L’Argentine est le premier pays d’Amérique du Sud à accueillir le sommet du G20.

Les autorités s’inquiètent pour la sécurité au G20

BUENOS AIRES — Buenos Aires sera une ville blindée au moment d’accueillir le sommet du G20 cette semaine, affirment les autorités argentines. Mais les failles de sécurité qui ont entaché un championnat de soccer et l’agitation provoquée par des mesures d’austérité soulèvent des doutes quant à leur capacité à assurer la sécurité des dirigeants mondiaux.

Environ 22 000 policiers et agents de sécurité assureront la garde du premier ministre Justin Trudeau, du président américain Donald Trump et de leurs vis-à-vis du groupe de pays industrialisés et émergents. Au moins huit aéronefs et jusqu’à 400 militaires et civils en provenance des États-Unis devraient également être déployés.

Le gouvernement argentin devra inévitablement faire face à des manifestations susceptibles d’attirer des milliers de militants, dont certains pourraient provenir de l’extérieur du pays.

Des groupes anarchistes et anticapitalistes ont annoncé leur intention de tenir des manifestations sous le slogan «Non au G20, Non au FMI». D’autres messages publiés sur les réseaux sociaux réclament l’expulsion de Donald Trump et d’autres dirigeants tels que le président élu du Brésil, Jair Bolsonaro.

Le sommet de deux jours, qui s’amorcera vendredi, survient d’ailleurs peu après un incident ayant soulevé des préoccupations quant aux mesures de sécurité en place.

On reproche à la police de ne pas avoir su prévenir une attaque contre les joueurs de l’équipe de soccer Boca Juniors, samedi, lorsque les partisans de l’équipe River Plate ont lancé des projectiles sur leur autocar qui se dirigeait vers un match de championnat. Plusieurs joueurs, dont le capitaine de l’équipe, ont été blessés lors de l’éclatement d’une vitre de l’autocar, et d’autres ont subi les effets des gaz lacrymogènes utilisés par la police. La finale de la Coupe Libertadores a dû être reportée.

Plus tôt en novembre, deux tentatives d’attaques à l’aide de dispositifs artisanaux ont été menées au domicile d’un juge ainsi que dans le mausolée d’un chef de police. De fausses alertes à la bombe contre une banque et une gare de train ont ajouté au climat tendu.

Crise économique

Sans compter que les Argentins sont massivement descendus dans les rues au cours des dernières semaines pour réclamer des solutions à la crise économique qui sévit au pays et pour dénoncer les mesures d’austérité mises en place par le gouvernement pour faire face à l’inflation.

Le gouvernement du président Mauricio Macri a obtenu une aide financière de 56 milliards $US auprès du Fonds monétaire international cette année, ravivant les mauvais souvenirs de la crise de 2000, lorsque les banques avaient gelé les dépôts de leurs clients et les avaient empêchés de retirer leurs épargnes.

Le gouvernement a annoncé que les réseaux de train et de métro de Buenos Aires seraient fermés durant le sommet et qu’un périmètre serait érigé autour des lieux de rencontre des dirigeants.

Un aéroport situé au cœur de la ville sera réservé aux dignitaires, mais l’aéroport international d’Ezeiza, situé en périphérie, continuera pour sa part de fonctionner normalement.

Le défi que représente l’accueil des dirigeants mondiaux et de leur entourage d’environ 15 000 personnes a également incité le gouvernement argentin à s’approvisionner en équipement, notamment en voitures blindées et en détecteurs de bombes achetés en Chine.

Le ministère argentin de la Sécurité publique compte également surveiller toute éventuelle activité nucléaire et radiologique, en plus de renforcer les contrôles aux frontières.

L’Argentine est le premier pays d’Amérique du Sud à accueillir le sommet du G20.