Dimanche, des centaines de personnes se sont rassemblées près du centre commercial Terminal 21 de la ville de Nakhon Ratchasima pour rendre hommage aux victimes.

Recueillement pour les 29 personnes abattues par un soldat en Thaïlande

NAKHON RATCHASIMA — Des centaines de personnes se sont recueillies dimanche soir pour une veillée funèbre dans une ville du nord-est de la Thaïlande, après une tuerie perpétrée par un soldat qui a fait 29 morts et des dizaines de blessés.

Selon les autorités, les motivations de l’auteur de ce carnage «sans précédent» étaient d’ordre «personnel».

Vingt-neuf personnes, dont des civils — le plus jeune étant un garçon de 13 ans — et des membres des forces de l’ordre ont été tuées par le soldat, a déclaré le gouverneur de la province. Une soixantaine de personnes ont été blessées.

Après une nuit entière émaillée d’échanges de tirs nourris, et d’images de foule s’échappant du centre commercial, théâtre d’un carnage, les tireurs d’élite ont abattu l’assaillant dimanche au petit matin, mettant fin à un périple sanglant de 17 heures qui a tenu le pays en haleine.

Dimanche, des centaines de personnes se sont rassemblées près du centre commercial Terminal 21 de la ville de Nakhon Ratchasima (nord-est), également appelée Korat, où ils ont allumé des bougies et prié en mémoire des victimes alors que des moines scandaient des prières.

«C’est sans précédent en Thaïlande et je veux que ce soit la dernière fois qu’une telle crise se produit», a déclaré le premier ministre thaïlandais, Prayut Chan-O-Cha, à l’hôpital de Nakhon Ratchasima où les victimes de la tuerie, dont deux grièvement blessées au cerveau, ont été prises en charge.

«Problème personnel»

M. Prayut, ancien numéro 1 de l’armée, a mis en cause un «problème personnel» lié à la vente d’une maison pour expliquer le coup de folie du militaire.

L’assaillant, Jakrapanth Thomma, un jeune adjudant-chef, a utilisé une mitrailleuse M60, un fusil d’assaut et des munitions qu’il avait dérobés sur sa base militaire, l’une des plus importantes de Thaïlande, ainsi qu’un véhicule militaire.

La plupart des 29 victimes ont été tuées dans et autour du centre commercial.

Pendant la nuit, des échanges de tirs nourris ont été entendus et des personnes ont été évacuées du Terminal 21 par petits groupes.

Au cours de l’assaut, un policier a été tué.

Malgré les premiers éléments fournis par le premier ministre, les motivations exactes de l’assaillant restent floues, tandis que Korat, une ville paisible de taille moyenne, prenait conscience de l’ampleur des atrocités.

La tuerie a commencé samedi en fin d’après-midi sur une base militaire, où trois personnes ont trouvé la mort, d’abord au domicile d’un officier, puis dans la caserne où le soldat a dérobé des armes et un véhicule militaire pour se rendre dans le centre-ville.

Là, le meurtrier s’est introduit dans le centre commercial et a ouvert le feu au hasard, provoquant un carnage.

Il a posté des vidéos et photos de lui, ainsi que plusieurs messages sur sa page Facebook, comme «Dois-je me rendre?», ou encore «Personne ne peut échapper à la mort».

Dans une vidéo, qui a été supprimée depuis, Jakrapanth Thomma, portant un casque de l’armée, filmait depuis sa Jeep en disant : «Je suis fatigué [...] Je ne peux plus appuyer mon doigt», mimant la forme d’une gâchette avec sa main.