L’Inde et le Pakistan se disputent le Cachemire depuis la partition de l’empire colonial britannique en 1947 et se sont affrontés dans deux guerres au sujet de cette région.

L'Inde appelle les touristes à quitter le Cachemire sous tension

SRINAGAR — L’Inde a appelé vendredi les touristes à quitter la région poudrière du Cachemire en raison de «menaces terroristes», tout en déployant des renforts militaires dans cette vallée montagneuse en prévision de possibles troubles.

Dans un communiqué, le gouvernement de l’Etat du Jammu-et-Cachemire a appelé touristes et pèlerins à quitter «immédiatement» cette région himalayenne du nord de l’Inde, à majorité musulmane, également revendiquée par le Pakistan, sur la base de «menaces terroristes signalées par les services de renseignement».

Selon le chef de l’armée au Cachemire indien, le général de corps d’armée Kanwal Jeet Singh Dhillon, un fusil de précision et une mine antipersonnel fabriquée au Pakistan ont été découverts sur la route du pèlerinage d’Amarnath, qui attire chaque année des centaines de milliers de pèlerins hindous au Cachemire.

«Cela prouve que les Pakistanais tentent d’attaquer le pèlerinage», a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse.

L’Inde et le Pakistan se disputent le Cachemire depuis la partition de l’empire colonial britannique en 1947 et se sont affrontés dans deux guerres au sujet de cette région. Armées indienne et pakistanaise échangent presque chaque jour des tirs de mortier par-dessus la ligne de cessez-le-feu, qui marque une frontière de fait entre les deux parties du Cachemire.

Une insurrection séparatiste fait également rage depuis 1989 au Cachemire indien et a coûté la vie à plus de 70.000 personnes, principalement des civils. New Delhi accuse son voisin de soutenir en sous-main les groupes armés à l’oeuvre dans la vallée septentrionale de Srinagar, ce que le Pakistan a toujours démenti.

L’armée indienne a également dépêché au moins 10.000 soldats supplémentaires dans cette région, qui est déjà l’une des plus militarisée au monde.

Les habitants du Cachemire et responsables politiques locaux voient dans ce renforcement sécuritaire un signe que le gouvernement nationaliste hindou du Premier ministre Narendra Modi s’apprêterait à révoquer des droits juridiques spéciaux de cette région à majorité musulmane, une décision potentiellement explosive.

Selon un responsable de la police qui a requis l’anonymat, les membres des forces de l’ordre se sont vu «conseiller» de mettre leur famille en lieu sûr et d’emmagasiner de la nourriture.

De nombreux propriétaires de stations-service ont indiqué que les autorités leur avait demandé de stocker un maximum d’essence.

«Cela fait partie d’un plan de sécurité évoluant constamment pour contrer un possible soulèvement général», a indiqué le responsable policier.