Construites pour la plupart entre les années 50 et 70, les autoroutes, routes, ponts, voies ferrées, aéroports et autres infrastructures sont en très mauvais état, «en décrépitude» aux dires même du président américain, faute d'avoir été entretenus et modernisés au fil du temps.

Infrastructures: Trump annoncera son plan de 1500 G$

WASHINGTON — L'administration Trump doit esquisser lundi les grandes lignes de son plan d'investissement de 1500 milliards $ en faveur des infrastructures dont un grand nombre, en piteux état, a un besoin urgent d'être rénové.

Le budget du président Donald Trump, qui doit être publié lundi, inclura 200 milliards $ consacrés aux routes, autoroutes, ponts et autres infrastructures cruciales pour l'économie des États-Unis, selon des responsables de la Maison-Blanche.

«Nous devrions dégager les 200 milliards $ en économisant dans d'autres domaines du budget fédéral», a expliqué l'un d'entre eux.

Les États et les investisseurs privés vont être sollicités pour contribuer aux 1300 milliards $ restants.

L'administration Trump compte utiliser les 200 milliards $ comme effet de levier en fournissant des garanties d'emprunt, des prêts directs et autres mesures incitatives dans le cadre de programmes tels que le TIFIA pour les infrastructures de transport (Transportation Infrastructure Finance and Innovation).

«Dix milliards dans TIFIA pourraient lever jusqu'à 400 milliards $ en raison de la manière dont TIFIA fonctionne», a assuré un responsable.

Lors de son discours sur l'état de l'Union fin janvier, M. Trump a demandé au Congrès d'appuyer un plan d'investissement d'au moins 1500 milliards $ pour développer les infrastructures aux États-Unis sans donner de détails sur la manière de le concrétiser.

«En décrépitude»

Construites pour la plupart entre les années 1950 et 1970, les autoroutes, routes, ponts, voies ferrées, aéroports et autres infrastructures sont en très mauvais état, «en décrépitude» aux dires même du président américain, faute d'avoir été entretenus et modernisés au fil du temps.

La Maison-Blanche doit annoncer lundi la simplification des procédures de permis de construire pour les réduire à deux ans alors qu'elles peuvent en prendre aujourd'hui jusqu'à dix.

«Les infrastructures sont de toute évidence une composante essentielle du fonctionnement de notre économie, le succès américain est pour une grande part le résultat d'infrastructures de qualité que nous avions historiquement», a commenté un responsable de la Maison-Blanche.

«Nous sous-investissons dans nos infrastructures et nous avons des procédures qui prennent tellement de temps que même lorsque nous avons les fonds nécessaires, cela peut prendre une décennie pour construire une infrastructure essentielle», a-t-il ajouté.

L'administration Trump souligne que la totalité des infrastructures ont besoin d'une autorisation du gouvernement fédéral bien que ce dernier joue un rôle mineur dans leur financement. Environ 14 % des coûts d'infrastructures sont à la charge de l'État fédéral, les 86 % restants sont répartis entre États et gouvernements locaux d'une part et secteur privé d'autre part, ont détaillé les responsables de la Maison-Blanche

Le Congrès doit désormais discuter de la proposition. Dans cette perspective, M. Trump doit accueillir les parlementaires des deux partis mercredi.

Il devrait être largement questionné sur ce que l'administration pourrait effectivement financer et comment. La question de nouvelles infrastructures répondant aux problématiques climatiques devrait aussi être évoquée.

En attendant, les experts s'interrogent sur les sources de financement des 200 milliards $ dans le budget fédéral alors que le déficit public risque déjà d'être creusé par la baisse des impôts entérinée fin 2017.

L'administration Trump parie sur un principe de réalité pour convaincre États, gouvernements locaux, entreprises privées et même usagers de mettre la main au pot: le vieillissement des infrastructures coûte cher à l'économie américaine.

Les embouteillages, qui pèsent notamment sur le secteur des transports routiers, coûtent chaque année plus de 120 milliards $, selon Henry Petroski de l'université Duke.