Quatre citoyennes du Minnesota se prononcent sur les élections du 6 novembre. Dans le sens des aiguilles d’une montre, en partant de la gauche : Leah Jacobson, Jennifer Haley et Alisha Johnson, trois républicaines, ainsi que Mallory Stevenson, une mère de cinq enfants indécise.

Voix de républicaines dans le Minnesota

SAINT PAUL — Quand les États-Unis ont appris à leur réveil la victoire-surprise de Donald Trump en novembre 2016, une statistique a interpellé : malgré les scandales et les remarques sexistes, le milliardaire a attiré plus de la moitié des voix des femmes blanches.

Les femmes devraient donc jouer un rôle primordial lors des élections du 6 novembre. Si beaucoup comptent éviter le parti républicain, hérissées par les tirades de Donald Trump et la tumultueuse nomination de Brett Kavanaugh à la Cour suprême, les républicaines restent encore majoritairement fidèles au «Grand Old Party».

Zoom sur trois républicaines et une indécise, toutes certaines d’aller voter dans le Minnesota, où plusieurs scrutins se joueront sur le fil du rasoir.

La Cour suprême, malgré Trump

Leah Jacobson attend son septième enfant, révèle-t-elle dans un sourire contagieux qui semble rarement la quitter. En ce soir d’octobre déjà froid, cette femme de 37 ans a organisé dans la petite ville de Crosby, au bord d’un lac, une rencontre entre des électeurs et le candidat républicain Pete Stauber, qui a de bonnes chances de gagner dans ce bastion longtemps démocrate du nord du Minnesota.

Elle dit avoir voté ces dix dernières années aussi bien pour les républicains que pour les démocrates, mais toujours avec la question de l’avortement au cœur de ses choix. Elle dirige une ONG qui milite contre l’IVG à travers l’ouverture de centres de santé pour le femmes, The Guiding Star Project.

L’élection de 2016 «a été l’une de mes pires expériences dans l’isoloir. Je me souviens d’être là, debout, et de ne pas pouvoir choisir Trump parce que je pensais qu’il ne respectait pas les femmes, qu’il avait changé d’opinion sur l’avortement de nombreuses fois et je me disais : “Je n’aime pas cet homme et je ne lui fais pas confiance”. Mais, au final, je savais qu’il pourrait nommer des juges à la Cour suprême et je le croyais quand il disait qu’il choisirait un candidat anti-avortement. Je ne dirais pas que c’est quelqu’un que je respecte, mais, jusqu’à présent, je suis satisfaite de ses politiques concernant l’avortement».

Bonne note sur l’économie, malus sur le style

«Je suis une femme diplômée satisfaite de la marche des choses», souligne Alisha Johnson, 52 ans, responsable d’une agence bancaire et titulaire d’un MBA, comme en réponse aux nombreux analystes s’attendant à voir des électrices ayant son profil se détourner de Donald Trump.

Derrière elle, la fanfare de l'école secondaire privée où étudie sa fille répète quelques notes avant le traditionnel défilé de rentrée scolaire. Mendota Heights, banlieue résidentielle de la ville de Saint Paul, est située dans un fief républicain qui pourrait bien passer démocrate en novembre.

«D’un point de vue économique, je suis très heureuse de l’impact» de Donald Trump «sur le pays, sur les impôts, sur l’éducation. Le président ne dit pas les choses comme je les dirais et c’est dommage, mais je ne suis pas à sa place. Ce qui est très important pour moi, c’est sa capacité à accomplir les choses et à créer le changement».

Trump à la Maison-Blanche, démocrates aux législatives

Protégé du froid par un bonnet Trump, son fils de huit ans avance, timide, avec Jennifer Haley dans la longue file d’attente pour voir le président américain en rassemblement à Rochester, Minnesota.

«C’est une occasion unique de l’entendre parler», explique d’une voix douce cette mère au foyer de quatre enfants, âgée de 37 ans.

«Nous avions toujours été plutôt progressistes, mais Trump nous a vraiment convaincus, il partage beaucoup de nos valeurs. La chose la plus importante, c’est protéger nos droits, particulièrement le deuxième amendement» de la Constitution sur le port d’armes à feu, «ainsi que sa position sur l’immigration».

Mais le 6 novembre, «nous allons pencher plutôt démocrate».

L’indécise, proie convoitée des deux partis

Mallory Severson, mère de cinq enfants âgée de 34 ans, est venue en famille rencontrer le républicain Stauber dans une petite brasserie de la ville de Crosby, pour s’informer avant de décider. Elle ne révèle pas qui elle a choisi en 2016.

«Je fais encore des recherches sur les candidats, mais je penche plutôt pour les valeurs» défendues par ce candidat, explique cette responsable administrative dans le cabinet juridique de son époux.

«Je cherche quelqu’un qui a élevé une famille comme moi, qui a travaillé dur toute sa vie comme nous tentons de le faire, quelqu’un qui comprend les difficultés et défis de la vie de famille et tente d’améliorer les choses pour les travailleurs américains».