L'ancienne demeure des Skripal est surveillée par la police britannique.

Moscou réclame un accès consulaire aux Skripal, refus britannique

NATIONS UNIES — La Russie réclame un accès consulaire à l'ex-agent double russe Sergueï Skripal et à sa fille Ioulia, empoisonnés par l'agent neurotoxique Novitchok il y a un an, le 4 mars 2018 à Salisbury en Angleterre, a déclaré lundi l'ambassadeur russe adjoint à l'ONU, Dimitri Polyanski.

«Nous continuons de ne pas savoir qui a fait cet empoisonnement, pourquoi et comment», a déploré le diplomate lors d'une conférence de presse dédiée à cette affaire, qui avait entraîné des expulsions croisées de diplomates entre Londres et ses alliés et Moscou, et des sanctions économiques américaines et européennes.

«Où sont les Skripal?» «Sont-ils toujours en vie?» «Nous n'avons absolument aucune information», a poursuivi Dimitri Polyanski, en évoquant une possible «détentio  forcée» ou un «enlèvement».

Sergueï Skripal et sa fille Ioulia «sont en vie» et ne sont ni en détention ni sous la garde des autorités britanniques, assure de son côté Londres.

Ce sont des «citoyens libres» qui «ne veulent pas voir le gouvernement russe». On ne peut accorder une visite consulaire quand la personne n'est pas en détention et la refuse, précise un responsable britannique sous couvert d'anonymat, en ajoutant qu'«ils ont demandé le respect de leur vie privée».

Soutenues par les Occidentaux, les autorités britanniques ont accusé Moscou d'être derrière l'empoisonnement de l'ex-agent double. Un mandat d'arrêt européen a été lancé contre deux Russes, Alexander Petrov et Rouslan Bochirov - de possibles pseudonymes - soupçonnés d'avoir perpétré l'attaque et présentés comme relevant du renseignement militaire russe (GRU).

M. Skripal et sa fille avaient été hospitalisés dans le coma avant de se rétablir, selon Londres qui refuse toute précision sur leur situation actuelle.

«Il y a beaucoup de mystères» dans cette affaire, a estimé l'ambassadeur russe adjoint en démentant à nouveau toute responsabilité de Moscou et en soulignant qu'«aucune preuve définitive» n'était venue étayer les accusations. «Nous n'avons rien à voir avec cette histoire», a-t-il dit.

«Nous voulons un accès à nos concitoyens», a-t-il martelé. Si Sergueï Skripal et sa fille ne veulent pas parler au consul russe au Royaume-Uni, «c'est leur droit», mais qu'ils lui disent lors d'une rencontre physique directe, ni par vidéo ou des documents. «Nous devrions avoir un accès consulaire s'ils sont en vie», a-t-il insisté.