L’ex-président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, 74 ans, qui bénéficie du soutien d’une partie de la population, attend le résultat d’une procédure d’appel contre sa peine de neuf ans de prison pour corruption, qu’il a partiellement purgée entre avril 2018 et novembre 2019.
L’ex-président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, 74 ans, qui bénéficie du soutien d’une partie de la population, attend le résultat d’une procédure d’appel contre sa peine de neuf ans de prison pour corruption, qu’il a partiellement purgée entre avril 2018 et novembre 2019.

L’ex-président du Brésil Lula accuse Bolsonaro de faire du coronavirus «une arme de destruction massive»

Agence France-Presse
BRASILIA — L’ex-président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a accusé lundi le président d’extrême droite Jair Bolsonaro d’avoir fait de la pandémie de coronavirus «une arme de destruction massive» au Brésil qui «traverse l’une des pires périodes de son histoire».

«Il aurait été possible, oui, d’éviter tant de morts», a déclaré l’ex-président de gauche (de 2003 à 2010) dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux.

Le Brésil est le troisième pays au monde le plus touché par la pandémie, derrière les États-Unis et l’Inde, avec 4,1 millions de cas confirmés et près de 130 000 morts.

«Nous sommes livrés à un gouvernement pour lequel la vie n’a pas de valeur et qui banalise la mort. Un gouvernement insensible, irresponsable et incompétent qui n’a pas respecté les préconisations de l’Organisation mondiale de la Santé [OMS] et fait du coronavirus une arme de destruction massive», a fustigé Lula.

Le président Bolsonaro n’a cessé de minimiser la pandémie, la qualifiant de «petite grippe» et appelant à la reprise des activités économiques plutôt qu’au respect des mesures de confinement selon lui «pire que la maladie».

Il appelle à un «retour à la normale» et continue à serrer les mains de ses partisans sans porter de masque, comme ce lundi lors d’une cérémonie anniversaire de l’indépendance du Brésil.

Lula a ensuite reproché au gouvernement d’avoir nommé «des militaires sans expérience médicale ou sanitaire» à la tête du ministère de la Santé, dévolu au général Eduardo Pazuello après la démission de deux ministres au plus fort de la pandémie.

«Les élections de 2018 ont plongé le Brésil dans un cauchemar qui semble ne pas avoir de fin. Le pays traverse l’une des pires périodes de son histoire», a estimé Lula.

«Comme dans les films d’horreur, les oligarchies brésiliennes ont donné naissance à un monstre qu’elles ne peuvent désormais plus contrôler, mais qu’elles continueront à soutenir tant que leurs intérêts seront servis», a-t-il dit.

Lula, 74 ans, qui bénéficie du soutien d’une partie de la population, attend le résultat d’une procédure d’appel contre sa peine de neuf ans de prison pour corruption, qu’il a partiellement purgée entre avril 2018 et novembre 2019.

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L’INDE DÉPASSE LE BRÉSIL AVEC 4,2 MILLIONS DE CAS

Une jeune fille grimace alors qu'un échantillon lui est prélevé lors d'un test de dépistage de la COVID-19 à Bagli, en banlieue de Dharmsala, en Inde, lundi. 

L’Inde est devenue lundi le deuxième pays du monde après les États-Unis recensant le plus grand nombre de cas de COVID-19 et dépasse le Brésil.

Cela n’a pas empêché le pays de rouvrir, avec de strictes précautions sanitaires, le métro qui était à l’arrêt depuis presque six mois dans ses grandes villes notamment la capitale New Delhi où des passagers masqués font le V de la victoire devant des journalistes. «Il nous faut bien sortir de chez nous, pour mener nos vies», confie l’un d’eux, Deepak Kumar.

Deuxième pays le plus peuplé de la planète avec 1,3 milliard d’habitants, l’Inde est durement frappée par la pandémie qui a fait plus de 880 000 morts dans le monde depuis fin décembre, selon un comptage établi par l’AFP à partir de données officielles.

Lundi, l’Inde totalise 4,2 millions d’infections depuis le début de la crise, le Brésil 4,14 millions et les États-Unis 6,29 millions.

Pour les décès, elle arrive avec 71 642 morts derrière les États-Unis (189 618) et le Brésil (126 960) parmi les trois pays les plus endeuillés au monde par le virus. Mais beaucoup d’experts estiment les chiffres réels plus élevés en Inde, arguant que les tests sont insuffisants et que nombre de décès ne sont pas enregistrés.  AFP