À la gauche du parti démocrate, le sénateur Bernie Sanders, 78 ans, prône une «révolution» politique afin de parvenir à une société plus égalitaire et domine confortablement les sondages dans cet État, voisin de son fief du Vermont.

Primaires démocrates: fin de campagne marathon avant le vote crucial du New Hampshire

MANCHESTER — Multipliant les rencontres à travers le New Hampshire, les favoris Bernie Sanders et Pete Buttigieg ont jeté lundi leurs dernières forces dans la bataille à la veille d’un vote crucial des primaires démocrates, qui pourrait les propulser vers l’investiture du parti pour défier Donald Trump en novembre.

Pendant que les candidats échangeaient des piques acerbes dans cet État du nord-est américain glacial en cette saison, un autre prétendant à l’investiture démocrate, Michael Bloomberg, a enregistré un bond spectaculaire dans les intentions de vote à l’échelle nationale, grimpant à la troisième place d’une enquête d’opinion de l’université Quinnipiac.

La hausse est d’autant plus remarquable que cet ex-républicain et ex-indépendant ne se présente pas dans les premiers États qui votent pour les primaires en février. Il compense en arrosant copieusement de publicités autofinancées les États qui voteront à partir du «Super Tuesday», le 3 mars, lorsqu’il entrera en lice.

Les dix rivaux en lice dans le New Hampshire pour l’investiture démocrate avaient eux prévu une trentaine de rassemblements de campagne lundi.

À la gauche du parti, le sénateur indépendant Bernie Sanders, 78 ans, prône une «révolution» politique afin de parvenir à une société plus égalitaire et domine confortablement les sondages dans cet État, voisin de son fief du Vermont.

Il est suivi par l’ex-maire de la ville de South Bend Pete Buttigieg, 38 ans, qui a surpris en remportant, d’un cheveu, un premier scrutin chaotique organisé il y a une semaine dans l’Iowa.

«Ce qui va se passer ici aura d’énormes conséquences», lance Bernie Sanders à ses partisans dans le New Hampshire.

Sans les citer, il éreinte ses rivaux plus modérés qui acceptent, contrairement à lui, des financements de campagne venant de «milliardaires».

Même s’il ne compte que sur les petits versements de ses partisans, le septuagénaire affiche des montants record de levées de dons.

Ancien militaire, premier candidat ouvertement homosexuel aussi bien placé dans la course à la Maison-Blanche, Pete Buttigieg plaide lui pour une politique «réaliste» et de rassemblement.

Et dénonce, à propos de la profonde réforme du système de santé proposée par son rival socialiste, «un projet tellement cher que le sénateur Sanders lui-même admet qu’il n’a aucune idée de comment le financer».

Dans les intentions de vote du New Hampshire, les deux hommes sont loin devant les autres principaux prétendants : la sénatrice modérée Amy Klobuchar, la sénatrice progressiste Elizabeth Warren et l’ancien vice-président Joe Biden.

Biden sous pression

La pression est forte sur le modéré Joe Biden, qui a déçu dans l’Iowa avec une modeste quatrième place. Âgé de 77 ans, il était pourtant le grand favori des sondages nationaux, se présentant en meilleur atout pour battre Donald Trump.

Sanders est même passé pour la première fois lundi devant Biden dans le sondage Quinnipiac mené à travers les États-Unis.

Martelant qu’il n’abandonnera pas la course «quoiqu’il arrive mardi», l’équipe de Biden semble bien envisager un nouveau revers dans le New Hampshire.

Mais elle table, pour le relancer vers les sommets, sur une bonne performance en Caroline du Sud, qui votera fin février. Là-bas, la population noire est très importante et reste, avec une écrasante marge, acquise à l’ancien bras droit de Barack Obama.

Problème avec cette stratégie : deux ou trois mauvais résultats de l’acabit de l’Iowa pourraient faire rapidement s’assécher ses sources de financement... et provoquer l’effondrement de sa campagne.