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Incendies en Californie: 71 morts et plus de 1000 disparus

CHICO, Calif. - Le bilan du feu de forêt qui a ravagé le nord de la Californie s’élève maintenant à 71 morts, alors qu’on dénombre plus de 1000 personnes qui manquent toujours à l’appel.

Les autorités du nord de la Californie ont poursuivi les recherches, vendredi, à la veille de la visite du président Donald Trump.

Samedi, le président est attendu pour constater la tristesse et les ravages laissés par l’incendie de forêt le plus meurtrier en un siècle aux États-Unis. M. Trump pourrait faire face au ressentiment de la population locale pour avoir attribué la catastrophe à la mauvaise gestion des forêts en Californie.

Dans une entrevue enregistrée vendredi et qui doit être diffusée durant l’émission «Fox News Sunday», Donald Trump s’est dit étonné de voir des images de pompiers enlever des broussailles sèches près d’un incendie, ajoutant: «Tout cela aurait dû être brûlé.»

Les autorités ont retrouvé huit autres corps vendredi, ce qui porte le total 71 décès.

Le nombre de personnes portées disparues est passé de 631 jeudi soir à plus de 1 000 vendredi, mais selon le shérif Kory Honea la liste pourrait facilement contenir des doublons et des noms mal orthographiés.

Il a expliqué que le nombre élevé de disparus est probablement attribuable à des gens qui ont fui la région et qui ne savent pas qu’on les cherche. Une liste a été rendue publique pour que ceux qui y apparaissent puissent communiquer avec les autorités.

Certaines personnes sur la liste ont été confirmées décédées par des membres de leur famille ou des amis sur les réseaux sociaux. D’autres ont été localisés et se trouvent en sécurité, mais n’ont pas encore été retirés de la liste par les autorités.

Quelque 52 000 personnes ont été chassées de chez elles.

L’incendie qui a éclaté la semaine dernière a rasé la ville de Paradise. Des secouristes ont retrouvé des corps dans des maisons ou des voitures, mais il n’est pas impossible que la chaleur intense ait complètement incinéré certaines victimes. Près de 10 000 maisons ont été détruites.

L’incendie est contenu à seulement 40 pour cent et on ne sait pas à quel moment les évacués pourront rentrer chez eux. Les lignes électriques sont toujours au sol, les routes sont fermées et les pompiers sont toujours à l’oeuvre.

Des dizaines de réfugiés ont transformé le terrain de stationnement d’un magasin Walmart de la ville de Chico en terrain de camping improvisé. Des toilettes portatives ont été installées, des camions de rue distribuent de la nourriture gratuitement et les sinistrés sont inondés de dons de vêtements et de jouets.

On s’inquiète toutefois pour leur sécurité et on pourrait leur demander de s’en aller d’ici quelques jours, même si on ne prévoit pas les forcer à partir.

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L'assaillant du président Reagan obtient la permission de quitter la maison de sa mère

NORFOLK, Va. — Un juge a accordé à John Hinckley, l’homme qui a tenté d’assassiner le président américain Ronald Reagan en 1981, la permission de quitter la maison de sa mère.

Le juge de la Cour de district américaine, Paul L. Friedman, a ordonné vendredi que M. Hinckley soit libre de vivre seul ou avec d’autres personnes à l’intérieur d’un rayon de moins de 120 kilomètres de Williamsburg, en Virginie. L’homme qui a ouvert le feu sur le président Reagan vit avec sa mère, à Williamsburg depuis qu’il a quitté l’hôpital psychiatrique en 2016.

Si le juge Friedman a assoupli certaines des conditions imposées à M. Hinckley, ce dernier doit toujours suivre des règles strictes pendant que ses médecins continuent à le surveiller de près.

Les médecins vont notamment devoir approuver le lieu où John Hinckley va décider de s’installer. L’homme doit aussi continuer de rencontrer un travailleur social, un psychiatre et un thérapeute au moins deux fois par mois. Il lui est interdit de posséder une arme à feu ou de consommer de l’alcool ou des drogues.

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Premier décollage d'une fusée Soyouz vers l'ISS depuis le lancement raté

MOSCOU — Une fusée russe Soyouz emportant un vaisseau cargo Progress pour ravitailler la Station spatiale internationale (ISS) a décollé avec succès vendredi du cosmodrome de Baïkonour au Kazakhstan, premier lancement vers le laboratoire orbital depuis la défaillance d'une fusée le 11 octobre.

La fusée Soyouz-FG emportant le vaisseau cargo Progress MS-10 a décollé à l'heure prévue, 18h14 GMT (13h14, heure du Québec), selon les images retransmises en direct par l'agence spatiale russe, Roskosmos.

«Le vol se déroule selon le programme», a indiqué un responsable du centre de contrôle des vols.

Ce décollage fait office de répétition générale avant le prochain lancement habité qui emportera le 3 décembre le Canadien David Saint-Jacques, l'Américaine Anne McClain et le Russe Oleg Kononenko sur l'ISS.

Il s'agit du premier vol vers la station orbitale depuis l'échec de la mission qui devait y amener deux spationautes, le 11 octobre. Deux minutes après le décollage, un des propulseurs du premier étage de la fusée s'était mal détaché et avait heurté le second étage, contenant essentiellement du carburant.

Cette défaillance avait déclenché l'éjection automatique de la tour de sauvetage de la fusée, dans laquelle se trouvait la capsule avec les deux hommes qui ont pu revenir sains et saufs sur Terre.

La commission d'enquête mise en place par Roskosmos avait conclu à la «déformation» d'un capteur lors de l'assemblage de la fusée Soyouz à Baïkonour.

Le Progress MS-10 lancé vendredi mettra plus de 48 heures pour rejoindre l'ISS, auquel il s'amarrera dans la soirée de dimanche. Il apportera aux trois spationautes actuellement sur la station orbitale plus de deux tonnes de matériel, notamment du combustible mais aussi de l'oxygène, de l'eau et tout le nécessaire pour des expériences scientifiques.

Les trois scientifiques actuellement sur la station sont le commandant de bord allemand Alexander Gerst, l'Américaine Serena Aunon-Chancellor et le Russe Sergueï Prokopiev.

Le lancement raté du 11 octobre a illustré les difficultés constantes de l'industrie spatiale russe, qui fait pourtant la fierté du pays.

Le secteur souffre de la corruption, mais aussi de défauts de fabrication et de conception comme par exemple dans la perte d'un cargo spatial Progress en décembre 2016 à la suite duquel les autorités avaient procédé au rappel des moteurs des lanceurs Proton.

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Affaire Acosta: un juge donne raison à CNN

WASHINGTON — CNN a engrangé une victoire vendredi dans son bras de fer avec la Maison-Blanche, la justice ayant ordonné que l'accréditation d'un journaliste de la chaîne, privé d'accès à la présidence après un échange houleux avec Donald Trump, lui soit restitué.

Le juge Timothy Kelly a pris une décision temporaire, basée sur des questions de procédure et pas sur le fond du dossier. La Maison-Blanche a indiqué qu'elle s'y plierait, en rendant «temporairement» son accréditation à Jim Acosta.

Malgré la portée limitée de la décision, les défenseurs de la liberté de la presse ont salué une victoire pour CNN et plus globalement pour les médias, cibles récurrentes du président Trump, qui les qualifie régulièrement d'«ennemis du peuple».

Sans commenter son revers, celui-ci a annoncé que des «règles» allaient être édictées pour codifier les conférences de presse. Et si les gens ne les suivent pas «nous retournerons en justice, et nous gagnerons», a-t-il menacé. «Nous voulons du décorum», même si «nous soutenons la liberté de la presse».

L'affaire avait débuté lors d'un point de presse électrique le 7 novembre à la Maison-Blanche. Le journaliste vedette de CNN, Jim Acosta, habitué aux coups d'éclat, avait un temps refusé de rendre son micro, relançant avec insistance le président Trump, qui refusait de répondre à une question sur sa politique migratoire.

Le soir-même, il était prié de rendre son badge d'accès à la présidence. Un porte-parole l'accusait d'avoir porté la main sur la stagiaire venue lui reprendre le micro, un motif abandonné ensuite, au profit d'un grief plus général de comportement «perturbateur».

Ce sont ces explications fluctuantes que le juge Timothy Kelly, du tribunal fédéral de Washington, saisi en urgence par la chaîne câblée, a sanctionnées.

«Un test»

Dans sa décision, le magistrat a estimé que la Maison-Blanche aurait dû prévenir Jim Acosta en amont, lui expliquer les motifs de sa décision et lui donner le droit de se défendre. L'administration «doit respecter les formes si elle veut retirer des accréditations», a-t-il déclaré.

Mais, a-t-il ajouté, «je veux insister sur le fait que je n'ai pas tranché la question d'une violation du Premier amendement».

Cette question, au coeur de la plainte de CNN, sera tranchée ultérieurement.

«Nous nous félicitons de ce résultat et attendons une décision complète dans les prochains jours», a commenté prudemment CNN dans un communiqué, remerciant tous ceux qui lui ont apporté leur soutien.

La plupart des grands médias américains s'étaient joints à la procédure intentée par la chaîne d'informations, y compris sa concurrente Fox News, dont plusieurs commentateurs sont des partisans affichés du président Trump.

«C'était un test», a commenté Jim Acosta, de retour à la Maison-Blanche après l'audience. «Les journalistes ont besoin de savoir que leurs droits sont sacrés grâce au Premier amendement» de la Constitution américaine, qui garantit la liberté de la presse, a-t-il ajouté.

«Importante victoire»

La Maison-Blanche a, elle, tenté de minimiser l'impact de cette décision. «Aujourd'hui, la justice a clairement indiqué qu'il n'existe pas un droit absolu à accéder à la Maison-Blanche lié au Premier amendement», a retenu sa porte-parole, Sarah Sanders.

Ses efforts n'ont pas tempéré l'enthousiasme des défenseurs des médias.

«C'est une importante victoire pour la liberté de la presse», a commenté Jameel Jaffer, le directeur de l'institut Knight de l'université Columbia. «Nous avons besoin de reporters qui puissent poser des questions difficiles dans les conférences de presse sans craindre de perdre leurs accréditations.»

La puissante organisation des droits civiques ACLU a pour sa part souligné que cette décision «rappelle que personne, même pas le président, n'est au-dessus des lois». Pour elle, «la démocratie se renforce quand des journalistes portent la contradiction face aux chefs, plutôt que lorsqu'ils se montrent déférents».