Donald Trump est arrivé samedi en Californie, où il devait aller à la rencontre des pompiers qui continuent à lutter contre les gigantesques incendies qui ont déjà fait plus de 70 morts.

Trump dans la fumée et la cendre en Californie

PARADISE — Il faut se rendre au coeur des ruines pour se rendre bien compte de l'ampleur de la désolation causée par le feu de forêt meurtrier qui a ravagé le nord de la Californie, a déclaré le président des États-Unis, Donald Trump, samedi.

Donald Trump s'est rendu sur les lieux pour constater de ses propres yeux les dégâts importants causés par le feu.

«Nous allons devoir travailler rapidement. J'espère que ce sera le dernier, parce que c'est vraiment un incendie désastreux», a-t-il dit devant les décombres d'une maison mobile, à Paradise, la petite localité réduite en cendre.

Il s'est engagé à améliorer la gestion des forêts afin de réduire les risques futurs.

«Tout le monde a vu la lumière. Je ne pense pas que l'on assistera encore à un désastre de cette ampleur», a-t-il dit.

Au moins 71 personnes sont mortes dans le nord de la Californie et plus de 1 000 personnes manquent à l'appel. Plus de 5500 personnes étaient mobilisées pour lutter contre l'incendie qui couvrait une superficie de 590 kilomètres carrés. Selon des responsables, le feu était maîtrisé à environ 50 %.

«Tout rentrera dans l'ordre, mais en attendant, on doit prendre des personnes qui ont été gravement touchées, a fait valoir le président. Il y a des secteurs où on ne peut pas encore se rendre pour le moment.»

Près de lui, on pouvait voir les restes de plusieurs voitures incendiées. Les arbres ont été brûlés; leurs feuilles ont disparu. Les maisons avaient totalement disparu; il restait quelques fondations et de l'acier tordu, ainsi qu'une cheminée. L'incendie aurait traversé la région à la vitesse de près de 130 km/h.

Le président a visité des centres d'opérations, rencontré les responsables de l'intervention et félicité les pompiers, des forces de l'ordre et des représentants de l'Agence fédérale de gestion des urgences.

«Nous n'avons jamais rien vu de tel en Californie», a-t-il déclaré.

M. Trump a fait un tour en hélicoptère vers Chico avant de faire le tour de Paradise. Une couverture complète de brume et une odeur de fumée ont accueilli le président à son arrivée à la base aérienne de Beale, près de Sacramento.

«Il y a beaucoup de personnes portées disparues, beaucoup plus que quiconque aurait pu imaginer», avait déclaré le président américain en quittant la Maison-Blanche. «Je veux être aux côtés des pompiers», avait-il ajouté, évoquant leur «courage extraordinaire».

Le «Camp Fire» a ravagé plus de 59 000 hectares dans le nord de l’État. Dans le sud de la Californie, près de Los Angeles, le «Woolsey Fire» a brûlé près de 40 000 hectares, dont une partie de la célèbre station balnéaire de Malibu, prisée des vedettes.

Animosité

Ce grand État de l’Ouest américain est sur tous les fronts contre le milliardaire républicain, de l’immigration à l’environnement, en passant par la régulation des armes à feu. L’État le plus peuplé des États-Unis est aussi celui qui compte le plus d’immigrés et de sans-papiers, largement ciblés par la politique présidentielle.

Preuve de cette animosité mutuelle, M. Trump avait d’abord dénoncé la mauvaise gestion des forêts par les autorités du «Golden State», oubliant que celles-ci sont en majorité sous le contrôle de l’État fédéral.

Il avait aussi menacé de couper les fonds fédéraux, alors que le Congrès a consacré un budget de 2 milliards de dollars à la lutte contre les incendies pour l’exercice budgétaire 2018.

Le président a depuis changé de ton: il a déclaré la Californie en état de «catastrophe majeure», salué le travail des soldats du feu et assuré la population de son soutien en expliquant avoir parlé directement de la tragédie avec le gouverneur démocrate Jerry Brown.

Il a toutefois remis l’accent sur l’absence, selon lui, de nettoyage préventif des zones forestières. La zone de l’incendie de Paradise «aurait dû être nettoyée, il n’y aurait pas eu de feu», a-t-il affirmé sur Fox News.

Le réchauffement climatique a «peut-être un peu contribué» à la progression fulgurante des flammes, mais «le plus gros problème, c’est la gestion», a-t-il ajouté sur Fox News.

L’enquête se poursuit pour connaître l’origine des deux incendies. Une plainte a été déposée contre le fournisseur local d’électricité Pacific Gas & Electric (PG&E) qui a évoqué un incident sur une ligne à haute tension juste avant le déclenchement du brasier à Paradise.

La Californie, victime de sécheresse chronique depuis plusieurs années, a connu plusieurs incendies majeurs depuis un an, qui ont fait plus de 100 morts et brûlé des centaines de milliers d’hectares.