Un chapiteau a été érigé pour la clientèle itinérante au Partage Saint-François.
Un chapiteau a été érigé pour la clientèle itinérante au Partage Saint-François.

Partage Saint-François : plus de 500 dépannages alimentaires en une semaine pour les itinérants

Sherbrooke — Un chapiteau érigé à l’entrée du Partage Saint-François est venu combler une brèche dans l’offre de services pour les gens de la rue.

Depuis maintenant une semaine, plus de 500 dépannages alimentaires ont été réalisés auprès des personnes itinérantes qui n’ont aucun endroit où aller.

« La situation n’est déjà pas facile pour eux, alors maintenant que la société est fermée aussi, ça devenait encore plus difficile. Ils n’avaient plus de place pour se réchauffer ou aller aux toilettes. Les squats s’étaient multipliés notamment sous les ponts à Sherbrooke », explique le directeur général du Partage Saint-François, Sébastien Laberge.

La Ville de Sherbrooke, le CIUSSS de l’Estrie-CHUS, les organismes de la table sur l’itinérance et la fondation Rock-Guertin se sont concertés pour ériger une station à l’extérieur du partage Saint-François pour ceux qui n’ont pu avoir accès aux places limitées à 50 à l’intérieur.

« Étant donné que nous devons confiner les gens à l’intérieur du refuge, il y a plusieurs services que nous ne pouvions plus offrir à notre clientèle de passage. Il y a aussi tout l’aspect des toxicomanes ou les personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale qui ne peuvent rester dans un milieu confiné. Cette station devenait essentielle pour les gens qui ne pouvaient respecter les règles en place au refuge ou qui n’y avaient pas de place », soutient Sébastien Laberge qui mentionne que le Partage Saint-François réalise plus de 18 000 interventions chaque année avec les itinérants.

Station sanitaire pour se laver les mains, toilettes sèches, dépannage alimentaire, chaises et couvertures dans un endroit chauffé, articles de consommation sécuritaire, autant de mesures de base qui sont offertes aux itinérants de Sherbrooke sous le chapiteau aménagé en cette période de crise de la COVID-19.

« De 20 à 30 personnes passent sous la tente pour se réchauffer à toutes heures du jour ou de la nuit. Ce sont plus de 80 personnes qui bénéficient du dépannage alimentaire tous les jours. Nous profitons de leur présence pour donner de l’information relative à la COVID-19 et faire de la prévention », indique le directeur général du Partage Saint-François.

Une équipe offre aux usagers un endroit pour se laver les mains et se reposer.

Pas de cas de COVID-19

Si le personnel du Partage Saint-François multiplie les heures pour garder le contrôle du refuge, les efforts portent leurs fruits pour limiter la propagation au sein de cette population démunie.

« Personne n’a encore été infecté. Certaines personnes ont été testées, mais tous les tests sont négatifs », mentionne Sébastien Laberge.

Le nombre de places au refuge mis en place en urgence est passé de 60 à 50. Pour offrir ces services, le Partage Saint-François accumule un déficit de 5000 $ à 7000 $ toutes les semaines depuis le début de la crise sanitaire.

« Pour le moment, il faut offrir le service et on règlera la question financière après. L’itinérance est l’enfant pauvre du système en temps normal et ça n’a pas changé en temps de crise. Il n’y a aucune bonification de la rémunération de nos employés même s’ils gagnent 14 $ de l’heure et interviennent en première ligne avec une clientèle à risque. Le refuge est en quelque sorte un milieu explosif avec des gens aux différentes problématiques qui se côtoient », signale Sébastien Laberge.

L’an dernier, le Service de police de Sherbrooke est intervenu à 402 reprises au Partage Saint-François.

« Le SPS collabore de belle façon autour de nos locaux. Ils font beaucoup de sensibilisation avec la clientèle itinérante. Je constate un beau travail de concertation de tous les intervenants du milieu », souligne le directeur général du Partage Saint-François.