Donald Trump devant l'ONU. l'automne dernier

La Corée du Nord et l'Iran dans le viseur de Trump à l’ONU

NATIONS UNIES — Main de fer contre l’Iran, gant de velours pour la Corée du Nord: pour sa deuxième Assemblée générale de l’ONU, l’imprévisible président américain Donald Trump est attendu cette semaine à New York avec circonspection par ses adversaires comme ses alliés.

Avec un Conseil de sécurité «plus divisé que jamais», dirigé ce mois-ci, hasard du calendrier, par les États-Unis, «on n’a aucune idée» de ce qu’il fera ou dira, confie-t-on au siège de l’ONU.

L’an dernier, Donald Trump avait promis «de détruire totalement» la Corée du Nord en cas d’attaque de ce pays. Cette année, l’heure est à la détente, avec une nouvelle rencontre envisagée cette semaine à New York entre les chefs de la diplomatie américaine et nord-coréenne.

Mais le rapprochement spectaculaire entre les deux adversaires n’a pas donné lieu jusqu’à présent à des avancées vers une dénucléarisation de la péninsule. «Des pas de bébés» sont faits «dans la bonne direction», a résumé l’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley.

Jeudi, le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, présidera une réunion du Conseil de sécurité visant à ressouder la communauté internationale après les accusations de «tricherie» et de «mensonges» échangées entre Américains et Russes dans l’application des sanctions contre Pyongyang.

Il a dit cette semaine vouloir retourner prochainement à Pyongyang, prélude à un deuxième sommet, de plus en plus probable, entre Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un.

Sur l’Iran, «on ne s’attend pas à un grand moment de réconciliation entre les deux présidents», américain et iranien, note-t-on dans l’entourage du chef d’État français, Emmanuel Macron, qui sera présent à New York. «Tant qu’il n’y a pas de volonté d’engager le dialogue des deux côtés, on ne pourra pas le forcer», relève-t-on.

Donald Trump «a dit clairement qu’il était prêt à parler à tout le monde», y compris avec les dirigeants iraniens, «s’il y a un dialogue constructif», a souligné dimanche sur la chaîne NBC Mike Pompeo, tout en doutant qu’il puisse y en avoir un avec Téhéran.

«L’offre de discussions directes avec l’Iran faite par Trump n’est ni honnête ni sincère», a par avance balayé le président iranien Hassan Rohani dans une tribune au Washington Post avant d’aller à New York, dénonçant la «longue liste de conditions préalables insultantes» établie selon lui par Washington.

Mercredi, Donald Trump présidera, marteau à la main, une réunion de chefs d’État ou de gouvernement du Conseil de sécurité pour, selon Nikki Haley, «attirer comme jamais l’attention» sur l’Iran, bête noire des États-Unis accusée de déstabiliser le Moyen-Orient.

«Changer le monde»

Absents de l’Assemblée générale, les présidents russe et chinois n’assisteront pas à cette session sur la non-prolifération des armes de destruction massive qui permettra d’aborder les dossiers syrien, nord-coréen et de l’empoisonnement d’ex-espions russes au Royaume-Uni.

Les États-Unis exercent une «stratégie de pression maximale» sur l’Iran, «mais avec quel calendrier, quel objectif véritable, à travers quelles incitations?» s’interroge-t-on en Europe.

«Nous ne cherchons pas à obtenir un changement de régime en Iran ou ailleurs», a assuré dimanche sur CNN Nikki Haley, en condamnant «toute attaque terroriste, n’importe où», après l’attentat meurtrier de la veille contre un défilé militaire iranien.

L’accord nucléaire avec l’Iran de 2015, dont Washington s’est retiré mais que les Européens cherchent toujours à sauver, devrait aussi être évoqué.

Le siège de l’ONU, transformé par la police en camp retranché dans l’est de Manhattan, et son secrétaire général, le Portugais Antonio Guterres, attendent environ 130 chefs d’État et de gouvernement — en hausse par rapport à 2017 —, quatre vice-présidents et plus de 40 ministres des Affaires étrangères.

Une semaine de discours — un par pays, 193 nations formant l’ONU —, d’apartés et d’évènements en tous genres sont prévus: défense de l’éducation, lutte contre l’antisémitisme, le plastique qui pollue, la tuberculose, inauguration d’une statue de Nelson Mandela, discours cubain dans une église, spectacle d’un groupe populaire...

Le climat, considéré par certains dirigeants comme la menace principale pour la planète, fera l’objet d’une mobilisation particulière. «L’urgence d’agir n’est pas assez prise en compte», déplore l’un d’eux.

Petits et surtout grands conflits, avec ou sans mission de paix de Casques bleus, seront comme chaque année au menu des discussions qui alimenteront la «grand-messe» diplomatique de l’année, du Sahel à la Birmanie, en passant par la Libye, la Centrafrique, la Somalie, le Proche-Orient, le Yémen ou le Venezuela.