Les deux tiers des décès par armes à feu survenus en 2016 étaient des homicides révèle une étude. Et bien que les États-Unis soient parmi les pays riches, les suicides par armes à feu y sont plus nombreux que les meurtres, selon celle-ci.

Les armes à feu font 250 000 morts par an

CHICAGO — Les armes à feu tuent environ 250 000 personnes chaque année, et les États-Unis sont l’un des six pays qui génèrent la moitié de ces pertes de vie, selon une nouvelle étude.

Les résultats d’une des analyses les plus complètes jamais réalisées sur les décès par armes à feu révèlent «un problème majeur de santé publique pour l’humanité», affirme un éditorial qui accompagne l’étude publiée mardi par le Journal de l’Association médicale américaine.

Bien que les gros titres récents donnent à penser que les meurtres par armes à feu grimpent à l’échelle mondiale, les nouveaux chiffres racontent une histoire plus nuancée.

Les chercheurs ont dénombré environ 209 000 décès par arme à feu en 1990, contre 251 000 en 2016. Le taux moyen, environ 4 pour 100 000 personnes, est resté pratiquement inchangé.

Les deux tiers des décès survenus en 2016 étaient des homicides. Bien que les États-Unis soient parmi les pays riches, les suicides par armes à feu y sont plus nombreux que les meurtres, selon l’étude.

Les chiffres reflètent davantage que «combien d’armes se trouvent dans un pays», a assuré l’auteur principal, le docteur Christopher Murray, de l’Université de Washington. Les croyances culturelles au sujet des armes à feu et du suicide varient considérablement à travers le monde, a-t-il noté, ajoutant : «C’est là que nous obtenons cette incroyable gamme de décès par arme à feu».

La moitié des décès

Les augmentations ont été plus importantes dans nombre des 195 pays participant à l’étude, en particulier en Amérique centrale et en Amérique du Sud, où les taux atteignaient près de 40 pour 100 000 dans certaines régions. Les chercheurs ont déclaré que le trafic de la drogue et l’instabilité économique peuvent y avoir contribué.

Le Brésil, la Colombie, le Guatemala, le Mexique et le Venezuela sont les pays qui, avec les États-Unis, ont engendré la moitié des décès. L’étude soulève des inquiétudes quant au manque de recherche sur les causes de la violence armée et sur les moyens de la prévenir, selon l’éditorial.

Parmi les résultats:

• En 2016, 64 % des décès par arme à feu dans le monde étaient des homicides, 27 % des suicides et 9 % des accidents.

• Les décès par armes à feu aux États-Unis sont passés de 35 800 en 1990 à 37 200 en 2016, mais le taux a légèrement baissé pour atteindre 11 pour 100 000. Les suicides par armes à feu sont passés de 19 700 à 23 800.

• Les États-Unis ont enregistré le deuxième plus haut taux de suicide par armes à feu en 2016, avec un peu plus de 6 décès pour 100 000 habitants, soit une légère baisse par rapport au taux de 1990. Le Groenland avait le taux le plus élevé, à 22 pour 100 000, mais cela ne représentait que 11 suicides.

• Le Salvador a enregistré le taux de mortalité le plus élevé du monde, à près de 40 pour 100 000 habitants. Singapour avait le plus bas, avec 0,1 décès pour 100 000 habitants.

• Chaque année, sauf en 1994, lorsque 800 000 personnes sont mortes lors du génocide rwandais, le nombre de morts causés par les armes était plus élevé que les décès attribués aux guerres et au terrorisme.