Des Israéliens à un poste d'observation à la frontière de la bande de Gaza.

Point de passage ouvert entre Gaza et Israël

Jérusalem — Israël a annoncé dimanche la réouverture mardi du seul point de passage de marchandises entre Israël et la bande de Gaza, à condition qu’un calme total règne d’ici là, après une récente flambée de violences.

Le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a toutefois averti que l’armée était prête à mener des frappes beaucoup plus intenses sur cette enclave palestinienne si nécessaire.

Soumise à un strict blocus israélien depuis plus de dix ans, la bande de Gaza, qui souffre déjà de coupures d’électricité, a vu les livraisons de marchandises, puis de fioul et de gaz, suspendues par l’État hébreu.

L’ONU s’est alarmée des pénuries causées par ces restrictions qui affectent les hôpitaux ainsi que le réseau de distribution et d’assainissement de l’eau, appelant Israël à les lever.

Depuis le 30 mars, le blocus israélien est au coeur d’un mouvement de protestation palestinien le long de la barrière de séparation entre Gaza et Israël. 149 Palestiniens et un soldat israélien ont été tués depuis cette date.

À la suite d’un cessez-feu annoncé dans la nuit de vendredi à samedi par les islamistes du Hamas au pouvoir dans la bande de Gaza, aucune roquette palestinienne n’a été tirée samedi vers le territoire israélien et seul un cerf-volant incendiaire a été lancé ce jour-là vers le sud d’Israël.

Le ministre israélien de la Défense Avigdor Lieberman a affirmé que la journée de samedi avait «été sans doute la plus calme» depuis fin mars.

«Si aujourd’hui et demain la situation [...] reste inchangée, nous autoriserons mardi que le terminal de Kerem Shalom reprenne son activité normale», a annoncé M. Lieberman. «Mais la clé de tout cela, c’est le calme: zéro ballon incendiaire, zéro affrontement près la clôture [marquant la frontière] zéro roquette et [...] zéro tir.»

Ces dernières semaines, les autorités israéliennes ont fait état d’une vingtaine d’incendies par jour et de près 3000 hectares brûlés depuis le 30 mars par des engins incendiaires artisanaux lancés de la bande de Gaza.

Mais samedi et dimanche, aucun incendie n’a été signalé le long de la frontière, a annoncé un porte-parole des pompiers israéliens. L’armée a elle affirmé qu’un de ses avions avait tiré dimanche soir contre un groupe tentant de lancer des ballons incendiaires depuis Gaza.

«La vie des gens en danger» 

M. Lieberman a également annoncé que les zones de pêche autorisées au large de Gaza qui avaient été réduites «reviendraient à ce qu’elles étaient auparavant».

Israël avait annoncé le 9 juillet la fermeture du terminal de Kerem Shalom, le seul point de passage de marchandises entre Israël et la bande de Gaza, où quelque 80 % des deux millions d’habitants sont tributaires d’une aide, selon la Banque mondiale.

Le 17 juillet, Israël avait encore davantage renforcé son blocus avec l’arrêt des fournitures de carburant à l’enclave palestinienne, tandis que les zones de pêche autorisées étaient de nouveau réduites à 3 milles contre 6 auparavant.

Le coordinateur de l’ONU pour les affaires humanitaires dans les territoires palestiniens, Jamie McGoldrick, a tiré la sonnette d’alarme dimanche.

«Avec des coupures d’électricité qui durent près de 20 heures par jour, si les livraisons de fioul ne reprennent pas immédiatement, la vie des gens sera en danger. Les risques sont très grands, notamment pour les patients souffrant de problèmes cardiaques, sous dialyse ou les nouveau-nés», a-t-il souligné.

Avant l’annonce d’un cessez-le-feu, la situation à Gaza avait connu une flambée de violences avec la mort de quatre Palestiniens, dont trois membres de la branche militaire du Hamas tués par l’armée israélienne. Un soldat israélien a également été tué par des tirs de Palestiniens, pour la première fois depuis la dernière guerre à Gaza en 2014.