires étrangères Olena Zerkal a assuré : «Justice sera rendue. La Russie en est consciente».

Les enquêteurs internationaux ont annoncé le 19 juin avoir identifié quatre suspects, qui sont poursuivis pour meurtre par le parquet néerlandais.

Les Russes Sergueï Doubinski, Igor Guirkine et Oleg Poulatov, ainsi que l’Ukrainien Leonid Khartchenko, quatre hauts gradés des séparatistes prorusses de l’est de l’Ukraine, seront les premiers à être traduits en justice dans cette affaire.

Après cette annonce, le président russe Vladimir Poutine a affirmé qu’il n’y avait «aucune preuve» de l’implication de la Russie.

«Nous ne considérons pas cette enquête comme objective», a réitéré mercredi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. «La Russie avait proposé sa participation et un travail en commun dès le début», mais «n’a pas eu cette occasion», a-t-il déclaré aux journalistes.

La chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini a exhorté Moscou à «coopérer pleinement» à l’enquête en cours et «à assumer ses responsabilités».

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Près du Jourdain, les chauves-souris ont remplacé les soldats israéliens [PHOTOS]

HEMDAT - Dans un dédale de couloirs obscurs et déserts, près du fleuve Jourdain, résonne un froufrou d’ailes. Perché sur une colline poussiéreuse, un ancien poste militaire israélien en territoire palestinien occupé s’est transformé en un repaire de chauves-souris.

Israël occupe depuis 1967 cette partie de la Cisjordanie. Après la guerre des Six jours avec les pays arabes, l’État hébreu y avait construit plusieurs mini forteresses sur les collines dominant la frontière avec la Jordanie.

Monde

Les Vikings ont rasé les forêts, l’Islande reboise son gros rocher [PHOTOS]

REYKJAVIK — Avant sa colonisation par les Vikings, l’Islande était hérissée de forêts faisant rempart contre les tempêtes, mais les redoutables guerriers ont tout rasé et l’île reboise aujourd’hui à marche forcée, au nom de la biodiversité et du climat.

Les forêts sont si rares ou si jeunes en Islande que, selon une plaisanterie connue de tous, il suffit au promeneur perdu au milieu des bois de se mettre debout pour se repérer.