Dans ce contexte plus favorable, les autorités exhortent les 60 millions d’Italiens à ne pas relâcher leurs efforts.
Dans ce contexte plus favorable, les autorités exhortent les 60 millions d’Italiens à ne pas relâcher leurs efforts.

Italie: un dimanche de Pâques moins meurtrier

ROME — Pour le dimanche de Pâques, l’Italie a annoncé sa journée la moins meurtrière depuis plus de trois semaines, avec 431 décès de la maladie COVID-19 dans les dernières 24 heures.

Jamais depuis le 19 mars, l’Italie n’avait déploré moins de 500 morts en une journée. C’est presque un tiers de moins que samedi (619).

«La baisse de la pression sur nos structures hospitalières se poursuit», s’est félicité le patron de la protection civile, Angelo Borrelli.

Derrière l’Espagne (environ 17 000 morts), l’Italie (près de 20 000 décès) est en proportion de sa population le deuxième pays le plus endeuillé du monde. Samedi, Madrid avait annoncé une troisième baisse consécutive (510 morts), mais le bilan est reparti à la hausse dimanche (619).

Autre élément positif en Italie, pour le neuvième jour d’affilée, le nombre de patients en soins intensifs diminue, avec 3343 lits occupés, le niveau le plus faible depuis le 23 mars.

«On a réussi avec les mesures adoptées à réduire la pression sur ce qui est un élément-clé de notre système sanitaire», s’est félicité Luca Richeldi, pneumologue à l’hôpital Gemelli de Rome.

Cette maîtrise de la contagion est notamment sensible en Lombardie, la région de Milan dans le nord, la plus endeuillée avec plus de la moitié des décès dans la péninsule. Les autorités sanitaires y ont comptabilisé 111 morts dans les dernières 24 heures : là encore, jamais depuis près d’un mois (14 mars), ce chiffre n’avait été aussi faible.

Contrôles renforcés

Dans ce contexte plus favorable, les autorités exhortent les 60 millions d’Italiens à ne pas relâcher leurs efforts.


« Nous sommes encore dans une phase difficile, nous ne devons pas faire montre de légèreté, nous devons rester très rigoureux. Nous sommes encore en plein dans la crise. »
Roberto Speranza, ministre italien de la Santé

Le confinement et l’arrêt quasi total de l’activité économique, imposé depuis plus d’un mois, a été prolongé jusqu’au 3 mai. Mardi, quelques commerces, comme les librairies, devraient être autorisés à rouvrir dans certaines régions. Mais cet allègement du confinement est marginal.

Dans toute l’Italie, la police a multiplié les contrôles. Samedi, 12 514 personnes ont été verbalisées (20 % de plus que la veille) et 35 commerces ont été administrativement fermés pour non-respect du confinement.

Et les carabiniers ont indiqué avoir identifié une quarantaine de personnes qui ont pris part samedi soir à une veillée de Pâques à Scafati, dans la province de Salerne (sud).

«Ensemble, nous y arriverons»

Mais pour «2 % d’incorrigibles», le préfet de Milan Renato Saccone, a loué sur la chaîne Sky TG24, «la grande responsabilité des citoyens», notamment dans sa région.

«Les renoncements de chacun d’entre nous en ce dimanche» de Pâques «si important sont un geste d’attachement authentique à ce qui compte vraiment et que nous retrouverons bientôt. Ensemble, nous y arriverons», a déclaré le premier ministre Giuseppe Conte sur sa page Facebook.

«Aujourd’hui n’est pas comme les autres jours. Mais demain non plus, quand nous serrerons encore plus fort ceux à qui nous tenons. Ensemble nous y arriverons», a-t-il martelé.

L’ancien Premier ministre centriste Matteo Renzi a toutefois de nouveau fait entendre sa voix discordante, appelant à un redémarrage rapide du pays, sous peine de lui infliger des dommages économiques irréversibles : «Il faut rouvrir tout de suite. Avec tous les dispositifs de sécurité, mais immédiatement», a exhorté le sénateur dans une interview au quotidien financier Il Sole 24 Ore.