Huawei est soupçonné d’espionnage pour le compte de Pékin par les États-Unis, qui l’ont exclu du déploiement de la 5G sur leur sol et tentent de convaincre leurs alliés occidentaux d’en faire autant. Huawei nie ces allégations.

«Prudence» face à Huawei, plaide un ministre britannique

LONDRES — Le ministre britannique des Affaires étrangères, Jeremy Hunt, a appelé dimanche son gouvernement à faire preuve «de prudence» et à bien réfléchir avant d’entrouvrir les portes du réseau 5G du Royaume-Uni à l’équipementier chinois Huawei.

«Nous avons raison d’avoir un certain degré de prudence vis-à-vis du rôle des grandes entreprises chinoises en raison du degré de contrôle que l’État chinois est en mesure d’exercer sur elles», a déclaré Jeremy Hunt dimanche soir au Daily Telegraph.

Cinq jours auparavant, la première ministre Theresa May avait donné son feu vert, selon des fuites dans la presse, à Huawei pour participer au déploiement au Royaume-Uni du réseau 5G, future génération ultrarapide de l’internet mobile.

«Cela ne veut pas dire que (le) rôle (de ces entreprises) est automatiquement malveillant», a poursuivi M. Hunt. «Mais il y a des points comme la loi de 2017 qui dispose que toutes les entreprises chinoises, quel que soit leur actionnariat, doivent coopérer avec les services de renseignements chinois en toute occasion». Des éléments à «soupeser très attentivement» avant toute décision finale.

Celle-ci sera rendue officielle d’ici le mois de juin, selon un porte-parole du gouvernement.

La Chine se défend

Huawei est soupçonné d’espionnage pour le compte de Pékin par les États-Unis, qui l’ont exclu du déploiement de la 5G sur leur sol et tentent de convaincre leurs alliés occidentaux d’en faire autant. Huawei nie ces allégations.

L’ambassadeur chinois au Royaume-Uni, Liu Xiaoming, a de son côté défendu l’équipementier et encouragé le Royaume-Uni à «prendre une décision indépendante, fondée sur ses intérêts nationaux», dans une tribune publiée dans The Sunday Telegraph.

«Les préoccupations concernant la sécurité sont compréhensibles», a-t-il estimé. La 5G, en tant que technologie «nouvelle», n’est «pas parfaite et doit encore être améliorée». Mais «les risques», qui «doivent être pris au sérieux», peuvent être «gérés» si «les entreprises et les pays collaborent», a-t-il assuré.