Le premier ministre japonais Shinzo Abe (au centre) prend la parole pendant une rencontre sur le COVID-19 à Tokyo, jeudi.  

Le Japon ferme ses écoles publiques en raison du coronavirus

TOKYO - Le premier ministre japonais Shinzo Abe a appelé jeudi à fermer temporairement les écoles publiques du pays à partir de lundi pour éviter la propagation du nouveau coronavirus tandis que le Japon enregistrait un nouveau décès de porteur du virus.

Jeudi aussi, une partie des centaines de membres de l’équipage du navire de croisière placé en quarantaine dans le port de Yokohama au sud de Tokyo depuis plus de trois semaines ont commencé à débarquer et seront mis en observation.

«Le gouvernement place la santé et la sécurité des enfants au-dessus de tout», a déclaré dans la soirée M. Abe devant la presse. «Nous demandons que toutes les écoles primaires, les collèges et les lycées (...) à travers le pays ferment temporairement à partir du 2 mars jusqu’aux vacances de printemps», a-t-il ajouté. Les vacances de printemps commencent généralement fin mars au Japon.

Nombre d’écoles élémentaires publiques et de collèges de la région septentrionale de Hokkaido étaient déjà fermées jeudi, le gouverneur ayant demandé la fermeture des écoles publiques pour environ une semaine. La ville d’Osaka a aussi annoncé qu’elle fermerait ses jardins d’enfants, ses écoles élémentaires et collèges pendant deux semaines à partir de samedi.

Les autorités ont souligné que les deux à trois semaines à venir seront déterminantes pour savoir si la propagation du virus peut être jugulée.

«Il est extrêmement important d’empêcher qu’un foyer de malades crée un autre foyer de malades et nous pensons qu’il nous faut prendre des mesures rigoureuses», a dit M. Abe qui a par ailleurs demandé à ses ministres de préparer des mesures destinées à limiter l’impact économique de cette situation.

Deux cent quarante membres de l’équipage d’un millier de personnes du paquebot Diamond Princess en quarantaine depuis plus de trois semaines ont commencé à débarquer jeudi et l’opération doit se poursuivre pendant quelques jours. Tous seront placés en observation pendant 14 jours.

Récidive

Contrairement aux passagers, ils n’avaient pour la plupart pas été soumis à des mesures d’isolement pendant la quarantaine, car ils devaient continuer de travailler à bord.

Les passagers avaient déjà débarqué après 14 jours de quarantaine.

Près de 700 cas ont déjà été enregistrés sur le navire qui comptait à son bord plus de 3.700 personnes lorsqu’il a été placé en quarantaine le 5 février. Les passagers et membres d’équipage qui se sont révélés porteurs du virus ont été hospitalisés. Quatre passagers sont morts.

Le Japon a annoncé jeudi un nouveau décès sur son sol, portant à quatre le nombre de morts porteurs du virus hors navire de croisière et donc à huit le total des décès.

Le pays a enregistré près de 200 cas sur son territoire hors cas constatés sur le paquebot.

Le gouvernement japonais défend la façon dont il a géré la mise en quarantaine du Diamond Princess mais il est vivement critiqué en raison des centaines de cas d’infection au coronavirus qui s’y sont développés.

Une bonne vingtaine de passagers débarqués n’avaient pas été testés pendant la période de quarantaine, avait admis le ministère japonais de la Santé.

Par ailleurs, les autorités ont indiqué mercredi soir qu’une jeune femme qui figurait parmi les premières personnes japonaises touchées, avait été guérie au début du mois, mais la maladie a récidivé.

Il s’agirait du premier cas de rechute constaté au Japon, après d’autres phénomènes similaires vus en Chine.