«Ne votez pas pour notre frère!»

NEW YORK — Six frères et soeurs d’un élu républicain ultraconservateur au Congrès, actuellement en campagne pour sa réélection, ont appelé publiquement à voter pour son opposant démocrate, l’intéressé leur donnant rendez-vous lors d’une prochaine réunion de famille, probablement tendue.

Paul Gosar ne travaille pas pour vous (Paul Gosar Is Not Working For You) dit le titre de la vidéo postée vendredi sur Internet et qui met en scène trois frères et trois soeurs du candidat.

Le film a été réalisé par l’équipe de campagne du candidat démocrate David Brill, qui ambitionne de reprendre à Paul Gosar ce siège à la Chambre des représentants, dans une circonscription qui couvre le nord-ouest de l’Arizona, plutôt rural, État du sud-ouest du pays.

«Paul Gosar l’élu au Congrès ne fait absolument rien pour aider l’Amérique rurale», commence sa soeur Grace, relayée par David, qui estime que «Paul ne fait absolument rien pour sa circonscription».

La santé, l’emploi, la protection de l’environnement, ils reprochent tous à leur frère de ne pas s’investir dans les dossiers qui intéressent ses administrés et appellent à voter pour son opposant.

«Il n’a pas à coeur votre intérêt», avance Tim Gosar, «il ne vous écoute pas».

Monde

La Corée du Nord et l'Iran dans le viseur de Trump à l’ONU

NATIONS UNIES — Main de fer contre l’Iran, gant de velours pour la Corée du Nord: pour sa deuxième Assemblée générale de l’ONU, l’imprévisible président américain Donald Trump est attendu cette semaine à New York avec circonspection par ses adversaires comme ses alliés.

Avec un Conseil de sécurité «plus divisé que jamais», dirigé ce mois-ci, hasard du calendrier, par les États-Unis, «on n’a aucune idée» de ce qu’il fera ou dira, confie-t-on au siège de l’ONU.

L’an dernier, Donald Trump avait promis «de détruire totalement» la Corée du Nord en cas d’attaque de ce pays. Cette année, l’heure est à la détente, avec une nouvelle rencontre envisagée cette semaine à New York entre les chefs de la diplomatie américaine et nord-coréenne.

Mais le rapprochement spectaculaire entre les deux adversaires n’a pas donné lieu jusqu’à présent à des avancées vers une dénucléarisation de la péninsule. «Des pas de bébés» sont faits «dans la bonne direction», a résumé l’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley.

Jeudi, le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, présidera une réunion du Conseil de sécurité visant à ressouder la communauté internationale après les accusations de «tricherie» et de «mensonges» échangées entre Américains et Russes dans l’application des sanctions contre Pyongyang.

Il a dit cette semaine vouloir retourner prochainement à Pyongyang, prélude à un deuxième sommet, de plus en plus probable, entre Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un.

Sur l’Iran, «on ne s’attend pas à un grand moment de réconciliation entre les deux présidents», américain et iranien, note-t-on dans l’entourage du chef d’État français, Emmanuel Macron, qui sera présent à New York. «Tant qu’il n’y a pas de volonté d’engager le dialogue des deux côtés, on ne pourra pas le forcer», relève-t-on.

Donald Trump «a dit clairement qu’il était prêt à parler à tout le monde», y compris avec les dirigeants iraniens, «s’il y a un dialogue constructif», a souligné dimanche sur la chaîne NBC Mike Pompeo, tout en doutant qu’il puisse y en avoir un avec Téhéran.

«L’offre de discussions directes avec l’Iran faite par Trump n’est ni honnête ni sincère», a par avance balayé le président iranien Hassan Rohani dans une tribune au Washington Post avant d’aller à New York, dénonçant la «longue liste de conditions préalables insultantes» établie selon lui par Washington.

Mercredi, Donald Trump présidera, marteau à la main, une réunion de chefs d’État ou de gouvernement du Conseil de sécurité pour, selon Nikki Haley, «attirer comme jamais l’attention» sur l’Iran, bête noire des États-Unis accusée de déstabiliser le Moyen-Orient.

«Changer le monde»

Absents de l’Assemblée générale, les présidents russe et chinois n’assisteront pas à cette session sur la non-prolifération des armes de destruction massive qui permettra d’aborder les dossiers syrien, nord-coréen et de l’empoisonnement d’ex-espions russes au Royaume-Uni.

Les États-Unis exercent une «stratégie de pression maximale» sur l’Iran, «mais avec quel calendrier, quel objectif véritable, à travers quelles incitations?» s’interroge-t-on en Europe.

«Nous ne cherchons pas à obtenir un changement de régime en Iran ou ailleurs», a assuré dimanche sur CNN Nikki Haley, en condamnant «toute attaque terroriste, n’importe où», après l’attentat meurtrier de la veille contre un défilé militaire iranien.

L’accord nucléaire avec l’Iran de 2015, dont Washington s’est retiré mais que les Européens cherchent toujours à sauver, devrait aussi être évoqué.

Le siège de l’ONU, transformé par la police en camp retranché dans l’est de Manhattan, et son secrétaire général, le Portugais Antonio Guterres, attendent environ 130 chefs d’État et de gouvernement — en hausse par rapport à 2017 —, quatre vice-présidents et plus de 40 ministres des Affaires étrangères.

Une semaine de discours — un par pays, 193 nations formant l’ONU —, d’apartés et d’évènements en tous genres sont prévus: défense de l’éducation, lutte contre l’antisémitisme, le plastique qui pollue, la tuberculose, inauguration d’une statue de Nelson Mandela, discours cubain dans une église, spectacle d’un groupe populaire...

Le climat, considéré par certains dirigeants comme la menace principale pour la planète, fera l’objet d’une mobilisation particulière. «L’urgence d’agir n’est pas assez prise en compte», déplore l’un d’eux.

Petits et surtout grands conflits, avec ou sans mission de paix de Casques bleus, seront comme chaque année au menu des discussions qui alimenteront la «grand-messe» diplomatique de l’année, du Sahel à la Birmanie, en passant par la Libye, la Centrafrique, la Somalie, le Proche-Orient, le Yémen ou le Venezuela.

Monde

L’accusatrice du juge Kavanaugh témoignerait jeudi au Sénat américain

WASHINGTON — La femme accusant d’agression sexuelle le juge Kavanaugh, candidat de Donald Trump à la Cour suprême, a accepté de témoigner au Sénat, plusieurs médias affirmant que l’audition aura lieu jeudi.

La commission judiciaire de la chambre haute veut entendre le témoignage de Christine Blasey Ford, qui affirme avoir été agressée sexuellement par Brett Kavanaugh lors d’une soirée arrosée entre adolescents au début des années 80.

Elle prévoit également d’auditionner sur ces allégations le magistrat de 53 ans, qui les réfute en bloc.

Plusieurs médias, dont Politico et Daily Beast, ont rapporté que l’audience aura lieu jeudi. Ils citent des sources ayant été informées du contenu d’un échange téléphonique entre la commission et les avocats de Mme Blasey.

Jusqu’ici, il semblait impossible pour Mme Blasey Ford et cette commission de tomber d’accord sur la date et les modalités de l’audition, même si la victime présumée avait déjà donné son accord de principe.

Si les avocates de celle qui est aujourd’hui professeure de psychologie dans une université californienne avaient bien signifié samedi que leur cliente était prête à témoigner, elles n’avaient pas proposé de calendrier précis et offert simplement de reprendre les discussions, selon un message électronique publié par le Washington Post.

Le bras de fer durait déjà depuis plusieurs jours. Vendredi, le président républicain de la commission, Chuck Grassley, avait ainsi adressé un nouvel ultimatum pour l’engager à témoigner mercredi, menaçant, si elle refusait, d’organiser un vote dès lundi sur la confirmation du juge, sans entendre son témoignage.

Enjeu immense 

Christine Blasey Ford ne souhaitait pas être entendue avant jeudi et demandait à pouvoir appeler un témoin qui était présent au moment de l’agression, qui se serait passé alors qu’elle avait 15 ans et Brett Kavanaugh 17.

L’enjeu est immense: la nomination à vie de ce magistrat pourrait placer les juges progressistes ou modérés en minorité pour de longues années à la Cour suprême, arbitre des grandes questions qui divisent la société américaine, comme le droit à l’avortement.

Et les républicains veulent une confirmation avant les élections législatives de début novembre, à l’issue desquelles ils pourraient perdre le contrôle du Congrès.

«Jusqu’ici les républicains poussent pour une audition et n’accèdent pas à sa requête de témoigner jeudi et non mercredi. C’est 24 heures», a déploré samedi sur Twitter la sénatrice démocrate de Californie, Kamala Harris, quelques minutes après le message des conseils de Mme Blasey Ford.

«Je soutiendrai sa ferme bravoure face aux contraintes arbitraires, injustes et irrationnelles fixées par le président [de la commission judiciaire Chuck] Grassley», a surenchéri le sénateur démocrate Richard Blumenthal, membre, tout comme Mme Harris, de la commission judiciaire.

Après avoir évoqué son agression dans le Washington Post, Mme Blasey Ford aurait reçu des menaces de mort, selon le New York Times, l’incitant à s’assurer les services d’une société de sécurité.

#WhyIDidntReport 

Signe de l’intensification des échanges autour de cette confirmation, Donald Trump a attaqué frontalement Christine Blasey Ford vendredi, s’étonnant de son silence pendant plus de trente ans.

«Si les attaques avaient été aussi graves que ce que dit le Dr Ford, il y aurait eu une plainte d’elle ou de ses parents aimants», a tweeté le président Trump.

Cette mise en doute de la parole de cette victime présumée a suscité un tollé, des milliers de personnes livrant depuis leurs témoignages publiquement sur Twitter, expliquant pourquoi elles n’avaient pas porté plainte après une agression sexuelle, derrière le hashtag  #WhyIDidntReport (Pourquoi je n’ai pas porté plainte).

«Parce que j’avais 18 ans. J’étais effrayée. Je ne pensais pas qu’on pourrait me croire», a tweeté Gretchen Whitmer, candidate démocrate au poste de gouverneur dans le Michigan.

«Je connaissais mon assaillant. Je ne pouvais pas briser le coeur de mes parents. Je ne voulais pas être définie par l’acte violent criminel de quelqu’un».

«La première fois que c’est arrivé, j’avais 7 ans», a écrit, sur Twitter, l’actrice Ashley Judd, au sujet d’une agression sexuelle dont elle dit avoir été victime. «Je l’ai dit aux premiers adultes que j’ai vu. Ils m’ont dit: C’est un vieil homme gentil, il n’a pas voulu faire ça.»

«Donc quand j’ai été violée à 15 ans, je ne l’ai dit qu’à mon journal intime», a poursuivi la comédienne, devenue l’une des héroïnes du mouvement post-Weinstein, car elle a été une des premières à avouer avoir été harcelée par le producteur déchu.

Monde

L’Iran en furie après un attentat meurtrier

Téhéran — Le président Hassan Rohani a promis une réponse «terrible» de l’Iran après un attentat contre un défilé militaire dans le sud du pays dans lequel au moins 29 personnes, dont des civils, ont été tuées samedi.

L’attaque, dénoncée par Téhéran comme un acte «terroriste», a été perpétrée dans la matinée par un commando armé à Ahvaz, la capitale de la province du Khouzestan, peuplée majoritairement d’Arabes.

C’est l’une des plus meurtrières qu’ait connues l’Iran en près de huit ans. Elle a été revendiquée par le groupe jihadiste État islamique (EI), qui dit répondre aux interventions de l’Iran dans la région.

La fusillade a duré «dix à quinze minutes», a déclaré à l’AFP Behrad Ghassemi, photographe local présent sur les lieux du drame.

Il a dit avoir vu un assaillant vêtu d’un uniforme des Gardiens de la Révolution et armé d’un fusil mitrailleur AK-47 avec «trois chargeurs attachés ensemble avec du ruban adhésif».

«J’ai vu un enfant de quatre ans et une femme atteints par des balles», les assaillants «tiraient sur toute personne qu’ils pouvaient» atteindre.

Le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, a vu dans l’attentat «une continuation de la conspiration des gouvernements de la région à la solde des États-Unis et qui cherchent à répandre l’insécurité dans notre cher pays».

L’attaque, qui a fait également 57 blessés, dont plusieurs dans un état grave, a eu lieu à la veille du départ annoncé de M. Rohani pour New York, où il doit participer à l’Assemblée générale de l’ONU.

Elle survient dans un climat de tensions très fortes entre l’Iran et les États-Unis, qui s’apprêtent à intensifier début novembre leurs sanctions économiques contre la République islamique.

«La réponse de la République islamique à la moindre menace sera terrible», a déclaré M. Rohani, selon un communiqué officiel.

Le ministre des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a accusé «des terroristes recrutés, entraînés et payés par un régime étranger» d’avoir «attaqué Ahvaz» et a mis en cause «les parrains régionaux du terrorisme et leurs maîtres américains».