Un tiers des victimes en Afghanistan sont des enfants (327 morts et 880 blessés), notamment en raison des munitions non-explosées qu’ils manipulent, inconscients du danger.

Les civils meurent à un rythme «inacceptable» en Afghanistan 

KABOUL — Les civils continuent de mourir et d’être blessés à un rythme «inacceptable» en dépit des discussions visant à mettre fin à des décennies de guerre, a dénoncé mardi la Mission de l’ONU en Afghanistan (Manua).

Malgré une baisse de 27 % du nombre de victimes au premier semestre 2019 par rapport aux six premiers mois de 2018, 1366 civils ont tout de même été tués et 2446 blessés, a fait savoir la Manua dans un rapport semestriel.

«Le mal fait aux civils est choquant et inacceptable», a souligné la mission de l’ONU, qui qualifie d’«insuffisants» les «efforts» annoncés par les deux parties pour limiter les pertes civiles.

Un tiers des victimes sont des enfants (327 morts et 880 blessés), notamment en raison des munitions non-explosées qu’ils manipulent, inconscients du danger.

Davantage de civils ont été tués par les forces pro-gouvernementales que par les groupes insurgés (717 morts contre 531), en grande partie du fait des frappes aériennes afghanes et américaines, selon la Manua.

Les forces américaines en Afghanistan, via leur porte-parole, le colonel Sonny Leggett, ont contesté dans un communiqué «les méthodes et les conclusions de la Manua».

«Les sources dont les informations sont limitées et les motivations contradictoires ne sont pas toujours crédibles», a observé le colonel Leggett, assurant que l’armée américaine enquêtait sur toutes les allégations de pertes civiles dans ce qui est un «environnement complexe».

«Nous suivons les normes les plus élevées de précision et de responsabilité et nous nous efforçons toujours d’éviter de blesser les civils non-combattants», a-t-il ajouté.

Les talibans ont également rejeté les conclusions du rapport onusien, comme ils le font à chaque parution.

D’après la Manua, les forces pro-gouvernementales ont causé 31 % de pertes civiles supplémentaires au premier semestre 2019 par rapport à la même période en 2018, quand celles attribuées aux différents groupes insurgés — principalement les talibans et le groupe État islamique — ont diminué de 43 % du fait d’une baisse des attentats suicides et des attaques complexes.