Brett McGurk, l’émissaire américain auprès de la coalition internationale qui combat Daech (groupe armé État islamique), a remis sa démission pour protester contre la décision soudaine du président Donald Trump de retirer ses troupes de la Syrie.

L’émissaire des États-Unis auprès de la coalition en Syrie démissionne

WASHINGTON — Brett McGurk, l’émissaire américain auprès de la coalition internationale qui combat Daech (groupe armé État islamique), a remis sa démission pour protester contre la décision soudaine du président Donald Trump de retirer ses troupes de la Syrie. Il rejoint ainsi le secrétaire à la Défense Jim Mattis, un autre haut responsable militaire expérimenté qui a quitté ses fonctions.

Il y a à peine 11 jours, Brett McGurk avait déclaré qu’il serait «imprudent» de considérer Daech vaincu et donc qu’il serait mal avisé de rapatrier les forces américaines à la maison. En réaction à la décision du président, il a choisi d’accélérer son propre plan de départ. Au lieu de rentrer à la mi-février, comme prévu, sa démission sera en vigueur le 31 décembre.

Brett McGurk, nommé à ce poste par le président Barack Obama en 2015 et maintenu en fonction par Donald Trump, a déclaré dans sa lettre de démission que les combattants de Daech étaient en fuite, mais pas encore totalement vaincus. Il a ajouté que le retrait prématuré des soldats américains en Syrie laisserait derrière les mêmes conditions qui ont permis à l’organisation terroriste de prendre forme. Il a insisté sur le fait que malgré le progrès réalisé, le travail n’est pas terminé.

Sa lettre de départ, remise vendredi au secrétaire d’État Mike Pompeo, a été décrite à l’Associated Press, samedi, par un membre de l’administration bien informé de son contenu. Ce responsable n’était pas autorisé à discuter du dossier avant que le document ne soit rendu public.

À l’origine, Brett McGurk avait prévu quitter ses fonctions à la suite d’une rencontre aux États-Unis des ministres des Affaires étrangères des pays membres de la coalition. Il s’est cependant ravisé après avoir estimé qu’il ne pourrait plus poursuivre son mandat en raison de la décision de Donald Trump de sortir de la Syrie ainsi que du départ de Jim Mattis.

Le président Donald Trump veut procéder au retrait des 2000 soldats américains en Syrie. Il s’est même permis de déclarer victoire aux dépens de Daech, contredisant les analyses de ses propres experts. Sa décision a été qualifiée de téméraire et dangereuse par plusieurs observateurs.