Depuis sa défaite à la présidentielle, Marine Le Pen se fait rare dans les médias et à l’Assemblée, suscitant beaucoup d’interrogations, y compris en interne, sur son avenir et celui de sa formation.

Marine Le Pen peine à rebondir

PARIS — Départ de son bras droit, défection d’un député, inculpation pour abus de confiance : Marine Le Pen, leader de l’extrême droite française, ne semble pas se relever de sa défaite à la présidentielle, jusqu’à susciter des débats sur son maintien.

Comme son père en 2002, la présidente du Front national avait suscité une onde de choc, en France et au-delà, en se qualifiant pour le second tour lors de la présidentielle du printemps dernier, où elle avait quasiment doublé le nombre de voix obtenues par Jean-Marie Le Pen 15 ans plus tôt. Elle avait cependant totalement raté son face-à-face télévisé avec Emmanuel Macron avant le deuxième tour et les législatives qui avaient suivi ont été nettement en deçà des espérances du parti.

Depuis, la fille de Jean-Marie Le Pen, élue députée, se fait rare dans les médias et à l’Assemblée, suscitant beaucoup d’interrogations, y compris en interne, sur son avenir et celui de sa formation.

«On ne [la] voit pas beaucoup», confiait il y a peu un député de droite. Peu présente à la commission des Affaires étrangères, elle s’est même trompée lundi d’amendement, avouant s’être «perdue dans ses documents».

«Ce n’est pas la première fois qu’on n’entend plus le Front national», déjà très absent après le schisme de 1998 qui avait vu une partie des cadres fonder un autre mouvement, rappelle le sociologue Sylvain Crépon. Reste à savoir si la discrétion de Mme Le Pen «est une stratégie, un coup de déprime ou si elle va rebondir».

Fragilisée par les divisions au sein de son parti, Marine Le Pen semble encaisser les coups sans réellement rétorquer : mise en examen pour abus de confiance à la suite de soupçons d’emplois fictifs au Parlement européen, départ de son âme damnée Florian Philippot, ancien vice-président contesté en interne, démission d’un député, critiques d’élus proches et, tout récemment, inculpation de son parti dans le cadre de l’enquête sur les emplois fictifs d’assistants d’eurodéputés.