Peu avant minuit, heure locale, les forces de l’ordre ont indiqué avoir réussi à sécuriser le bâtiment. Les policiers sont toutefois toujours à la recherche du suspect.

Un soldat ouvre le feu dans un centre commercial en Thaïlande: 20 morts

BANGKOK — Un populaire centre commercial décoré de sculptures de Lego colorées, d’un carrousel et de reproductions d’endroits célèbres de partout dans le monde est devenu le théâtre d’un carnage faisant au moins 20 morts et une trentaine de blessés samedi après-midi en Thaïlande.

Selon les autorités locales, un soldat a ouvert le feu armé d'un fusil d'assaut sur la foule bondée de clients du Terminal 21 Korat dans la ville de Nakhon Ratchasima.

Le porte-parole du ministère de la Défense, le lieutenant-général Kongcheep Tantrawanich, a déclaré que le tireur a été identifié comme étant le sergent Jakrapanth Thomma. D'après les autorités, le tueur était en colère en raison d'un conflit lié à une affaire de titre de propriété.

Peu avant minuit, heure locale, les forces de l'ordre ont indiqué avoir réussi à sécuriser le bâtiment. Les policiers sont toutefois toujours à la recherche du suspect. Trois heures plus tard, de nouveaux coups de feu ont été entendus pendant que des ambulances s'approchaient des lieux. Les journalistes étaient tenus éloignés et aucune annonce n'a été faite à ce sujet.

Il s'agit d'une deuxième tuerie de masse à survenir en Thaïlande en un mois.

Des policiers parlant sous couvert de l'anonymat parce qu'ils n'étaient pas autorisés à commenter l'affaire ont relaté que le suspect aurait volé une arme à sa base militaire avant de prendre le volant en direction du centre commercial. Il aurait tiré sur des civils en chemin vers le lieu de la tuerie.

Selon des images de caméras de surveillance diffusées par une station de télévision thaïlandaise, le suspect semblait être armé d'un fusil d'assaut. Il aurait débuté son entreprise meurtrière vers 15 h 30, heure locale.

Sur les images, on peut voir des gens à l'extérieur du centre commercial se sauver pour se mettre à l'abri des balles.

Le ministre de la Santé publique, Anutin Charnvirakul, a rapporté qu'un médecin avait notamment été abattu alors qu'il tentait de porter secours à une personne blessée.

Une équipe de secours avait réussi à évacuer plus de 100 personnes du centre commercial, où elles avaient été piégées pendant des heures.

Un policier contacté par téléphone dans la ville de Nakhon Ratchasima a déclaré que le soldat avait d'abord abattu un autre soldat et une femme et ensuite blessé une troisième personne, apparemment à cause d'un différend foncier.

L'homme soupçonné d'être le tireur a mis à jour sa page Facebook pendant la tuerie avec des déclarations comme «Personne ne peut échapper à la mort» et «Dois-je abandonner?» Dans une publication ultérieure, il a écrit: «Je me suis déjà arrêté.»

Sa photo de profil le montre portant un masque, vêtu de vêtements de style militaire et armé d'un pistolet. L'image d'arrière-plan représente une arme de poing et des balles.

Sur une photo diffusée sur les réseaux sociaux qui semblait provenir de sa page Facebook, le suspect peut être vu portant un casque militaire tandis qu'une boule de feu et de la fumée noire sont derrière lui. La page Facebook a été rendue inaccessible après le début des tirs.

Nakhon Ratchasima est une ville de plus de 140 000 habitants, située à environ 250 kilomètres au nord-est de la capitale thaïlandaise, Bangkok. C'est une ville importante pour la région nord-est de la Thaïlande, relativement pauvre et rurale.

Le centre commercial Terminal 21 Korat fait partie d'une petite chaîne de centres commerciaux thaïlandais dirigée par LH Mall & Hotel, un promoteur immobilier établi à Bangkok.

Le complexe d'acier et de verre compte sept étages et imite l'architecture d'un aéroport avec une fausse tour de contrôle et des portes d'embarquement. On y trouve également une imposante maquette de jet commercial à l'intérieur. Chaque étage est décoré à l'image d'un pays différent avec des répliques de la tour Eiffel, du Big Ben et du pont Golden Gate.

De nombreux centres commerciaux en Thaïlande ont des détecteurs de métaux et des caméras de sécurité aux entrées. Ils sont surveillés par des agents de sécurité en uniforme, mais non armés. Les contrôles sur ceux qui entrent sont souvent au mieux superficiels.

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UN SOLDAT ABATTU APRÈS UNE TUERIE DANS UN CENTRE COMMERCIAL 

Un soldat a été abattu dimanche par la police dans un centre commercial du nord-est de la Thaïlande où il s'était retranché après avoir dévalisé un arsenal et massacré au moins vingt personnes, un périple sanglant qu'il a commenté sur Facebook et qui a tenu le pays en haleine pendant presque 17 heures.

On ignore le nombre de personnes restées piégées à l'intérieur du centre commercial Terminal 21 à Nakhon Ratchasima - ville également connue sous le nom de Korat - dans le nord-est du pays, où le tireur a résisté toute la nuit, équipé d'armes d'assaut dérobées dans sa caserne.

Des rafales de coups de feu ont retenti au lever du jour, quelques heures après que les forces de l'ordre eurent pris d'assaut le rez-de-chaussée et libéré des dizaines de clients paniqués et choqués. Le tireur, un officier subalterne de l'armée identifié comme l'adjudant-chef Jakrapanth Thomma, avait relayé son massacre sur son compte Facebook.

L'assaillant a été tué vers 02H00 GMT, a déclaré à l'AFP le chef de la division criminelle de la police, Jirabhob Bhuride. Selon un porte-parole de la police, il a été abattu par des commandos d'élite des forces de sécurité au cours d'une opération qui a mobilisé plusieurs centaines d'hommes.

«Le bilan officiel est de 20 morts et 42 blessés, dont 9 ont été admis en chirurgie», a déclaré aux journaistes Narinrat Pitchayakamin, un médecin de Korat, corrigeant un bilan initial de 21 morts.

Mais on ignore s'il y a davantage de victimes à l'intérieur de ce complexe de plusieurs étages, qui était très fréquenté lorsque le tireur a fait irruption samedi après-midi.

Peu de temps avant la mort du tireur, une file d'ambulances a été vue quittant le centre commercial, tandis que des experts de la police judiciaire arrivaient sur place.

Pendant la nuit, des échanges de tirs nourris ont été entendus et des personnes ont été évacuées du bâtiment par petits groupes.

Au cours du raid, un policier a été tué. «Il a été touché et maheureusement, il n'a pas survécu», a annoncé le vice-premier ministre Anutin Charnvirakul.

Plusieurs évacués ont raconté comment une journée ordinaire de magasinage le samedi dans un centre commercial animé a basculé dans l'horreur.

«C'était comme dans un cauchemar... Je suis heureuse d'être en vie» a déclaré à l'AFP Sottiyanee Unchalee, 48 ans, précisant qu'elle s'était cachée dans les toilettes en entendant les coups de feu.

«Je suis si désolée pour ceux qui sont morts», a-t-elle ajouté.

Armes dérobées 

Un secouriste volontaire, dont l'équipe a transporté quatre corps à l'hôpital, a décrit un véritable bain de sang.

«Je n'ai jamais rien vu de tel», a expliqué Peerapong Chatadee à l'AFP. «Je me sens tellement triste. C'est un soldat, il n'aurait pas dû tirer sur des gens sans armes.»

La tuerie a commencé samedi en fin d'après-midi à Nakhon Ratchasima sur une base militaire, a indiqué la police.

Trois personnes y ont été tuées, dont au moins un soldat, lorsque l'adjudant-chef Jakrapanth Thomma a ouvert le feu, d'abord au domicile d'un officier supérieur, puis dans la caserne.

«Il a volé un véhicule militaire et s'est rendu dans le centre-ville», selon le lieutenant-colonel Mongkol Kuptasiri.

Là, le meurtrier s'est introduit dans le centre commercial et a ouvert le feu au hasard sur les clients avec des armes dérobées dans l'arsenal de la base, provoquant un carnage.

Les motivations du tueur restent inconnues. Mais il a posté des vidéos et photos de lui, ainsi que plusieurs messages sur sa page Facebook, comme «Dois-je me rendre?», ou encore: «Personne ne peut échapper à la mort».

Dans une vidéo, qui a été supprimée depuis, Jakrapanth Thomma, portant un casque de l'armée, filmait depuis sa Jeep en disant: «Je suis fatigué (...) Je ne peux plus appuyer mon doigt», mimant la forme d'une gâchette avec sa main.

Des photos d'un homme portant un masque de ski et brandissant un pistolet ont également été postées.

Une porte-parole de Facebook a déclaré à l'AFP que le réseau social avait «fermé le compte du tireur et allait travailler nuit et jour pour retirer tout contenu illégal en rapport avec cette attaque dès que nous en aurons connaissance».

La ville de Korat abrite l'une des plus grandes casernes de Thaïlande, un pays où l'armée est très impliquée dans la société et en politique.

Le royaume est l'un des pays du monde avec le plus grand nombre d'armes en circulation. Plusieurs fusillades dans des tribunaux à la fin de l'année dernière avaient provoqué l'inquiétude à ce sujet dans le pays d'Asie du Sud-Est. AFP, Dene Chen