Veronique De La Rosa, la mère du petit Noah, décédé dans la fusillade à l’école primaire Sandy Hook, à Newtown au Connecticut, en décembre 2012.

Les parents d’une victime de Newtown interpellent Mark Zuckerberg

HARTFORD — Les parents de l’un des 20 enfants tués dans la fusillade à l’école primaire Sandy Hook, à Newtown au Connecticut, demandent au fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, de retirer du réseau social les commentaires haineux et harcelants des théoriciens du complot qui affirment que la tuerie n’a jamais eu lieu.

Leonard Pozner et Veronique De La Rosa ont écrit à M. Zuckerberg une lettre publiée mercredi dans le quotidien britannique The Guardian. Leur fils de 6 ans, Noah, est mort lors du massacre de Newtown en décembre 2012, qui a également coûté la vie à six adultes.

Les parents de Noah affirment avoir été harcelés et menacés sur les réseaux sociaux et en personne par des adeptes des théories du complot qui prétendent que la fusillade était un scénario monté par le gouvernement et que les victimes étaient des acteurs.

M. Pozner et Mme De La Rosa disent être en danger «en conséquence directe des centaines de milliers de personnes qui voient et croient les mensonges et les discours de haine». Ils reprochent à M. Zuckerberg d’avoir décidé de «protéger» de tels discours.

«Nous sommes incapables de faire le deuil de notre bébé ou de poursuivre notre vie parce que vous, sans doute l’homme le plus puissant de la planète, avez estimé que les attaques contre nous sont immatérielles, que fournir une aide pour éliminer les menaces est trop lourd, et que nos vies sont moins importantes que de fournir un refuge à la haine», ont-ils écrit.

L’année dernière, une femme de la Floride qui avait menacé M. Pozner a été condamnée à cinq mois de prison. Les autorités ont déclaré que Lucy Richards avait envoyé des messages vocaux et des menaces par courriel à M. Pozner en janvier 2016 après avoir vu des sites internet affirmant que la fusillade était un canular visant à restreindre le droit de posséder des armes à feu aux États-Unis.

D’autres parents de victimes de Sandy Hook et des personnes touchées par d’autres fusillades, dont celle qui a tué 17 personnes dans une école secondaire de la Floride en février, ont fait des demandes similaires aux responsables de Facebook, de Twitter et d’autres médias sociaux.

Dans un communiqué publié mercredi en réponse à la lettre des parents de Noah Pozner, un porte-parole de Facebook a déclaré que l’entreprise reconnaît que les proches des victimes de fusillades et d’autres tragédies sont «vulnérables aux propos offensants et incendiaires».

«Bien que nous voyons des gens se rassembler sur Facebook de manière très positive autour de tragédies, certaines des choses que nous voyons sont vraiment odieuses et représentent le pire d’internet et de l’humanité», indique le communiqué.

«Nous ne permettons pas aux gens de se moquer, de harceler ou d’intimider les victimes de tragédies. Cela inclut les allégations [...] voulant que les victimes soient des acteurs. Nous ne permettons pas non plus aux gens de célébrer, de justifier ou défendre la tragédie d’aucune façon.»