Le chanteur de U2, Bono, a cofondé l'organisme à but non lucratif ONE, dans la tourmente pour des cas d'abus et d'inconduites systématiques à son bureau de Johannesburg, en Afrique du Sud.

Une enquête révèle des abus au sein d'un organisme cofondé par Bono

WASHINGTON — ONE, l'organisme à but non lucratif cofondé par Bono, le chanteur du groupe rock U2, a reconnu avoir échoué en tant qu'organisation après qu'une enquête interne eut révélé l'existence d'abus et d'inconduites systématiques à son bureau de Johannesburg, en Afrique du Sud.

Dans une lettre publiée vendredi sur le site de ONE, la chef de la direction de l'organisme, Gayle Smith, indique qu'entre 2011 et 2015, le personnel du bureau sud-africain a été intimidé, critiqué et dénigré par les gestionnaires. Une superviseure a, par exemple, obligé ses employées à travailler comme hôtesses durant des fêtes qu'elle donnait chez elle la fin de semaine.

La missive cite aussi le cas d'une employée qui aurait été congédiée après que son superviseur eut tenu des propos sexistes et suggestifs à son endroit en présence d'un représentant du gouvernement et qu'elle eut refusé d'avoir des relations sexuelles avec le dignitaire.

Mme Smith, qui s'est jointe à ONE en mars 2017, a précisé que la haute direction de l'organisme avait été mise au courant des allégations quand les employés concernés, qui ont depuis démissionné, les avaient partagées sur les médias sociaux en novembre dernier. Une enquête interne a alors été lancée.

Les allégations de harcèlement sexuel n'ont pu être corroborées, a écrit la chef de direction, insistant toutefois sur le fait que ONE ne les avait pas pour autant jugées non fondées.

Les enquêteurs ont cependant pu étayer les plaintes relativement à l'intimidation, notamment contre une gestionnaire de Johannesburg qui aurait insulté ses subordonnés à de multiples reprises, les traitant d'idiots, de stupides et d'incapables.

Selon l'enquête, les hauts dirigeants de l'organisme ont été avisés des abus par courriel et par le biais de plaintes déposées auprès des ressources humaines, mais n'ont rien fait pour y mettre fin.

«Les preuves recueillies durant notre enquête sont suffisantes à mes yeux pour conclure que nous avons échoué en tant qu'organisation et nous devons mettre en place les systèmes, politiques et pratiques nécessaires pour que cela ne se reproduise plus jamais», a écrit Gayle Smith.

En entrevue avec l'Associated Press, Mme Smith a précisé que tous les cadres et employés impliqués dans cette affaire ne travaillaient plus pour ONE.

Un porte-parole de l'organisme a indiqué que Bono avait été informé de la situation en novembre, peu de temps après que les ex-employés eurent publié leurs allégations en ligne.