Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo au Vatican, mercredi

Pompeo reconnaît avoir écouté l’appel entre Trump et Zelenskiy

WASHINGTON - Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a reconnu mercredi qu’il avait participé à l’appel téléphonique de juillet entre le président Donald Trump et le président ukrainien, appel qui est au centre de l’enquête de destitution de la Chambre.

Il a admis, lors d’une conférence de presse à Rome, que «j’ai participé à l’appel téléphonique» le 25 juillet entre M. Trump et Volodymyr Zelenskiy, affirmant qu’en tant que diplomate en chef des États-Unis, il connaissait bien la politique américaine à l’égard de l’Ukraine.

Mais il a continué à sonner réfractaire à l’enquête de la Chambre, affirmant que les enquêteurs de la Chambre avaient contacté «des employés du département d’État directement» et leur avaient demandé de ne pas contacter les avocats du département pour obtenir des conseils.

Il a déclaré que le département d’État «ferait (son) devoir constitutionnel de coopérer» avec le Congrès, mais ne tolérerait pas «l’intimidation».

Dans un micromessage mardi soir, M. Trump qualifié l’enquête de destitution de «coup d’État» visant à priver le peuple de «son pouvoir, de son droit de vote, de ses libertés, de son deuxième amendement, de sa religion, de son armée, de son mur des frontières et des droits octroyés par Dieu».

En fait, un coup d’État est généralement défini comme une prise soudaine, violente et illégale du pouvoir gouvernemental. Le processus de destitution est prévu dans la Constitution américaine.

Dans une lettre au comité des affaires étrangères de la Chambre des représentants, M. Pompeo a fait valoir que les dates demandées pour la comparution volontaire des fonctionnaires pour des dépositions dans le cadre de l’enquête de destitution sur le président Donald Trump n’étaient «pas réalisables».

«Je suis préoccupé par certains aspects de votre demande, a écrit M. Pompeo au président du comité, le représentant démocrate de New York Eliot Engel. Je ne tolérerai pas de telles tactiques et j’utiliserai tous les moyens à ma disposition pour prévenir et dénoncer toute tentative d’intimidation de professionnels dévoués.»

Les démocrates de la Chambre ont ouvert une enquête de destitution contre M. Trump après qu’un lanceur d’alerte eut révélé que, lors d’un appel téléphonique avec le nouveau président ukrainien Volodymyr Zelenskiy, M. Trump a demandé de l’aide pour enquêter sur un de ses potentiels adversaires, le démocrate Joe Biden, et son fils Hunter.

En bloquant toute comparution de représentants du département d’État et en exigeant que les avocats de l’exécutif les accompagnent, M. Pompeo met en évidence la vision de l’administration quant à l’autorité de la Maison-Blanche et donne le ton pour les conflits à venir.

Lors de la délivrance d’une citation à comparaître distincte la semaine dernière, dans le cadre de l’enquête, les présidents de trois comités de la Chambre ont clairement indiqué que le blocage de leur enquête serait considéré comme une entrave au Congrès dans son enquête.

Les comités recherchent des documents du département d’État et des témoignages volontaires de responsables anciens et actuels.

«Votre refus de vous conformer à la citation à comparaître constitue une preuve d’obstruction à l’enquête pour destitution de la Chambre», ont écrit M. Engel et les autres présidents, Adam Schiff du comité du renseignement et Elijah Cummings du comité de surveillance.

Dans leur lettre, les présidents cherchaient à obtenir des témoignages de responsables au cours des deux prochaines semaines, notamment de l’ancienne ambassadrice en Ukraine, Marie «Masha» Yovanovitch, et de l’ancien envoyé spécial Kurt Volker.

M. Volker a joué un rôle direct dans l’organisation de réunions entre Rudy Giuliani, l’avocat personnel de M. Trump, et le président ukrainien Volodymyr Zelenskiy, ont déclaré les présidents. Ces rencontres sont perçues comme étant des communications en coulisses avec Kiev.

Les démocrates veulent aussi entendre T. Ulrich Brechbuhl, un conseiller du département d’État qui a également écouté l’appel Trump-Zelenskiy, ont-ils précisé.

Il est difficile de savoir si M. Pompeo se conformera à la demande des comités d’ici vendredi et leur fournira les documents. Il avait refusé de donner suite à leurs précédentes demandes d’informations.