A supporter of Venezuelan opposition leader and self-proclaimed acting president Juan Guaido, speaks to National Bolivarian Police officers during a demo in Caracas on March 9, 2019. - Thousands of Venezuelans are expected to protest once again Saturday as opposition leader Juan Guaido cranks up the pressure on beleaguered President Nicolas Maduro -- in the midst of a sweeping electricity blackout that has crippled the crisis-wracked country. (Photo by Matias DELACROIX / AFP)

Panne d'électricité au Venezuela: 15 patients meurent faute de dialyse

CARACAS — Quinze patients souffrant de maladies rénales sont morts faute de dialyse au Venezuela alors que le pays est paralysé depuis 48 heures par une panne géante d'électricité, a annoncé samedi une ONG qui se consacre aux questions de santé.

«Entre hier et aujourd'hui, nous avons enregistré 15 décès dus à l'absence de dialyse. Neuf de ces décès ont été enregistrés dans l'État de Zulia, deux dans l'État de Trujillo et quatre à l'hôpital Pérez Carreño de Caracas», a indiqué à l'AFP Francisco Valencia, directeur de la Coalition des organisations pour le droit à la santé et à la vie (Codevida).

«La situation des personnes souffrant d'insuffisance rénale est très difficile, critique, nous parlons de 95 % des unités de dialyse, qui pourraient atteindre aujourd'hui 100 %, paralysées en raison du manque d'électricité», a déclaré M. Valencia.

Les Vénézuéliens sont confrontés depuis jeudi après-midi à la pire panne d'électricité de l'histoire du pays, que le gouvernement attribue à une «guerre électrique» menée selon lui par les États-Unis et par le chef de file de l'opposition Juan Guaido, président par intérim autoproclamé, reconnu par une cinquantaine de pays depuis le 23 janvier.

«Dans les quelques unités de dialyse où il y avait des générateurs électriques, il est devenu difficile de les remettre en marche faute de carburant», a ajouté M. Valencia.

Le directeur de Codevida a mis en garde contre le risque d'une augmentation du nombre de décès.

Évoquant le nombre des personnes qui ont régulièrement besoin d'une dialyse au Venezuela, M. Valencia a prévenu que la poursuite de la panne d'électricité «pourrait conduire à la mort de plus de 10 200 patients».

Vendredi, «48 enfants dépendant de la seule unité de dialyse pédiatrique du pays n'ont pas pu bénéficier d'une dialyse», a-t-il ajouté.

D'autres malades ont aussi eu à souffrir en raison de la panne d'électricité et du manque de générateurs électriques dans les hôpitaux, selon M. Valencia.

Le président Nicolas Maduro a dénoncé samedi une nouvelle «attaque cybernétique» qui aurait empêché le rétablissement de l'électricité à travers le pays.

«Aujourd'hui, 9 mars, nous avions avancé à près de 70 % [dans le rétablissement de l'électricité] lorsque nous avons reçu à la mi-journée une autre attaque cybernétique visant une des sources d'énergie qui fonctionnait parfaitement. Cela a annulé tout ce que nous avions réalisé», a déclaré Nicolas Maduro devant des milliers de ses partisans rassemblés près du palais présidentiel à Caracas.

Nombre d'experts attribuent la panne à un manque d'investissements du gouvernement dans l'entretien des infrastructures.

Le Venezuela, de plus en plus isolé sur la scène internationale, traverse une très grave crise économique, avec une population de plus en plus démunie face aux pénuries de vivres et de médicaments.

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Mégaphone en main, juché sur le capot d'un 4x4, Juan Guaido s'est exprimé devant des milliers de partisans descendus dans les rues de la capitale.

GUAIDO ANNONCE UNE MARCHE SUR CARACAS

 Le chef de file de l'opposition vénézuélienne Juan Guaido a appelé samedi à une marche nationale sur Caracas pour pousser vers la sortie le président Nicolas Maduro.

«J'annonce une tournée, ma tournée et celle de tous les députés [à travers le pays] pour vous faire venir à Caracas de manière définitive», a lancé Juan Guaido devant des milliers de partisans descendus dans les rues de la capitale.

«Après la fin de cette tournée [...] nous annoncerons la date où tous ensemble nous marcherons sur Caracas», a-t-il ajouté, mégaphone en main, juché sur le capot d'un 4x4 : le président par intérim autoproclamé, reconnu par une cinquantaine de pays depuis le 23 janvier, était privé d'estrade sur intervention de la police qui a arrêté les trois personnes chargées de la monter, selon des députés de l'opposition.

Juan Guaido a répété qu'il était prêt à autoriser une intervention militaire étrangère, se référant à la Constitution — «L'article 187, lorsque viendra le moment», qui autorise «des missions militaires vénézuéliennes à l'extérieur ou étrangères dans le pays».

«Intervention! Intervention!», a entonné la foule en choeur. «Toutes les options sont sur la table et nous le disons de manière responsable», a assuré Juan Guaido.