Au-delà, la porte-parole du département d’État a assuré ne pas vouloir d’une «confrontation avec le gouvernement chinois».

Washington plaide pour une relation économique «équilibrée» avec Pékin

Le chef de la diplomatie américaine Rex Tillerson a insisté jeudi à Washington auprès de son homologue chinois Yang Jiechi sur la «nécessité de parvenir à une relation économique juste et équilibrée».

Les deux hommes ont également «réaffirmé l’engagement» des présidents Donald Trump et Xi Jinping en faveur du «maintien de la pression contre les programmes nucléaire et balistique illégaux de la Corée du Nord», a rapporté la porte-parole du département d’État américain Heather Nauert devant la presse.

«Nous espérons que la Chine fera davantage, car nous savons qu’elle peut faire davantage», a-t-elle ajouté.

Interrogée sur la teneur des discussions avec Yang Jiechi, conseiller d’État et véritable chef d’orchestre de la diplomatie chinoise, elle a expliqué que les États-Unis préféraient garder «privées» les conversations avec certains pays, «dont la Chine».

Selon l’agence officielle Chine nouvelle, M. Yang s’est apparemment tenu à la position officielle de Pékin, rappelant que la question coréenne «doit être résolue par le dialogue et la négociation».

La Chine défend notamment l’idée d’une suspension simultanée des essais nucléaires de Pyongyang et des manoeuvres militaires américano-sud-coréennes, ce à quoi se refuse farouchement Washington.

Dans son entretien avec Rex Tillerson, Yang Jiechi a par ailleurs appelé à «renforcer la coordination (des deux puissances) sur des sujets internationaux d’importance», poursuit le média d’Etat sans livrer de détails.

«Nous avons une relation constructive avec la Chine, nous avons un échange d’idées et d’informations franc», a commenté de son côté Mme Nauert, rappelant que Donald Trump avait «exprimé très clairement ses inquiétudes quant au commerce» et au déficit commercial des États-Unis avec le géant asiatique.

Selon les douanes chinoises, le déficit commercial des États-Unis vis-à-vis de la Chine a augmenté de 10% en 2017, à 276 milliards de dollars, un niveau record. Le président américain avait alors jugé, dans un échange téléphonique avec son homologue chinois, que «la situation n’était pas tenable».

Au-delà, la porte-parole du département d’État a assuré ne pas vouloir d’une «confrontation avec le gouvernement chinois».

«Nous identifions simplement les actes chinois qui sapent un ordre basé sur des règles», a-t-elle ajouté, précisant que le dialogue américano-chinois pouvait porter également sur la cybersécurité ou les droits de l’Homme et la démocratie.

De son côté, la Chine s’est dite jeudi «inquiète» de la multiplication des enquêtes commerciales lancées par Washington contre des importations chinoises, certains produits étant déjà visés par des mesures antidumping.

Assurant que Pékin voulait éviter de transformer ces frictions en «tempête» commerciale, le porte-parole du ministère chinois du Commerce Gao Feng n’a pas exclu l’ouverture d’une enquête de Pékin sur le soja américain.