Conclu en 2015 entre l'Iran, les États-Unis, la Chine, la Russie, le Royaume-Uni, la France et l'Allemagne, l'accord sur le nucléaire iranien avait permis la levée d'une partie des sanctions contre Téhéran en échange de l'engagement iranien à ne pas se doter de l'arme nucléaire.
Conclu en 2015 entre l'Iran, les États-Unis, la Chine, la Russie, le Royaume-Uni, la France et l'Allemagne, l'accord sur le nucléaire iranien avait permis la levée d'une partie des sanctions contre Téhéran en échange de l'engagement iranien à ne pas se doter de l'arme nucléaire.

Iran: les développements depuis le retrait américain de l'accord nucléaire

AFP
Agence France-Presse
TÉHÉRAN — Les principaux développements depuis le retrait unilatéral, en mai 2018, des États-Unis de l'accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015 entre Téhéran et les cinq membres permanents du Conseil de sécurité plus l'Allemagne.

Trump sort de l'accord

Le 8 mai 2018, le président américain Donald Trump annonce le retrait des États-Unis de l'accord sur le programme nucléaire iranien et le rétablissement de lourdes sanctions économiques contre Téhéran.

Conclu en 2015 entre l'Iran, les États-Unis, la Chine, la Russie, le Royaume-Uni, la France et l'Allemagne, l'accord avait permis la levée d'une partie des sanctions contre Téhéran en échange de l'engagement iranien à ne pas se doter de l'arme nucléaire.

Après le retrait américain, le président iranien Hassan Rohani se dit prêt à discuter avec Européens, Russes et Chinois pour voir comment les intérêts de l'Iran peuvent être préservés, tout en menaçant de reprendre l'enrichissement d'uranium.

Sanctions 

Fin mai 2018, Washington énumère 12 conditions pour un «nouvel accord», avec des demandes plus draconiennes.

Les États-Unis rétablissent en août puis en novembre de sévères sanctions notamment contre les secteurs pétrolier et financier. De grandes entreprises internationales mettent fin à leurs activités ou projets en Iran.

M. Trump décide de mettre fin, à partir de début mai 2019, aux exemptions permettant à huit pays d'acheter du pétrole iranien sans enfreindre les sanctions américaines.

Début du désengagement

Le 8 mai 2019, l'Iran annonce qu'il cessera de respecter dès fin juin deux engagements pris dans le cadre du pacte. Asphyxié par les sanctions, l'Iran veut mettre la pression sur les pays européens toujours engagés dans l'accord pour l'aider à les contourner.

Nouvelles sanctions américaines contre «les secteurs iraniens du fer, de l'acier, de l'aluminium et du cuivre».

Le 1er juillet, l'Iran, qui avait jusque-là respecté ses engagements selon l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), annonce le dépassement de «la limite des 300 kilogrammes» d'uranium faiblement enrichi imposée par l'accord.

Le 7, il confirme avoir commencé à enrichir l'uranium à un degré supérieur à la limite de 3,67 % imposée par l'accord et menace de s'affranchir d'autres obligations dans «60 jours» si ses demandes ne sont pas satisfaites.

Enrichissement 

Le 26 septembre, l'AIEA indique que l'Iran a lancé le processus d'enrichissement d'uranium dans ses centrifugeuses avancées récemment installées.

Le 4 novembre, Téhéran indique produire désormais cinq kg d'uranium faiblement enrichi par jour.

L'Iran relance le 7 des activités d'enrichissement d'uranium dans son usine souterraine de Fordo (180 km au sud de Téhéran).

Téhéran dit deux jours plus tard enrichir désormais de l'uranium à hauteur de 5 %.

Dans un rapport interne, l'AIEA indique avoir détecté des «particules d'uranium naturel» dans un «lieu non déclaré en Iran».

Le 18, l'agence indique que les réserves iraniennes d'eau lourde ont dépassé la limite fixée par l'accord international.

Missiles «à capacité nucléaire»

Le 27, Paris menace de déclencher un mécanisme inclus dans l'accord de 2015, qui pourrait mener à terme au rétablissement de sanctions de l'ONU, invoquant une série de violations du texte par l'Iran.

En réaction, Téhéran se dit prêt à «sérieusement reconsidérer» ses engagements envers l'AIEA.

Le 5 décembre, l'Allemagne, la Grande-Bretagne et la France affirment que l'Iran développe des «missiles balistiques à capacité nucléaire», violant une résolution du Conseil de sécurité, dans une lettre à l'ONU.

L'Iran qualifie le texte de «mensonge désespéré».

Dernière phase

Le 5 janvier 2020, l'Iran affirme qu'il ne se sent désormais plus tenu par aucune limite «sur le nombre de ses centrifugeuses», tout en indiquant qu'il continuera à se soumettre aux inspections de l'AIEA.

Cette «cinquième et dernière phase» du plan de réduction des engagements de Téhéran en matière nucléaire survient dans un climat de tensions accrues entre les États-Unis et l'Iran après l'assassinat du général iranien Qassem Soleimani, tué deux jours auparavant par une frappe aérienne américaine à Bagdad.